Histoire d’un enfant,(Le petit chose) by Alphonse DAUDET Hachette Bibliothèque verte Dépôt légal 64
Présentation de l’Editeur
IL n’a pas eu une enfance bien heureuse, ce pauvre Daniel Eyssette, si petit, si effacé qu’on le surnommait » le Petit Chose « . Collégien, puis surveillant, auteur débutant, il a connu bien des humiliations et des échecs. Pourtant, c’est avec le sourire qu’il les raconte, un sourire triste et attendri quelquefois, mais jamais découragé.
Dans cet ouvrage, Alphose Daudet a mis beaucoup de ses souvenirs. Et c’est pourquoi sa peinture des gens et des choses est si touchante, sa sensibilité si juste, son émotion si prenante.
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FICHE TECHNIQUE DU LIVRE
Edition : HACHETTE roman paru en 1868.
NUMÉRO DE RÉFÉRENCE 28
BIBLIOTHÈQUE VERTE
ILLUSTRATIONS DE P. ROUSSEAU.
Noir et blanc pleine page hors-texte, annotées
noir & blanc in texte.
TOUT A COUP, LA CLOCHE SONNA… page 31
JE L’APPELAI PRÈS DE MOI… page 67
ÉPUISÉ DE FATIGUE ET DE DOULEUR… page 3 .
JE LES JETAI DANS LE PUITS… page 127
JACQUES TIRE LES OBJETS L’UN APRÈS L’AUTRE… page 157
MADEMOISELLE PIERROTTE PARUT S’ATTENDRIR… page 11
JE L’ATTENDIS EN ME PROMENANT… page 227
« EMMÈNE-MOI D’ICI, JACQUES… » page 245
Dép. lég. 2052 – 2è tr. 64
Imprimé en France
BRODARD & TAUPIN
Imprimeur – Relieur
Paris – Coulommiers
04.075 – XXIII – 6 – 1159
Librairie Hachette, 1951.
Tous droits de traduction, de reproduction
et d’adaptation réservés pour tous pays.
Reliure : cartonnée illustrée couleurs in recto.
Imprimé en France
par Lienhart & Cie – Clamart
BRODARD ET TAUPIN RELIURE
Livre épuisé chez l’ Editeur
EXTRAIT Histoire d’un enfant, by Alphonse DAUDET page 30

C’était un lundi du mois de juillet.
Ce jour-là, en sortant du collège, je m’étais laissé entraîner à faire une partie de barres et, lorsque je me décidai à rentrer à la maison il était beaucoup plus tard que je n’aurais voulu. De la place des Terreaux à la rue Lanterne, je courus sans m’arrêter, mes livres à la ceinture, ma casquette entre les dents. Toutefois, come j’avais une peur effroyable de mon père, je repris haleine une minute dans l’escalier, juste le temps d’inventer une histoire pour expliquer mon retard. Sur quoi, je sonnai bravement.
Ce fut M. Eyssette lui-même qui vint m’ouvrir. « Comme tu viens tard! » me dit-il. Je commençais à débiter mon mensonge en tremblant; mais le cher homme ne me laissa pas achever, et, m’attirant sur sa poitrine, il m’embrassa longuement et silencieusement.
Moi qui m’attendais pour le moins à une verte semonce, cet acceuil me surprit. Ma première idée fut que nous avions le curé de Saint-Nizier à dîner; je savais par expérience qu’on ne nous grondait jamais ces jours-là. Mais, en entrant dans la salle à manger, je vis tout de suite que je m’étais trompé. Il n’y avait que deux couverts sur la table, celui de mon père et le mien.
« Et ma mère? Et Jacques? » demandai-je étonné.
M. Eyssette me répondit d’une voix douce qui ne lui était pas habituelle
« Ta mère et Jacques sont partis, Daniel; ton frère l’abbé est bien malade. »
Puis, voyant que j’étais devenu tout pâle, il ajouta d’une voix plus ferme pour me rasurer
« Quand je dis bien malade, c’est une façon de parler on nous a écrit que l’abbé était au lit; tu connais ta mère, elle a voulu partir, et je lui ai donné Jacques pour l’accompagner… En somme, ce ne sera rien!… Et maintenant, mets-toi là et mangeons; je meurs de faim. »
Je m’attablai sans rien dire, mais j’avais le coeur serré et toutes les peines du monde à retenir mes larmes, en pensant que mon grand frère l’abbé était bien malade. Nous dînâmes tristement en face l’un de l’autre sans parler. M. Eysette mangeait vite, buvait à grands coups, puis s’arrêtait subitement et songeait… Pour moi, immobile au bout de la table et comme frappé de stupeur, je me rappelais les belles histoires que l’abbé me contait lorsqu’il venait à la fabrique. Je le voyais retroussant bravement sa soutane pour franchir les bassins. Je me souvenais aussi du jour de sa première messe, où toute la famille assistait; comme il était beau lorsqu’il se retournait vers nous, les bras ouverts, disant « Dominus vobiscum! » d’une voix si douce que Mme Eyssette en pleurait de joie!… Maintenant, je me le figurais là-bas, couché, malade (oh! bien malade, quelque chose me le disait), et ce qui redoublait mon chagrin de le savoir ainsi, c’est une voix que j’entendais me crier au fond de mon coeur : « Peut-être que si tu avais été plus sage, Dieu accorderait à tes prières le retour de ton frère à la santé. Et il fallait rentrer tout droit! Il fallait ne pas mentir! » Et le petit Chose se désespérait en lui-même, disant : « Jamais, non! jamais je ne jouerai plus aux barres en sortant du collège. »
Le repas terminé, on alluma la lampe, et la veillée comença. Sur la nappe, au milieu des débris du dessert, M. Eysette avait posé ses gros livres de commerce et faisait ses comptes à haute voix. Finet, le vainqueur des babarottes, miaulait tristement en rôdant autour de la table… moi, j’avais ouvert la fenêtre et je m’y étais accoudé…
Il faisait nuit, l’air était lourd… On entendait les gens d’en bas rire et causer devant leurs portes, et les tambours du fort Loyasse battre dans le lointain… J’étais là depuis quelques instants, pensant à des choses tristes et regardant vaguement dans la nuit, quand un violent coup de sonnette m’arracha de ma croisée brusquement. Je regardai mon père avec effroi, et je crus voir passer sur son visage le frisson d’angoisse et de terreur qui venait de m’envahir. Ce coup de sonnette lui avait fait peur, à lui aussi.
« On sonne! me dit-il presque à voix basse.
– Restez, père, j’y vais. » Et je m’élançai vers la porte.
Un homme était debout sur le seuil. Je l’entrevis dans l’ombre, me tendant quelque chose que j’hésitai à prendre.
« C’est une dépêche, dit-il.
– Une dépêche! grand Dieu! Pour quoi faire? »
Je la pris en frissonnant, et déjà je repoussais la porte; mais l’homme la retint avec son pied et me dit froidement : « Il faut signer. »
Il fallait signer! Je ne savais pas : c’était la première dépêche que je recevais.
« Qui est là, Daniel? » me cria M. Eysette; sa voix tremblait.
Je répondis :
« Rien! c’est un pauvre!… » Et, faisant signe à l’homme de m’attendre, je courus à ma chambre, je trempai ma plume dans l’encre à tâtons, puis je revins.
L’homme dit :
« Signez là. »
Le petit Chose signa d’une main tremblante, à la lueur des lampes de l’escalier; ensuite il ferma la porte et rentra, tenant la dépêche cachée sous sa blouse.
Oh! oui, je te tenais cachée sous ma blouse, dépêche de malheur. Je ne voulais pas que notre père te vit; car d’avance je savais que tu venais nous annoncer quelque chose de terrible, et lorsque je l’ouvtis, tu ne m’appris rien de nouveau, entends-tu, dépêche^! Tu ne m’appris rien que mon coeur n’eût déjà deviné.
« C’était un pauvre? » me dit mon père en me regardant.
Reproduction interdite
| PRODUCT DETAILS | |
|---|---|
| Publisher | HACHETTE BIBLIOTHEQUE VERTE |
| Numéro de Référence | 28 |
| Dépôt Légal | Dép. lég. 2052 – 2è tr. 64 |
| Language | Français |
| Paperback | 255 pages |
| Table des Matières | Non |
| ISBN-10 | Non |
| EAN Code Barre | Non |
| Item Weight | 175 g |
| Dimensions | 120 x 170 x 18 mm |
| LIENS UTILES | |
|---|---|
| FERNAND NATHAN GRAMMAIRE 4è | La cruche cassée. Extrait Le Petit Chose. |
| LAROUSSE-PARIS LA LANGUE FRANÇAISE. | TEXTE A LIRE EXPRESSION. RÉDACTION Extrait Le Petit Chose. |
| LIBRAIRIE DELAGRAVE LE FRANÇAIS PAR LA LECTURE | VOCABULAIRE. GRAMMAIRE. IDEÉS. REDACTION. Extrait Le Petit Chose. (La mort du Papillon bleu) |
| FORUM LIVRES D’ ENFANTS | Les moulins dans les livres d’enfants Discussions générales. |
| PERSEE | Alphonse DAUDET, anti dreysfusard et nationaliste? |
| PARIS LIBRAIRIE HACHETTE ET Cie 1909 | BIOGRAPHIE Alphonse DAUDET |
| OEUVRES Alphonse DAUDET | Listes Ouvrages Editions. |
| Alphonse DAUDET | https://fr.wikipedia.org/wiki/Alphonse_Daudet Alphonse Daudet, né le 13 mai 1840 à Nîmes et mort le 16 décembre 1897 à Paris, est un écrivain et auteur dramatique français notamment connu pour sa pièce de théâtre La Dernière Idole et son livre Lettres de mon moulin qui contient plusieurs histoires courtes connues, comme La Chèvre de monsieur Seguin. LIRE LA SUITE |
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Illustrations
Pierre ROUSSEAU
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