L’escadron blanc by Joseph PEYRE Hachette Idéal Bibliothèque Dépôt légal 1956
Présentation de l’Editeur
AU terme d’une randonnée prestigieuse – 1.500 kilomètres, en 42 jours de marche -, « l’Escadron Blanc », pour le combat suprême contre un rezzou de pillards, n’a plus, sur ses 80 méharistes, que 50 cavaliers debout…
Mais un officier, le lieutenant Marçay, Saharien aguerri, l’anime de sa flamme, lui communique son endurance, sa vaillance, son ardeur…
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FICHE TECHNIQUE DU LIVRE
Edition : HACHETTE
ILLUSTRATIONS DE PAUL DURAND
Magnifiques illustrations en 4 couleurs pleine page hors-texte annotées et,
en 4 couleurs et noir & blanc in texte.
Quatre-vingt-dix fusils sortis du Draa! p. 11
Rahma appelait à voix basse… p. 19
La harde des méhara… p. 31
C’est un singulier branle-bas. p. 35
Le caïd parut faire effort pour se souvenir. p. 43
L’abreuvoir, c’est tout le métier du méhariste… p. 65
« Tu m’avais permis… » p. 73
L’escadron allait atteindre la falaise du Hank … p. 104 & 105
Ce furent eux qui abordèrent les premiers El Kseib. p. 113
Il s’éloigna, la tête courbée… p. 125
Les méhara allongèrent leur cou… p. 145
Marçay dut enfin se résigner à réduire l’allure de la colonne. p. 152 & 153
Il leur semblait marcher sur leurs tibias. p. 167
Les Chaamba continuèrent à tirailler. p. 175
Dépôt légal n° 5116
3e trimestre 1956
© LIBRAIRIE HACHETTE 1954
Tous droits de traduction, de reproduction
et d’adaptation réservés pour tous pays.
TEXTE CONDENSÉ POUR LA JEUNESSE
IMPRIME EN BELGIQUE
PAR LA S. I. R. E. C., LIEGE
Reliure : Reliée sur cartonnage, fers spéciaux.
Présentation sous couvre-livre en 4 couleurs, à double volets avec texte.
Imprimé en Belgique
par la S.I.R.E.C., Liège
Livre épuisé chez l’Editeur
EXTRAIT L’escadron blanc by Joseph PEYRÉ page 26

AU PETIT jour, les douze hommes de la section de pâturage qui avaient reçu à Ilatou l’ordre d’alarme poussaient droit sur le bordj les méhara de course rassemblés à grand renfort de cris dès qu’une lueur avait percé la nuit.
Quatre-vingts méhara traqués comme un troupeau, sabrés par les nerfs d’antilope. Forêt d’encolures tendues par l’affolement, la vitesse, la peur. Vague de sable fauve qui roulait vers Adghar. Nuage chassé à ras de terre par le vent.
Cependant, le bordj s’éveillait à peine que l’Azraf amenait devant la porte du lieutenant Marçay ses deux méhara, le Targui et l’Hagel. Le Targui et l’Hagel n’allaient jamais au pâturage. Leur maître les faisait nourrir au poste : un luxe qui lui coûtait cher, mais où il mettait son orgeuil.
Les deux bêtes baraquèrent dans le sable, genoux pliés, museau contre museau, et se mirent à mastiquer une brassée de fourrage vert. Marçay ne tarda pas à paraître. Il s’approcha du Targui, le rapide méhari blanc que le lieutenant Bettini montait dans la grande poursuite. En mourant sur le puits de Timissao, Bettini l’avait confié à Marçay, qui en avait fait depuis sa monture de guerre, en souvenir de son camarade perdu.
Doucement, avec une tendresse visible, Marçay toucha la cicatrice dure et noire que la bête portait à l’épaule depuis le combat où le lieutenant corse avait trouvé la mort : la trace d’une balle de winchester. Par quel miracle le Targui n’était-il pas resté boiteux?
Au premier ordre de son maître, le méhari blanc se dressa. Né au Hoggar, il avait la douceur des montures touareg, qui les distingue des Chaamba, trop rudement dressées pour ne pas se plaindre à la moindre approche.
L’Hagel l’imita, plus lourdement, et se hissa sur trois pattes, l’antérieure gauche repliée et liée au-dessus du genou par une corde de palmier. Plus puissant d’ossature que le Targui, son endurance lui permettait de soutenir sur de longues distances un trot heurté, infatigable.
Un pur sang et un cheval de cross. Pressé entre leurs flancs, tandis qu’il vérifiait l’état de leurs jarrets, de leurs palettes, Marçay sentit qu’il faisait réellement corps avec eux, vitesse et force, résistance à la fatigue et à la mort, et que leur sang coulait dans ses veines.
« Avec eux, tu pourras pousser jusqu’au Niger! » s’écria l’adjudant Devars, exact au rendez-vous de cette veille d’armes.
Comme s’il avait dû partir, il allait lui aussi s’occuper des montures, du moindre détail de leur charge. La journée ne suffirait pas.
A son tour, il vérifia les jarrets élastiques du Targui. Il s’arrêta un instant, inquiété par le relief d’un nerf qu’aucun autre doigt que le sien n’aurait soupçonné.
Soucieux, Marçay l’interrogea :
« Tu trouves quelque chose?… C’est la jambe qui avait chauffé… »
Le vieux Saharien tarda quelques secondes à se prononcer. Puis, brossant le poil du jarret d’une main rassurée :
« Non. Ça va… Et Kermeur, a-t-il fait venir ses méhara?
– Kermeur? C’est son ordonnance qui s’en occupe! Et puis, s’il n’est pas au départ…
– Personne n’ira le chercher.
– Personne. »
Mais Rahma apparut sous les arcades de terre et fit signe à son maître :
« Faut-il que je mette les boîtes? »
Depuis l’aurore, elle entassait le « quech », le chargement des méhara. Avec un soin méticuleux qui lui permettait, chaque fois que Marçay passait devant elle, de baisser le front pour lui cacher ses larmes, elle comptait et recomptait les petits sacs de cuir, de toile blanche, qui contenaient le riz, le thé et le sucre, le blé moulu, les vivres de réserve qu’elle devait toujours tenir prêts. C’était son devoir de femme. Mais les boîtes, devait-elle ou non mettre les boîtes?
Le maître ne semblait pas avoir entendu.
Les « boîtes », ce sont les conserves. Le méhariste ne les emporte qu’au pâturage. Pour les contre-rezzous, elles n’ont pas leur place dans un chargement qu’elles alourdiraient. Rahma allait savoir la vérité.
Elle répéta sa question, et Marçay, qui lui tournait le dos, dut, cette fois, répondre :
« Non. Les boîtes, non… »
Alors, Rahma se pencha plus bas sur son travail. Il n’y eut plus que le tintement des piécettes d’argent de ses poignets, de ses oreilles. Elle ne déroulait pas assez vite les « guerbas », les outres de peau de chèvre dont les premières, déjà remplies d’eau et accrochées à des chevalets, pleuraient sur la terre battue, et commençaient à y creuser des trous.
Marçay s’occupa longuement de ses fontes, que le cordonnier indigène venait de lui apporter. Puis il s’approcha de son ordonnance l’Azraf, qui suivait jusqu’à leur moindre point les coutures des guerbas, plus précieuses que les sachets de vivres :
« Fais bien attention qu’elles ne nous lâchent pas… Rappelle-toi… »
L’indigène se rappelait : six mois plus tôt, après une poursuite de vingt jours, les guerbas perdant l’eau, un peloton de la compagnie avait dû tourner bride et laisser échapper un rezzou tellement alourdi par ses prises qu’il perdait vingt kilomètres par jour.
« Cette fois, ce ne sera pas la faute des guerbas », répondit l’Azraf.
Lorsqu’il eut fini ses préparatifs personnels, le lieutenant Marçay se dirigea vers les magasins militaires, qui avaient ouvert, dès le matin, leurs portes brutes de tombeaux.
Les hommes en sortaient un à un, sanglés de bidons d’huile, les reins cassés par les sacs de thé, de riz, de blé moulu. Certains, plus grands seigneurs, avaient amené avec eux un bourricot ou un boy noir.
Un soldat discutait avec le maréchal des logis indigène Belkheïr, un Chaambi de petite taille, sec comme un jonc, les yeux bridés, qui était occupé à compter les cartouches et dont tous craignaient la silencieuse autorité. Marçay adressa quelques mots au sous-officier. Puis il continua sa ronde. Maintenant qu’il avait remplacé le képi bleu ciel par le chèche, le voile indigène qui enturbanne la tête et le cou, rien ne le distinguait plus de ses hommes aux gandouras ouvertes.
Ce ne fut qu’à onze heures, comme il venait de recevoir par la liaison de T. S. F. de nouveaux ordres concernant l’armement de la colonne, le nombre de cartouches à emporter, que Marçay rencontra Le Fennek, l’ordonnance de Kermeur.
Surpris par une mobilisation aussi rapide, le lieutenant Kermeur n’avait pas encore complété son chargement.
« Le temps presse pourtant! maugréa Marçay. Nous avons déjà six jours de retard, six grands jours!
– Le lieutenant veut emporter des livres, dit avec hésitation Le Fennek.
– Des livres! Mais il est fou! Dis-lui donc qu’il aura juste assez de vivres pour ne pas aller crever de faim à mille kilomètres. »
Des livres! Marçay n’était pas encore revenu de sa surprise qu’un jeune Chaambi, qui s’était déjà battu comme goumier, se présenta à lui. Il guérissait à peine d’une blessure à la jambe. Son frère aîné l’accompagnait, coureur de désert qui avait pris part à cent rezzous et fait le coup de feu contre nos quatre compagnies, pour servir ensuite en Tripolitaine, à la solde des Italiens. Il était un jour arrivé, avec ses deux chameaux, de deux mille kilomètres dans l’est. Il était entré à la compagnie : pour l’enrôler, on ne demande pas à un bon nomade ses papiers.
Reproduction interdite
| PRODUCT DETAILS | |
|---|---|
| Publisher | HACHETTE IDEAL-BIBLIOTHEQUE |
| Numéro de Référence | 59 |
| Dépôt Légal | Dépôt légal n° 5116 3è trimestre 1956. |
| Language | Français |
| Paperback | 187 pages |
| Table des Matières | Non |
| ISBN-10 | Non |
| EAN Code Barre | Non |
| Item Weight | 363 g |
| Dimensions | 145 x 205 x 16 mm |
| LIENS UTILES | |
|---|---|
| COLLECTION | HACHETTE Idéal-Bibliothèque pelline ivoire. |
Du même Auteur
| Joseph PEYRE | https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Peyr |
|---|
Illustrations
Paul DURAND
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