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L’invitée de Camargue by Lucie RAUZIER-FONTAYNE Hachette Idéal-Bibliothèque n°118 Dépôt légal 1956

Présentation de l’Editeur


BRIGITTE a une idée… audacieuse certes, mais combien originale!
  Qu’importent les risques? La jeune fille est bien décidée à ce que, cette année, ses vacances sortent de la banalité coutumière et soient une aventure dont le récit, à la rentrée, étonnera et passionnera ses amies.
 
  Grâce à son plan secret, Brigitte connaîtra des régions nouvelles, évoluera dans les milieux les plus inattendus. Etonnements et déceptions ne lui seront pas épargnés. Lorsqu’elle aura enfin atteint le havre que, pense-t-elle, promet d’être Sylvestral, elle croira en avoir terminé avec « l’aventure ».
 
  Pourtant le séjour en Camargue ne sera pas uniquement une suite de distractions, de chevauchées, de visites aux manades, de fêtes pittoresques et de dansesfolkloriques… Un mystère plane sur la vieille demeure. Brigitte est bien décidée à le percer et à rendre le bonheur à ses habitants.
 
  Mais un mystérieux et invisible ennemi, « le quidam », et l’inquiétant homme au panama lui permettront-ils d’atteindre son but?…

F.   jusqu’à 14 ans

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FICHE TECHNIQUE DU LIVRE


Edition :   HACHETTE

Collection : Idéal-Bibliothèque

Numéro de référence : 118

ILLUSTRATIONS DE FRANÇOIS BATET
Couleurs pleine page hors-texte annotées et,
couleurs et noir & blanc in texte.

Brigitte tressaillit et tendit l’oreille : on parlait d’elle   p. 35
Mme Lauret prit ses deux mains dans les siennes.   p. 47
Brigitte se cramponna de toutes ses forces. p. 55
L’énorme fauve vint en beuglant au-devant de Ratou.   page 63
Il la regarda sans rien dire, du haut de son cheval.   p. 81
Tout ce monde venait des villages environnants   p. 97
Brgitte s’amus à observer la foule.   p. 104 & 105
« Sais-tu que tu es un cavalier formidable! »   p. 117
Prudemment, Vincent fit traverser l’enclos à son cheval.   p. 121
Une belle fille bondit aussitôt et dans sur la musique.   p. 133
Vincent exécuta toutes les acrobaties équestres   p. 129
Une tête émergea de l’ombre. p. 136 & 137
« Je n’arrive pas à me décider. »   p. 181
« Ce fut là que Brigitte dit adieu à Ratou »   p. 185
Ce fut la dernière vision qu’elle emporta de Sylvestral.   p.189

Dépôt légal N° 5057.   4e trimestre 1956

IMPRIME EN BELGIQUE par la S.I.R.E.C. – LIEGE.

© LIBRAIRIE HACHETTE, 1956.
Tous droits de traduction, de reproduction
et d’adaptation réservés pour tous pays.

Reliure :   Relié sur cartonnage à dos rond. fers spéciaux.
BRODARD ET TAUPIN RELIURE
Présentation sous jaquette à double volets avec texte, illustrée couleurs recto & verso
Imprimé en Belgique
par la S.I.R.E.C. – Liège

Livre épuisé chez l’Editeur

EXTRAIT   L’invitée de Camargue, by Lucie RAUZIER-FONTAYNE page 52


X. – « RATOU », L’INVISIBLE VINCENT
L'invitée de Camargue by Lucie RAUZIER-FONTAYNE

  IL FAISAIT grand jour quand Brigitte ouvrit les yeux. Elle entendit au-dehors les gloussements de quelques poules, cherchant pâture dans l’enclos, et, tout près d’elle, la voix de Naïs qui disait, tandis qu’une odeur délicieuse venait lui chatouiller les narines :
  « Voilà votre tassette de café, mademoiselle Brigitte. »
  Alors, elle s’assit brusquement sur sa montagne de matelas, et prit le plateau qu’on lui tendait.
  Sourires, bonjours, considérations sur le beau temps et la chaleur qu’il promettait, puis Naïs demanda, tout en rassemblant les plis de la moustiquaire pour les attacher à la tête du lit :
  « Je vous apporte le déjeuner? Ou bien, préférez-vous le prendre avec madame?
  – Ah! parce que ceci n’est pas encore le déjeuner? fit Brigitte, surprise.
  – Bien sûr que non! Nous n’avons pas l’habitude, à Sylvestral, de faire périr les gens de faim! Alors, là-haut, à Paris, chacun ne boit pas sa goutte de café, en ouvrant l’œil?
  – Non, ce n’est pas l’habitude.
  – Eh bien, ça se fait, chez nous.
  – Tant mieux! Je trouve cela très agréable. Pour ce qui est du « vrai » déjeuner, je descendrai le prendre avec ma cousine, si elle est levée.
  – Levée! Il y a beau temps! Elle a toujours été matinale, Mme Lauret. Votre coup de téléphone, hier matin, ne l’a pas sortie du lit, elle était déjà sur la chaise, tirée à quatre épingles et sa broderie à la main. Je cours vous chercher de l’eau chaude… et aussi quelque chose que madame m’a dit de vous monter. »
  Le « quelque chose », était un tub de zinc, que Haïs apporta deux minutes plus tard, en disant d’un air intrigué :
  « Elle appelle ça un « tube »… Je me demande bien pourquoi, parce que ça n’y ressemble pas, à un tube… Enfin, le voilà : il paraît que la cuvette ne vous suffisait pas pour vous laver. »
  Brigitte sauta du lit en riant, fit ses ablutions et s’habilla rapidement, pressée de rejoindre son hôtesse.
  Celle-ci n’était plus vêtue du somptueux costume qu’elle portait la veille. Mais, en jupe et fichu de lainage noir, en « chapelle » de mousseline tout unie et avec un ruban de simple faille autour de sa petite coiffe blanche, elle gardait autant d’allure et d’élégance, que parée de ses satins brochés et de ses dentelles des grands jours.
  « Je ne te demande pas si tu as bien dormi, ma belle, car tu es fraîche comme un bouquet! » déclara-t-elle, lorsqu’elle vit paraître son invitée « Dépêche-toi de te servir, ajouta-t-elle en désignant la table du déjeuner, parce que j’ai commandé pour toi une surprise qui arrivera bientôt. »
  Brigitte évora force tartines, tout en se demandant quelle pouvait bien être la surprise annoncée.
  Elle n’attendit pas longtemps pour le savoir. Comme elle finissait de boire un grand bol de café au lait, la cousine Clémence, ayant jeté un coup d’œil au-dehors, fit avec satisfaction :
  « Ah! voilà. Il n’est pas en retard, c’est parfait. »
  Puis, elle cria par la fenêtre ouverte :
  « Frédéric! Viens devant la croisée : je veux le voir! »
  On entendit un trot rapide et l’on vit surgir un cavalier monté sur un petit cheval de race sarrasine. Il mit pied à terre et, tenant sa monture par la bride, il s’approcha de la maison, soulevant son grand chapeau de gardian et montrant ses dents blanches dans un large sourire.
  « Brigitte, dit Mme Lauret, voilà Frédéric Bernas. Tu ne connaîtras bien la Camargue que si tu montes à cheval. Or, puisqu’on ne peut rien demander, en ce moment, à monsieur mon petit-fils qui est pourtant un excellent cavalier, c’est ce jeune homme et son frère Antoine qui veulent bien se charger de faire de toi, je l’espère, une remarquable amazone. Cela te plaît-il?
  – Je vous crois! » s’écria joyeusement Brigitte, qui, pour être plus tôt dehors, s’assit sur le rebord de la fenêtre, fit prestement passer ses jambes de l’autre côté et sauta dans l’enclos.
  « Est-ce un cheval du mas? demanda-t-elle au jeune homme.
  – Ah! non, mademoiselle, nous avons bien nos chevaux, mon frère et moi, mais celui-là, je suis allé le chercher pour vous à la manade voisine, où les gardians qui l’ont capturé et dressé m’ont dit qu’il est bien doux et « de bon monter ». Ils vous le laisseront tout le temps de votre séjour chez nous.
  – Qu’il est joli! Comment s’appelle-t-il?
  – On lui dit : Ratou.»
  Comme pour se faire admirer, Ratou secouait la tête et agitait sa longue queue et son épaisse crinière. Il était tout blanc, sauf un museau rose et de petits sabots noirs, non ferrés, à la mode camargaise, qui marquaient sur la terre molle de fines empreintes en forme de croissants.
  Brigitte admira les rênes de crin tressé, noir et blanc, les lourds étriers de fer découpé, la haute selle au troussequin clouté de cuivre, à l’arçon de laquelle, on avait même accroché un lasso.
  « Mais, fit le garçon en riant, je ne vous vois pas déjà capturant les poulains sauvages avec le séden!
  – Ah! moi non plus! avoua Brigitte.
  – Alors, on y va, mademoiselle?
  – On y va… ou, plutôt, non : attendez-moi un instant : je vais m’équiper plus commodément. »
  Quelle chance d’avoir obtenu de marraine le pantalon corsaire écossais! Brigitte vola jusqu’à sa chambre, le revêtit, avec une blouse blanche, et redescendit en courant.
  « Tu sembles un petit toréador, remarqua Mme Lauret en souriant. C’est une drôle de mode. Drôle… mais bien pratique pour monter à cheval. Frédéric! Dolle-lui sa première leçon devant la maison : j’aurai ainsi le plaisir d’y assister. »
  Ce ne fut pas sans quelque appréhension que Brigitte se jucha sur la selle, et, lorsque le jeune homme, tenant Ratou par la bride, le fit trotter sur la sansouïro, elle se cramponna de toutes ses forces à la crinière de sa monture, serrant les lèvres pour retenir des exclamations effrayées.
  Pourtant, le fils du bayle déclara que la nouvelle habitante de Sylvestral montrait de réelles dispositions pour l’équitation.Bientôt, il se contenterait de chevaucher à côté d’elle sur son propre cheval, en attendant qu’elle pût circuler toute seule, à sa fantaisie, lorsqu’elle saurait diriger sa monture d’une simple pression de jambes et tenir les rênes d’une main experte.
  De la fenêtre, la cousine Clémence avait assisté aux débuts de l’apprentie cavalière avec un plaisir attendri. Sans doute, songeait-elle à l’adolescente pleine de vie et de santé, à l’intrépide amazone qu’elle avait été autrefois…
  On ne vit pas le mystérieux Vincent à déjeuner, ni au dîner du soir. Il évitait manifestement sa grand-mère et, surtout, la jeune cousine inconnue qui venait de débarquer à Sylvestral. Naïs informa Mme Lauret qu’il avait pris un « casse-croûte », qu’il était parti à cheval et venait seulement de rentrer au mas.
  Il en fut de même les jours suivants. « J’aimerais pourtant connaître ce phénomène, pensait Brigitte, mais si cela continue, il est capable de ne pas se montrer pendant tout mon séjour ici! »
  Plusieurs fois, elle essaya d’apercevoir son cousin, en observant, de sa fenêtre, la maison du bayle. Celle-ci s’élevait à deux cents mètres de là, longue et basse, sous son toit de tuiles rondes. On entendait glousser les poules, chanter les coqs, aboyer les chiens, grincer la poule du puits. Bernas et sa femme, que l’on appelait « Bernasse », selon la coutume du pays, allaient, venaient, entraient et sortaient, vaquant à leurs travaux respectifs. Leur petite fille, Estelle, jouait dehors ou accourait chez Mme Lauret, chargée de quelque commission pour sa tante Naïs. On voyait partir le matin et revenir le soir les lourdes charrettes qui se rendaient dans les vignes, ou galoper dans la sansouïro les chevaux blancs des jeunes gens. Mais, à cette distance, on ne distinguait pas l’un de l’autre Frédéric, Antoine, dit « Tounet », et Vincent, d’autant qu’ils paraissaient tous trois également minces et bruns, et portaient les mêmes chemises à carreaux et les mêmes chapeaux de gardians.
 

Reproduction interdite
 

PRODUCT DETAILS
Publisher HACHETTE   IDEAL-BIBLIOTHEQUE
Numéro de Référence 118
Dépôt Légal   Dépôt légal n° 3472.   1er trimestre 1962.
Language Français
Paperback 188 pages
Table des Matières Oui
ISBN-10 Non
EAN Code Barre Non
Item Weight 366 g
Dimensions 150 x 205 x 15 mm

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LIENS   UTILES
COLLECTION   HACHETTE   Idéal-Bibliothèque pelline ivoire.

 

Du même Auteur

Lucie RAUZIER-FONTAINE

https://fr.wikipedia.org/wiki/Lucie_Rauzier-Fontayne
Lucie Rauzier-Fontayne[1], née à Nîmes le 18 mars 1895 et morte à Alès le 14 août 1986, est une romancière française.
Elle a écrit de nombreux romans pour la jeunesse après avoir publié des récits d'inspiration protestante et huguenote. Entre 1953 et 1977, elle a publié chez Hachette plus d'une vingtaine de romans, qui rencontrent un grand succès et sont
traduits à l'étrange LIRE LA SUITE

Illustrations

François BATET

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