Bayard by Marcel BRION Hachette Idéal-bibliothèque Dépôt légal 1953
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FICHE TECHNIQUE DU LIVRE
Edition : HACHETTE
ILLUSTRATIONS DE RESCHOFSKY
Couleurs pleine page hors-texte annotées et,
noir & blanc in texte.
Ce gamin maîtrisait un destrier rebelle. p. 17
Un écuyer moins habile aurait été désarçonné. p. 29
La boutique contenait tout ce qui peut tenter un jeune chevalier. p. 39
Bayard fonça au galop p. 47
Bayard piqua des éperons et fonça sur l’ennemi. p. 56 & 57
Bayard fit voler sa hache d’armes. p. 61
L’hidalgo galopait vers les siens. 85
Le pauvre trésorier crut son dernier jour arrivé. p. 93
La joie du triomphe lui inspira une inhabituelle douceur. p. 113
On prétendait qu’il pouvait évoquer les mortds. p. 125
Un soudard ivrogne s’avisa de lui chercher noise. p. 145
La fortune de la guerre avait tourné contre Bayard. p. 152 & 153
Bayard toucha de son épée l’épaule du monarque.   p. 167
Bayard rouvrit les yeux. p. 185
– Dépôt légal N° 1939
4e trimestre 1953.
IMPRIMÉ EN BELGIQUE
par la S.I.R.E.C – LIEGE
Livre épuisé chez l’ Editeur.
Copyright 1953 by Librairie Hachette.
Tous droits de traduction, de reproduction
et d’adaptation réservés pour tous pays.
Reliure : relié sur cartonnage à dos rond, fers spéciaux.
Présentation sous jaquette à double volets avec texte illustrée couleurs.
IMPRIME EN BELGIQUE
par la S.I.E.C. – LIEGE
EXTRAIT Bayard by Marcel BRION page 57
TROIS jours plus tard, les bougeois de Lyon furent réveillés au son des trompettes. Des hérauts à cheval, précédés par le roy d’armes Montjoy, vêtu d’écarlate et d’or, allaient claironnant par toute la ville, qu’en ce jour aurait lieu le tournoi dans lequel les plus fiers gentilshommes entreraient en lice contre le seigneur de Vauldray. Nobles et plébéiens, qui n’avaient garde de manquer un si beau spectacle, se hâtèrent donc vers les estrades décorées de tapisseries et couronnées d’oriflammes flottant au vent, qui entouraient le champ clos.
Contenu en arrière des barrières par les piques des gardes, le populaire se bousculait pour apercevoir les seigneurs installés dans la plus belle tribune. Des fanfares et des galopades de coursiers annoncèrent l’arrivée du roi.Puis, quand Sa Majesté se fut assise, un grand silence tomba dans l’arène.
Une porte s’ouvrit, livrant passage à messire Claude de Vauldray, qui entra dans la lice, au galop de son cheval noir. Après avoir salué courtoisement de la lance le monarque et les dames, le Franc-Comtois se plaça au pied du poteau qui portait sa bannière et ses armoiries. C’était un chevalier de grande taille et de fière mine autant qu’on pouvait en deviner sous l’armure et la visière baissée. Le roy d’armes s’installa près de lui, fit sonner les trompettes, et, déroulant son parchemin, lut les conditions du défi lancé à tous les gentilshommes et la liste des audacieux qui avaient relevé ce défi. Si grande était la renommée du vaillant jouteur que peu de cavaliers s’étaient hasardés à risquer leur réputation en se mesurant contre lui. Une défaite est toujours pénible, quels que soient les mérites de celui qui vous l’a infligée.
A l’appel de leurs noms, les combattants ntrèrent à leur tour dans l’arène, s’inclinèrent devant les illustres assistants, galopèrent autour de la lice, et se placèrent dans l’enclos qui leur avait été réservé. Je dois à la vérité d’avouer que l’apparition du jeune Pierre du Terrail n’éveilla pas grande curiosité, malgré les acclamations dont ses camarades le saluèrent. Son nom était inconnu, et il y avait peu d’assistants capables de déchiffrer les armoiries peintes sur son bouclier; la noblesse dauphinoise, seule, aurait aperçu un signe familier dans le « lion naissant de gueules au filet d’or mis en bande ».
Le premier qui courut, fut le sénéchal Galyot. Il fit maintes adresses dans ses passes d’armes contre le sire de Vauldray, mais la palme resta à celui-ci. On aurait pu penser que la victoire du Franc-Comtois venait de ce que Galyot, malgré sa force et son expérience, était déjà vieux; quand vint le tour des jeunes hommes, on vit que la jeunesse même n’était pas une défense suffisante pour résister aux coups du chevalier. C’est ainsi que quelques-uns des jouteurs les plus renommés de la cour tentèrent vainement d’arracher à leur provocateur les lauriers dont il se vantait.
Ils firent merveilles, pourtant, ces guerriers renommés qu’on appelait Saudricourt, Chastillon, Bourdillon. Bonneval, lui-même, que l’on tenait pour un champion sûr, déçut les espoirs des assistants. Après chaque nouvel adversaire vaincu, Claude de Vauldray faisait le tour de la lice en caracolant sur son bon cheval, accompagné par les fanfares des trompettes, tandis que le combattant malchanceux, contraint de lever sa visière pour que chacun pût voir son visage, trottait le long des barrières, accueilli de tièdes applaudissements ou de silences gênés.
L’après-midi s’achevait. Déjà le crépuscule descendait sur la place, rosissant les boucliers et les étendards accrochés aux estrades. Les jeux allaient finir. Quelques spectateurs déjà quittaient leurs bancs et s’en allaient, sachant qu’à la fin de la liste de Montjoy il n’y avait plus qu’un fretin de jeunes chevaliers, incapables de tenir trois minutes contre Vauldray. Il triompherait d’eux si facilement que ce n’était même plus la peine de regarder les escrimeurs.
C’est à ce moment que parut Bayard, et la manière dont il manœuvrait son cheval, un bon courtaud bai, retint près des portes ceux qui se disposaient à sortir. Sans doute cet inconnu n’opposerait-il qu’une piètre résistance aux habiles tactiques de son ennemi, mais s’il était aussi adroit dans le maniement des armes que dans la conduite d’un destrier, le spectacle ne serait pas négligeable.
Notre Dauphinois, qui avait observé dans les précédentes rencontres le fort et le faible de son rival, savait qu’il devait une grande part de son succès à l’impétuosité avec laquelle il attaquait, surprenant ainsi ses adversaires qu’il désarçonnait parfois du premier coup de lance. Sitôt entré dans la lice, Bayard ramena donc son bouclier devant sa poitrine, serra sa lance sous son aisselle, et devançant l’assaut, fonça au galop. La grande force de Vauldray lui permit de faire dévier le coup de lance qui avait failli le renverser, mais sa stratégie coutumière était désorganisée, et, chose humiliante pour un homme de son renom, il se voyait, dès le début du combat, contraint à la défensive.
Encouragé par son succès, Bayard ne lui laissa pas le temps de se reprendre. Faisant volter son destrier qui obéissait docilement aux ordres de ce maître cavalier, il revint à la charge, piqua, pointa, frappa, et harcela si bien l’adversaire, que les assistants se regardèrent, étonnés, ne sachant quel était ce vaillant inconnu, essayant d’imaginer quel visage familier aux habitués des tournois se cachait derrière la visière de ce casque richement empanaché. Bellabre seul aurait pu le dire, et le marchand Laurencin, qui avait fourni, au grand dam de l’oncle abbé, le casque et le panache.
Bayard défendit si bien sa chance que les arbitres crurent, un moment, que le sire de Vauldray allait perdre la partie. Ce n’est point diminuer le succès de notre ami que rappeler combien, tout le jour, celui-ci avait combattu déjà les guerriers les plus éminents, car je crois bien que, s’ils s’étaient mesurés au début de l’après-midi, le combat n’eût pas été moins acharné. Le célèbre capitaine avait fort à faire pour tenir tête au jeune homme qui le déconcertait par l’audace et la rapidité de son jeu. On aurait dit que cet inconnu ajoutait à toutes les ruses et les finesses classiques une sorte de génie de la bataille. Par Dieu, s’il malmenait de telle sorte les ennemis du roi, la gloire l’attendait…
La lutte menaçait de durer longtemps, aucun des deux ne se décidant à mordre la poussière. Malgré sa lassitude, Vauldray paraissait inébranlable sur son grand cheval noir; quant à Bayard, on eût dit qu’il faisait corps avec son courtaud bai, à la manière des Centaures dont parlent les anciens Grecs. Il fallut arrêter l’épreuve pourtant, car le crépuscule était venu. Les juges prononcèrent qu’il n’y avait eu dans cette passe d’armes ni vainqueur ni vaincu, mais les dames qui s’entendaient en tournois, les gentilshommes, et le populaire même, estimèrent que le jeune inconnu avait montré une maîtrise supérieure à celle de son adversaire, et supérieure aussi à celle de tous les autres combattants, fussent-ils Galyot, Bonneval, Bourdillon, Saudricourt ou Chastillon. Ceux qui faisaient les renseignés prétendaient à mi-voix qu’un capitaine illustre se cachait derrière la visière basse et les armoiries ignorées.
Grande fut la surprise de tous quand, le moment venu de faire le tour de la lice tête découverte, Bayard enleva son casque.
Alors qu’on espérait découvrir un visage bien connu, on aperçut un adolescent d’environ dix-huit ans, blanc de peau et brun de cheveux, dont les traits exprimaient autant de douceur que de noblesse.
Tout le monde fut fort étonné, les dames davantage encore, qui déclarèrent avec stupéfaction en leur « langage lyonnois » que rapporte le Loyal Serviteur : « Vey-vo cestou malotru, il a mieulz fay que tous los autres » Et, ce disant, elles considéraient avec bienveillance la martiale allure et la belle figure du vainqueur « moral » de cette journée.
Un seul homme, à mon avis, ne se réjouit pas autant qu’il l’aurait dû lorsque, croyant lui faire plaisir, on vint lui annoncer la victoire de son neveu : ce fut l’abbé d’Esnay, Théodore du Terrail. « Cette victoire me coûte assez cher, maugréait l’avare ecclésiastique; on aurait pu l’avoir à meilleur compte. » Car il songeait douloureusement à l’interminable mémoire qu’allait lui présenter Laurencin, à la diplomatie dont il faudrait user pour réduire les prétentions du marchand, au chagrin, enfin, de tirer de son coffre les huit cents francs nécessaires pour payer ces cottes de soie et de velours sous lesquelles le jeune vainqueur paradait devant l’estrade où les dames lyonnaises, renommées pour leur grâce et leur courtoisie, se penchaient l’une vers l’autre en chuchotant, minaudaient et lui souriaient.
L’hommage de ces belles spectatrices touchait le cœur de notre héros autant que les félicitations que ses amis accourus lui prodiguaient, autant que l’approbation des juges du tournoi qui vinrent, solennellement, lui serrer la main, autant enfin que la bonhomie bourrue avec laquelle Claude de Vauldray, étonné, las, et admiratif, complimenta son concurrent. La bonne grâce qu’il mit à recevoir ces éloges, d’un maintien modeste et réservé, lui gagna, ce jour-là, autant de cœurs qu’en avaient conquis sa force et son audace.
Reproduction interdite
| PRODUCT DETAILS | |
|---|---|
| Publisher | HACHETTE IDEAL – BIBLIOTHEQUE |
| Numéro de Référence | Néant |
| Dépôt Légal | Dépôt légal n° 1939 4e trimestre 1953. |
| Language | Français |
| Paperback | 189 pages |
| Table des Matières | Oui |
| ISBN-10 | Non |
| EAN Code Barre | Non |
| Item Weight | 357 g |
| Dimensions | 150 x 205 x 14 mm |
| LIENS UTILES | |
|---|---|
| COLLECTION | HACHETTE Idéal-Bibliothèque pelline ivoire. |
| Marcel BRION | https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Brion |
|---|
Illustrations
Jean RESCHOFSKY
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