La marelle et le ballon by Christian PINEAU Hachette Idéal-Bibliothèque n° 227 Dépôt légal 1962
Présentation de l’Editeur
LA marelle et le ballon sont les sports nationnaux de deux pays voisins : la Marélie, pays riche, à la population paresseuse et insouciante, et la Ballonie, contrée montagneuse et aride, habitée par un peuple austère.
La Marélie, gouvernée par un roi débonnaire et
joyeux, possède encore des fées; la Ballonie subit le joug d’un tyran et n’a que des sorcières.
Les deux pays ont enfin cessé de se faire la guerre, mais n’ont pas réussi à nouer des liens d’amitié. Un jour, pourtant, le prince héritier de Marélie et la princesse héritière de Ballonie se rencontreront. Malgré les obstacles, les intrigues, les dangers courus, le miracle aura lieu : les deux pays s’uniront pour ne plus s’affronter que sur les terrains de sport dans de pacifiques matches de marelle et de ballon.
Dans ce récit plein de verve et d’humour, le romanesque et le féerique se côtoient sous la plume ironique de Christian Pineau.
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FICHE TECHNIQUE DU LIVRE
Edition : HACHETTE
Collection : Idéal-Bibliothèque numéro de Référence : 227
ILLUSTRATIONS DE MARIANNE CLOUZOT
Magnifiques illustrations en 4 Couleurs pleine page hors-texte annotées et,
couleurs et noir & blanc in texte.
Il lui fallait remplir elle-même les filets de ses amis. p. 19
Il crut faire un rêve fantastique. p. 31
Le prince banda son arc, visa avec soin. p. 40 & 41
« En route », cria-t-elle joyeusement. p. 55
Le capitaine, par un hasard du jeu, eut son ennemi à sa portée. p. 63
« Que faites-vous ici, princesse? » p. 85
« Il n’est pas mort? » p. 93
Il glissa de son tabouret et s’effondra sur les dalles glacées. p. 113
Le jeune homme avait apporté un petit panier. p. 120 & 121
Elle enleva Casimir dans ses bras puissants. p. 135
« Allez, qu’on boive! cria-t-elle, on ne s’amuse pas ici. » p. 139
Ils tombèrent à genoux, reconnaissant par ce geste son autorité. p. 163
Le combat n’en continua pas moins, acharné, sans merci. p. 175
Il fondit soudain sur le cerf-volant. p. 185
57915 – I – 4 – 5169 Dépôt légal n° 3876 2e trimestre 1962.
Imprimé en France par Brodard-Taupin, Imprimeur – Relieur. Coulommiers – Paris.
© Librairie Hachette, 1962
Tous droits de traduction, de reproduction
et d’adaptation réservés pour tous pays.
Reliure : Relié sur cartonnage à dos rond, fers spéciaux.
BRODARD – TAUPIN – RELIURE
Présentation sous jaquette à double volets avec texte, illustrée couleurs recto & verso
Imprimé en France
par BOUCHY – Paris
Livre épuisé chez l’Editeur
EXTRAIT La marelle et le ballon by, Christian PINEAU page 53
APRÈS une nuit passée dans un lit humide installé contre un mur couvert de moisissures, Casimir se réveilla, rhumatisant et joyeux. Qu’étaient le torticolis, les névralgies, les lumbagos, auprès de la certitude de l’amour qui pénétrait dans la chambre avec les premiers rayons du soleils?
Jamais il ne trouverait une princesse plus belle, plus fière, plus gracieuse, plus… A quoi bon énumérer tous les adjectifs qui se pressaient en foule dans son esprit! Il fallait la demander en mariage, et pour cela avouer son identité. Pourquoi ne pas créer une alliance durable entre la Ballonie et la Marélie, ne pas inventer un jeu mixte entre le ballon et la marelle?
Au cours de la nuit, il avait neigé sur les sommets des montagnes, qui prenaient sous le soleil une teinte « coquille d’œuf ». Au-dessous, les rochers semblaient de cuivre ou de zinc selon leur exposition. On eût dit de gros hérissons protégés par leurs pics contre les attaques du ciel. La vallée était sombre encore, mais déjà l’on entendait les clochettes des moutons sortant de leurs enclos, menés par des bergers aux longues houppelandes brunes. Rochedure la basse se réveillait dans l’air froid du matin.
« Je pourrais vivre là », pensa Casimir.Cela voulait dire : « Auprès de Basilide. »
On peut se demander jusqu’à quels excès son imagination l’aurait conduit s’il avait bu le philtre de Béguinette.
Quand il descendit dans la cour du château, il trouva la princesse qui l’attendait auprès de deux chevaux sellés.
« En route, cria-t-elle joyeusement, nous mangerons notre petit déjeuner à la ferme des Roches-Rouges.
– Ne faut-il pas que je prenne congé de votre père? »
Le sourire de Basilide s’éteignit.
« Congé? Vous voulez déjà nous quitter?
– Je risque de devenir importun.
– Vous êtes mon invité. Nul ici n’oserait contester les lois de l’hospitalité.
– Basilide, dit doucement Casimir, s’il ne tenait qu’à moi je resterais ici toutema vie »
Pour cacher son trouble, la jeune fille sauta sur sa monture qui se mit à trotter vers le pont-levis.
Les deux cavaliers s’éloignèrent, tandis que le capitaine Trac songeait à découper en morceaux son rival et à étrangler la sorcière.
¨Pendant ce temps, Sigismond, dans sa chambre, assis devant un énorme morceau de fromage et une bouteille de vin de Marélie, regardait en soupirant le portrait de Carole. Il fallut qu’un garde vînt l’avertir que c’était l’heure de l’audience, que les plaideurs attendaient dans la cour, pour que sa pendsée revînt à ses obligations royales.
« Non, ma chère, dit Malitourne, ce breuvage, je ne te le donnerai pas à moins de cinq pièces d’or, douze têtes d’aspic et une botte de belladone. Jamais je n’ai préparé un poison plus sûr, ne laissant aucune trace suspecte. Je fais toujours le prix de gros à mes collègues.
– Où veux-tu, grogna Carnefosse, que je trouve ces aspics? J’ai déjà promis un joli lot de têtes à Béguinette. A moins de retourner toutes les pierres de la montagne, je ne pourrais pas dénicher tant de reptiles.
– Alors, ce sera cinq pièces d’or de plus. »
La discussion dura une heure, au grand plaisir des deux sorcières qui trouvaient dans ces marchandages le moyen de se distraire un peu. Finalement, Carnefosse emporta de quoi faire périr tous les habitants de Rochedure la haute.
Chevauchant sur son cerf-volant, elle se rendit au château. Après avoir rangé son véhicule derrière un fourré, elle se présenta devant le pont-levis. Mal faillit lui en prendre, car le chef des gardes, sitôt qu’il l’aperçut, saisit son épée et se rua pour lui trancher la gorge.
« Arrête, hurla la vieille; je viens réparer mon erreur. Hier je me suis trompée; je t’ai donné un philtre d’amour à la place du poison.
– Tu me le paieras », hurla le capitaine, qui lui donna une série de noms exprimant en argot ballonien la violence de ses pensées.
« Allons, sois sérieux; je viens pour t’aider; n’est-ce pas mon intérêt? Et d’abord je vais t’annoncer une nouvelle que les cartes m’ont révélée.
– Rembourse-moi d’abord mes vingt pièces d’or.
– Alors, rends-moi le flacon.
– Ta gorge est sèche et dure comme la peau d’un vieux bélier, mais le fer de mon épée est plus dur encore.
– Quand tu seras sérieux, nous parlerons. »
Le chef des gardes se rendit compte que la colère ne le menait à rien. Tuer cette vieille folle ne servirait pas ses ambitions.
« Quelle est donc ta nouvelle? dit-il plus calmement.
– Eh bien, l’étranger n’est autre que le fils de Pompidor, le roi de Marélie.
– Tu es folle. Il serait venu seul ici, sans garde, sans cheval, sans même se faire annoncer?
– Les cartes ne trompent pas. »
L’affaire était si grosse que le capitaine Trac se sentit pris au dépourvu. Un fils de roi ne se tue pas comme un vulgaire voyageur. C’est alors qu’il pensa au philtre.
« Tu m’as bien dit, Carnefosse, qu’il y avait dans le flacon que tu m’as vendu hier un philtre d’amour?
– Hélas! c’est une erreur. Le prince l’a-t-il bu?
– Eh oui! Il l’a bu dans sa tisane, devant moi, tout en regardant la princesse. »
La rage le reprit avec le retour de la jalousie.
« Prince ou pas prince, hurla-t-il, je le tuerai.
– Ici, au château? Et les lois de l’hospitalité! Non, un bon poison ne laissant aucune trace fera bien mieux l’affaire.
– Je les connais, tes poisons.
– Le poison que je t’apporte est absolument sûr. Ce n’est pas cette pimbêche de Béguinette qui l’a fabriqué mais Malitourne, une sorcière consciencieuse. Il n’y a qu’un ennui, c’est qu’il coûte vingt pièces d’or. »
Pendant quelques secondes, Carnefosse risque de nouveau sa vie. Heureusement pour elle, l’ambition et la jalousie l’emportèrent chez le capitaine Trac sur tout autre sentiment.
« Bien, dit-il, mais, cette fois-ci, nous allons essayer ton poison. Il y a des pigeons dans la cour du château. Je vais leur donner quelques grains trempés dans ton flacon. »
L’expérience fut concluante. Trois pigeons, dans la seconde qui suivit la satisfaction de leur gourmandise, se retrouvèrent les pattes en l’air. Le flacon passa dans la poche du capitaine des gardes, les pièces d’or dans celle de la sorcière.
Fallavoine, qui n’avait pas eu le courage de suivre les deux jeunes gens dans leur promenade à cheval, avait, invisible, assisté à l’entretien.
A la ferme des Roches-Rouges, Casimir et Basilide trempaient des galettes de maïs dans du lait frais. Ils n’avaient échangé, durant leur promenade, que quelques phrases banales. Assis maintenant l’un en face de l’autre, ils savaient que certaines phrases allaient être dites, mais retardaient le moment de les prononcer.Un bébé chancelant vint poser ses mains sales sur la jupe de la princesse. Celle-ci, qui se fût autrefois fâchée de cette familiarité, sentit son cœur fondre devant cette petite boule joufflue et morveuse qui levait vers elle deux gros yeux confiants. Il y a comme cela des moments où vos habitudes vous abandonnent, où vos réactions s’inversent, simplement parce qu’il s’est produit un évênement majeur qui a donné son véritable sens à votre vie.
Ce fut Casimir qui parla le premier :
« Savez-vous vraiment qui je suis, Basilide?
– Je ne le sais pas, mais je le devine. Vous venez de Marélie; vous êtes le fils d’un haut personnage. Pourquoi ne pas me l’avoir dit plus tôt?
– Si vous aviez su, quand je vous ai rencontrée hier sur le sentier, pour la première fois, que j’étais le fils du roi de Marélie, qu’auriez-vous dit? »
Reproduction interdite
| PRODUCT DETAILS | |
|---|---|
| Publisher | HACHETTE IDEAL-BIBLIOTHEQUE |
| Numéro de Référence | 227 |
| Dépôt Légal | Dépôt légal Dépôt légal n° 3876 2e trimestre 1962. |
| Language | Français |
| Paperback | 188 pages |
| Table des Matières | Non |
| ISBN-10 | Non |
| EAN Code Barre | Non |
| Item Weight | 372 g |
| Dimensions | 145 x 205 x 16 mm |
| LIENS UTILES | |
|---|---|
| COLLECTION | HACHETTE Idéal-Bibliothèque pelline ivoire. |
Du même Auteur
| Christian PINEAU | https://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Pineau |
|---|
Illustrations
Marianne CLOUZOT
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