La chanson merveilleuse by Lucie RAUZIER-FONTAYNE Hachette Idéal-Bibliothèque n°246 Dépôt légal 1963
Présentation de l’Editeur
TSILLA vit heureuse et choyée dans une tribu nomade qui refuse de se soumettre à l’autorité du roi David. L’Invitée de Camargue,
Sa voix merveilleuse la distingue de ses compagnes, aussi brunes qu’elle est blonde. Ses origines sont mystérieuses, mais son attachement au guerrier qui l’a recueillie est celui d’une fille pour son père. C’est pourquoi, lorsque son bienfaiteur est fait prisonnier, Tsilla brave la fatigue, le froid, les privations, tous les périls du désert pour voler à son secours et le libérer.
Le courage de Tsilla, sa gentillesse et aussi le charme de sa voix sont ses armes les plus sûres, qui vont lui permettre de vaincre de terribles dangers et même d’affronter le puissant roi David.
Lorsque la tribu aura, grâce à elle, retrouvé son chef, la petite étrangère saura qu’elle en fait partie au même titre que ses frères et sœurs adoptifs.
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FICHE TECHNIQUE DU LIVRE
Edition : HACHETTE
Collection : Idéal-Bibliothèque
Numéro de référence : 246
ILLUSTRATIONS DE FRANÇOIS BATET
Couleurs pleine page hors-texte annotées et,
couleurs et noir & blanc in texte.
Il marcha, tenant contre sa poitrine l’enfant. p. 19
Tsilla chanta. p. 27
« Chaque plateau chargé de friandises fut salué par des exclamations enthousiastes. p. 61
« D’où m’appelles-tu? » page 89
« C’est Yahvé, notre Dieu, le seul Dieu. » p. 101
« Ohé! Que fais-tu là? Où vas-tu? » p. 109
Ils passèrent près des chameaux. p. 113
Tsilla ne sut que répondre. p. 121
La petite caravane s’ébranla. p. 145
« Es-tu donc étrangère? N’es-tu jamais entrée dans une grande ville comme celle-ci? » p. 152 & 153
Des soldats aux armures étincelantes montaient la garde p. 161
« Est-ce vraiment toi, mon enfant, que je viens d’entendre? » p. 173
59418 – I – 4 – 6899. Dépôt légal n° 1087. 2e trimestre 1963.
Imprimé en France par Brodard-Taupin, Imprimeur – Rlieur. Coulommiers – Paris.
© Librairie Hachette, 1963.
Tous droits de traduction, de reproduction
et d’adaptation réservés pour tous pays.
Reliure : Relié sur cartonnage à dos rond. fers spéciaux.
BRODARD ET TAUPIN RELIURE
Présentation sous jaquette à double volets avec texte, illustrée couleurs recto & verso
Imprimé en France
par BOUCHY – Paris
Livre épuisé chez l’Editeur
EXTRAIT La chanson merveilleuse, by Lucie RAUZIER-FONTAYNE page 46
LE JOUR se levait à peine que Tsilla et Jédida préparaient déjà le départ. Elles chuchotaient et s’activaient en silence, afin de ne pas réveiller les trois petits garçons encore endormis.
Tsilla revêtit sa meilleure robe de laine écrue, rayée de brun.Jédida voulut lui prêter, pour protéger sa tête du soleil, le voile blanc, brodé de vives couleurs, dont elle ne se parait que les jours de fête. Puis elle lui passa au bras un bracelet d’argent orné de turquoises, en disant :
« Voici le souvenir que tu remettras à ton père, si tu peux l’approcher. Il le reconnaîtra entre mille, car c’est le bijou que j’ai reçu de lui le jour où il m’a révélé qu’il désirait me prendre pour épouse. Ce jour-là, j’étais allée remplir ma cruche au puits de notre tribu, voisine de la sienne, et je l’ai vu venir, bondissant sur la montagne comme un jeune faon. Qu’il était beau, Tsilla! Et comme sa voix était douce lorsqu’il s’est approché pour me parler! Quand j’ai dit qu’il pouvait aller me demander à mon père, il a sorti de sa ceinture ce bracelet, en m’avouant qu’il me le destinait depuis longtemps, mais que, jusqu’à ce jour, il n’avait jamais osé m’entretenir de ses projets, tant il craignait d’essuyer un refus. »
Jédida souriait en évoquant ces doux souvenirs, mais ses yeux étaient pleins de larmes.
« Allons! dit-elle brusquement, il ne faut plus songer au passé; continuons nos préparatifs. »
Elle remplit alors un sac de cuir de provisions et une petite outre d’eau fraîche.
« Tu n’auras pas de quoi te nourrir et te désaltérer jusqu’au bout du voyage, mais tu ne peux guère porter davantage, fit-elle avec regret.
– Ne t’inquiète pas, mère; je rencontrerai sûrement des tribus qui me donneront l’hospitalité.
– Prends aussi ce bâton de berger; il t’aidera à marcher ou à te défendre, si tu te trouvais en face de quelque bête sauvage. Oh! Tsilla, lorsque je songe à tous les dangers dont ta route peut être semée, je me demande si ce n’est pas une folie de te laisser aller! »
En entendant ces mots, Tsilla jugea prudent
de hâter le départ : il ne fallait pas laisser à Jédida le temps de se raviser.
« Encore une fois, ne te fais aucun souci, dit-elle, et accompagne-moi jusqu’à la piste, veux-tu? »
Toutes deux sortirent de la tente et traversèrent le village, d’où les troupeaux commençaient à peine à partir, sous la conduite des bergers. Lorsqu’elles furent sur le mauvais chemin, à peine tracé, Tsilla s’arrêta.
« C’est ici qu’il faut nous séparer, mère chérie. Ne pleure pas, car je suis pleine de courage et d’espoir, et dis-toi que, bientôt, j’apporterai à mon père, avec ce bracelet, souvenir de jours heureux, ton message de tendresse et d’espoir. »
Elle embrassa tendrement la jeune femme et partit très vite, pour cacher ses propres larmes. Car, au moment de se lancer dans cette aventure hasardeuse, elle ne se sentait pas tout à fait aussi assurée qu’elle venait de le prétendre.
Avant de contourner la colline, elle se retourna : là-bas, toute menue, la forme claire de Jédida se tenait immobile. Derrière elle, les premières fumées du camement montaient paisiblement au-dessus des tentes. On entendait des cris aigus d’enfants et les lointaines clarines des troupeaux. Pour la tribu, ce matin ressemblait à tous les autres matins, mais, pour Jédida et sa fille, le jour qui commençait était plein de mystère, d’imprévu, de menaces, peut-être.
La voyageuse fit un dernier signe de la main. Sa mère y répondit de loin, puis, chacune partit en sens inverse.
Tsilla n’avait plus, devant elle, que la piste qui s’enfonçait dans le désert.
Tantôt la piste franchissait des collines, tantôt elle les contournait, mais c’étaient toujours les mêmes collines pierreuses où ne poussait qu’une herbe rare, et, par endroits, d’énormes cactus épineux.
Vers le milieu de la journée seulement, Tsilla rencontra une contrée un peu moins désertique, où poussaient des oliviers, encore petits et rabougris, mais dont le feuillage argenté donnait une ombre légère.
Elle s’assit un moment à cette ombre, pour prendre un peu de nourriture. Elle avait marché très vite et la tribu était déjà loin derrière elle.
Dans l’ardeur et l’enthousiasme du départ, elle croyait avoir des ailes et ne ressentait aucune fatigue. Aussi, décida-t-elle de continuer à cheminer jusqu’au matin suivant.
Mais, vers la fin de la journée, quand le soleil eut disparu et que le crépuscule décolora toute chose, elle ralentit le pas, soudain très lasse.
Puis, ce fut la nuit, et, si les étoiles brillaient dans le ciel sombre, la lune n’était pas levée, en sorte qu’on ne pouvait plus distinguer la piste.
Un silence impressionnant planait sur le désert, à peine troublé par le mystérieux murmure du vent, ou, parfois, par le cri lointain d’une bête inconnue.
Alors, Tsilla se sentit fort peu rassurée. Le cœur serré par une insurmontable angoisse, elle fit encore quelques pas, butant sur des cailloux et s’arrêtant enfin, comprenant qu’il lui était impossible de continuer à marcher, puisqu’elle ne voyait plus sa route.
Soudain, il lui sembla humer une odeur familière, l’odeur des feux qu’allument les gens des tribus. En même temps, elle crut distinguer des voix d’enfants, les premières que l’on entend en approchant d’un lieu habité, car elles sont les plus aiguëes et les plus perçantes.
« Il doit y avoir des tentes non loin d’ici, pensa-t-elle, il faut les trouver. »
Pleine d’espoir, elle se remit à marcher au hasard et atteignit le sommet d’une petite colline. Là, elle poussa un cri de joie : au bord du chemin, de l’autre côté de la colline, plusieurs feux brûlaient, éclairant vaguement les masses brunes de quelques tentes de nomades.
Tsilla alla vers ces brasiers qui brillaient dans la nuit et, un moment plus tard, la tribu rassemblée autour des hautes flammes, vit surgir une extraordinaire apparition, une adolescente aux tresses d’or, aux yeux clairs, qui dit timidement :
« La paix soit avec vous. Puis-je vous demander l’hospitalité, jusqu’au matin?
– Es-tu seule? demanda-t-on avec surprise.
– Oui, toute seule.
– Quel est ton nom?
– Tsilla, fille de Kémuel, de la tribu de Nadab.
– Tu mens, fit un homme, car on voit bien que tu n’es pas de notre race.
– Je dis la vérité, protesta Tsilla et, si je ne vous ressemble pas, c’est que j’ai été recueillie, toute petite, par Kémuel et Jédida, alors que mes parents, nés dans une contrée lointaine qu’on appelle la Gaule, venaient de mourir. Le peuple de Kémuel est devenu mon peuple, son pays est devenu mon pays.
– Où vas-tu?
– Je vais rejoindre mon père et je vous demande un abri pour la nuit «, fit Tsilla, très vite, craignant qu’on ne lui demandât de plus amples explications. Mais on ne l’interrogea pas davantage, car une femme se leva et lui fit signe de la suivre.
« Je te recevrai donc, Tsilla, et tu pourras dormir à côté de mes enfants. »
Elle conduisit la voyageuse dans sa tente, écarta sans bruit le rideau derrière lequel deux petites filles sommeillaient déjà, puis, ayant déroulé une natte de paille, sur laquelle elle jeta quelques coussins, elle chuchota avant de se retirer :
« Couche-toi et repose en paix. »
Tsilla ne se fit pas prier. Elle s’étendit avec un soupir de bien-être et tomba aussitôt dans un profond sommeil.
Reproduction interdite
| PRODUCT DETAILS | |
|---|---|
| Publisher | HACHETTE IDEAL-BIBLIOTHEQUE |
| Numéro de Référence | 246 |
| Dépôt Légal | Dépôt légal n° 1087. 2e trimestre 1963. |
| Language | Français |
| Paperback | 188 pages |
| Table des Matières | Oui |
| ISBN-10 | Non |
| EAN Code Barre | Non |
| Item Weight | 360 g |
| Dimensions | 150 x 205 x 15 mm |
| LIENS UTILES | |
|---|---|
| COLLECTION | HACHETTE Idéal-Bibliothèque pelline ivoire. |
Du même Auteur
| Lucie RAUZIER-FONTAYNE | https://fr.wikipedia.org/wiki/Lucie_Rauzier-Fontayne |
|---|
Illustrations
François BATET
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