Les trois enfants, by Victor HUGO Hachette Idéal Bibliothèque Dépôt légal 1959
Présentation de l’Editeur
NUL mieux que Victor Hugo n’a su parler des enfants et ceux-ci tiennent une place de choix dans l’œuvre de l’immortel « Grand-Père ».
Dans Quatrevingt-treize trois enfants se trouvent mêlés tragiquement aux événements de la guerre de Vendée : ce sont Georgette, René-Jean et Gros-Alain, personnages inoubliables, tout aussi attachants que la célèvre Cosette des Misérables
Afin de permettre aux jeunes lecteurs – avant qu’ils abordent le texte intégral de Quatrevingt-treize – de vivre les aventures des trois frères et sœur, l’ « Idéal-Bibliothèque » présente ici, extraite du roman de Victor Hugo, leur touchante histoire, qui contraste par sa fraîcheur avec les péripéties dramatiques de la guerre civile.
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FICHE TECHNIQUE DU LIVRE
Edition : HACHETTE
Collection : Idéal-Bibliothèque Numéro de Référence : 161
ILLUSTRATIONS DE JEAN RESCHOFSKY
Couleurs pleine page hors-texte annotées et,
couleurs et noir & blanc in texte.
La vivandière sentit le besoin d’intervenir. p. 17
C’était un haut vieillard. p. 25
La Claymore se mit à cracher de la flamme sur les huit navires. p. 40 & 41
Un homme était là dans les haies. p. 49
Je suis l’homme que vous cherchez. p. 61
Un tas de masures brûlaient. p. 69
La mère aussi songeait. p. 77
Le marquis dirigeait tout. p. 101
« » Georgette dressa la tête. p. 109
C’est une innocente. p. 129
« . » Cent coups de fusil partirent à la fois. p. 136 & 137
Le premier flot des assaillants entra… p. 147
Il se rua sur Chante-en-hiver… p. 155
L’effrayant vieillard se dressa à la fenêtre. p. 183
55187 – II – 1799 Dépôt légal n° 1282. 4e trimestre 1959.
Imprimé en France par Brodard-Taupin, Imprimeur-Relieur Coulommier-Paris.
© Librairie Hachette, 1959.
Tous droits de traduction, de reproduction
et d’adaptation réservés pour tous pays.
Reliure : Relié sur cartonnage à dos rond, fers spéciaux.
Présentation sous jaquette à double volets acec texte illustrée couleurs.
Imprimé en France
par BOUCHY – Paris
Livre épuisé chez l’Editeur
EXTRAIT Les trois enfants, by Victor HUGO page 56
QUAND il se réveilla, il faisait jour.
Le mendiant était debout, dehors et sur le seuil.
« Monseigneur, dit Tellmarch, quatre heures du matin viennent de sonner au clocher de Tanis. Tout est tranquille dans la métairie et dans le hameau d’Herbe-en-Pail. Les bleus dorment ou sont partis. Le plus fort du danger est passé, il est sage de nous séparer. C’est mon heure de m’en aller. »
Il désigna un point de l’horizon.
« Je m’en vais par là. »
Et il désigna le point opposé.
« Vous, allez-vous-en par ici. »
Le mendiant fit au marquis un grave salut de la main.
Il ajouta en montrat ce qui restait du souper :
« Emportez des châtaignes, si vous avez faim. » .
Un moment après, il avait disparu sous les arbres.
Le marquis se leva, et s’en alla du côté que lui avait indiqué Tellmarch. Il sortit du fourré et se retrouva à l’embranchement de routes marqué par la croix de pierre. L’affiche y était, blanche et comme gaie au soleil levant. Il se rappela qu’il y avait au bas de l’affiche quelque chose qu’il n’avait pu lire la veille à cause de la finesse des lettres et du peu de jour qu’il faisait. L’affiche se terminait en effet, au-dessous de la signature, PRIEUR DE LA MARNE, par ces deux lignes en petits caractères :
« L’identité du ci-devant marquis de Lantenac constatée, il sera immédiatement passé par les armes. – Signé : Le chef de bataillon, commandant la colonne d’expédition, GAUVAIN. »
« Gauvain! » dit le marquis.
Il s’arrêta profondément pensif, l’œil fixé sur l’affiche.
« Gauvain! » répéta-t-il.
Il se remoit en marche, se retourna, regarda la croix, revint sur ses pas, et lut l’affiche encore une fois.
Puis, il s’éloigna à pas lents. Quelqu’un qui eût été près de lui l’eût entendu murmurer à demi-voix : « Gauvain! »,
Du fond des chemins creux où il se glissait, on ne voyait pas les toits de la métairie qu’il avait laissée à sa gauche. Il côtoyait une éminence abrupte, toute couverte d’ajoncs en fleur, de l’espèce dite longue-épine. Cette éminence avait pour sommet une de ces pointes de terre qu’on appelle dans le pays une « hure ». Au pied de l’éminence, le regard se perdait tout de suite sous les arbres. Les feuillages étaient comme trempés de lumière. Toute la nature avait la joie profonde du matin.
Tout à coup ce paysage fut terrible. Ce fut comme une embuscade qui éclate. On ne sait quelle trombe faite de cris sauvages et de coups de fusil s’abattit sur ces champs et ces bois pleins de rayons, et l’on vit s’élever, du côté où était la métairie, une grande fumée coupée de flammes claires, comme si le hamezau et la ferme n’étaient plus qu’une botte de paille qui brûlait. Ce fut subit et lugubre, le passage brusque du calme à la furie, une explosion de l’enfer en pleine aurore, l’horreur sans transition. On se battait du côté d’Herbe-en-Pail. Le marquis s’arrêta.
Il n’est personne qui, en pareil cas, ne l’ait éprouvé, la curiosité est plus forte que le danger; on veut savoir, dût-on périr. Il monta sur l’éminence au bas de laquelle passait le chemin creux. De là on était vu, mais on voyait. Il fut sur la hure en quelques minutes. Il regarda.
En effet, il y avait une fusillade et un incendie. On entendait des clameurs, on voyait du feu. La métairie était comme le centre d’on ne sait quelle catastrophe. Qu’était-ce? La métairie d’Herbe-en-Pail était-elle attaquée? Mais par qui? Etait-ce un combat? N’était-ce pas plutôt une exécution militaire?
L’exécution, si c’était une exécution, avait dû être féroce, car elle fut courte. Ce fut, comme toites les choses brutales, tout de suite fait. Pendant que le marquis, multipliant les conjectures, hésitant à descendre, hésitant à rester, écoutait et épiait, ce fracas d’extermination cessa, ou pour mieux dire se dispersa. Le marquis constata dans le hallier comme l’éparpillement d’une troupe furieuse et joyeuse. Un effrayant fourmillement se fit sous les arbres. De la métairie on se jetait dans le bois. Il y avait des tambours qui battaient la charge. Brusquement, quelque chose devint articulé et précis dans ce tumulte, c’était un nom, un nom répété par mille voix, et le marquis entendit nettement ce cri : « Lantenac! Lantenac! le marquis de Lantenac! »
C’était lui qu’on cherchait.
Et subitement, autour de lui, et de tous les côtés à la fois, le fourré se remplit de fusils, de baïonnettes et de sabres, un drapeau tricolore se dressa dans la pénombre, le cri « Lantenac! » éclata à son oreille, et, à ses pieds, à travers les ronces et les branches, des faces violentes apparurent.
Le marquis était seul, debout sur son sommet, visible de tous les coins du bois. Il voyait à peine ceux qui criaient son nom, mais il était vu de tous. S’il y avait mille fusils dans le bois, il était là comme une cible. Il ne distinguait rien dans le taillis que des prunelles ardentes fixées sur lui.
Il ôta son chapeau, en retroussa le bord, arracha une longue épine sèche à un ajonc, tira de sa poche une cocarde blanche, fixa avec l’épine le bord retroussé et la cocarde à la forme du chapeau, et, remettant sur sa tête le chapeau dont le bord relevé laissait voir son front et sa cocarde, il dit d’une voix haute, parlant à toute la forêt à la fois :
« Je suis l’homme que vous cherchez. Je suis le marquis de Lantenac, vicomte de Fontenay, prince breton, lieutenant général des armées du roi. Finissons-en. En joue! Feu! »
Et, écartant de ses deux mains sa veste de peau de chèvre, il montra sa poitrine nue.
Il baissa les yeux, cherchant du regard les fusils braqués, et se vit entouré d’hommes à genoux.
Un immense cri s’éleva : « Vive Lantenac! Vive monseigneur: Vive le général! »
En même temps des chapeaux sautaient en l’air, des sabres tournoyaient joyeusement, et l’on voyait dans tout le taillis se dresser des bâtons au bout desquels s’agitaient des bonnets de laine brune.
Ce qu’il avait autour de lui, c’était une bande vendéenne.
Cette bande s’était agenouillée en le voyant.
Un homme, jeune et de belle mine, traversa ces gens agenouillés et monta à grands pas vers le marquis. Cet homme était, comme les paysans, coiffé d’un feutre à bord relevé et à cocarde blanche, et vêtu d’une casaque de poil, mais il avait les mains blanches et une chemise fine, et il portait par-dessus sa veste une écharpe de soie blanche à laquelle pendant une épée à poignée dorée.
Parvenu sur la hure, il jeta son chapeau, détacha son écharpe, mit un genou en terre, présenta au marquis l’écharpe et l’épée, et dit :
« Nous vous cherchions en effet, nous vous avons trouvé. Voici l’épée de commandement. Ces hommes sont maintenant à vous. J’étais leur commandant, je monte en grade, je suis votre soldat. Acceptez notre hommage, Monseigneur. Donnez vos ordres, mon général. »
Puis il fit signe, et des hommes qui portaient un drapeau tricolore sortirent du bois. Ces hommes montèrent jusqu’au marquis et déposèrent le drapeau à ses pieds.
« Mon général », dit le jeune homme qui avait présenté l’épée et l’écharpe, « ceci est le drapeau que nous venons de prendre aux bleus qui étaient dans la ferme d’Herbe-en-Pail. Monseigneur, je m’appelle Gavard. J’ai été au marquis de la Rouarie.
– C’est bien », dit le marquis.
Et, calme et grave, il ceignit l’écharpe.
Puis il tira l’épée, et, l’agitant nue au-dessus de sa tête :
« Debout! dit-il, et vive le roi! »
Tous se levèrent.
Et l’on entendit dans les profondeurs du bois une clameur éperdue et triomphante : « Vive le roi! Vive notre marquis! Vive Lantenac! »
Reproduction interdite
| PRODUCT DETAILS | |
|---|---|
| Publisher | HACHETTE Idéal Bibliothèque |
| Numéro de Référence | 161 |
| Dépôt légal | 53187 – II – 1799. Dépôt légal n° 1282. 4e trimestre 1959. |
| Language | Français |
| Paperback | 186 pages |
| Table des Matières | Oui |
| ISBN-10 | Non |
| EAN Code Barre | Non |
| Item Weight | 345 g |
| Dimensions | 145 x 205 x 18 mm |
| LIENS UTILES | |
|---|---|
| POUR NOS FILLES par CH. LEBAIGUE | Cosette by Victor HUGO extrait. COMMENTAIRE La poupée de Cosette |
| Lectures françaises LIBRAIRIE LAROUSSE | L’homme. 38. – La Conscience by Victor HUGO |
| Du vocabulaire à la Composition Française : Les Editions de l’Ecole | La nuit sur l’océan by Victor HUGO |
| Du vocabulaire à la Composition Française : Les Editions de l’Ecole | La sieste by Victor HUGO |
| Lectures françaises LIBRAIRIE LAROUSSE | Victor HUGO Bibliographie |
| COLLECTION | HACHETTE Idéal-Bibliothèque pelline ivoire. |
Du même Auteur
| Victor HUGO | https://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_Hugo Victor Hugo, né le 7 ventôse an X (26 février 1802) à Besançon et mort le 22 mai 1885 à Paris, est un poète, dramaturge, romancier et dessinateur français associé au romantisme. Il est considéré comme l'un des écrivains de la langue française et de la littérature mondiale les plus importants. Hugo est aussi une personnalité politique et un intellectuel engagé qui a un rôle idéologique majeur et occupe une place marquante dans l'histoire des lettres françaises au XIXe siècle. LIRE LA SUITE |
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Illustrations
Jean RESCHOFSKY
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