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Les trois mousquetaires : Tome I, by Alexandre DUMAS Hachette Idéal-bibliothèque Dépôt légal 1951

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FICHE TECHNIQUE DU LIVRE


Edition :   HACHETTE
TOME I

ILLUSTRATIONS DE RESCHOFSKY
Couleurs pleine page hors-texte annotées et,
noir & blanc in texte.

D’Artagnan fixa son regard fier sur l’étranger…   p. 7
L’épée nue à la main, les mousquetaires se divertissaient…   p. 11
La mêlée deint générale.   p. 40 & 42
« Voici, dit le roi, une preuve de ma satisfaction. »   p. 45
D’Artagnan rossa Planchet avec conscience.   p. 55
D’Artagnan était resté maître du champ de bataille.   p. 69
La jeune femme tirait de sa poche un objet blanc.   . 77
Buckingham prit le coffret et tomba à genoux.   p. 87
Maître Bonacieux fut introduit de nouveau.   p. 95
Le chancelier s’approcha d’Anne d’Autriche.   p. 117
« L’argent du cardinal ! » s’écria d’Artagnan. &nbsp p. 121
D’Artagnan et Planchet partirent au triple galop.   p. 129
Le roi s’avança vivement vers la reine. &nbsp p. 136 & 137
Deux hommes la transportèrent dans la voiture.   p. 161
D’Artagnan partit d’un éclat de rire.   p. 169
« Eh! monsieur Porthos, vous ne m’offrez pas d’eau bénite? »

– Dépôt légal N° 286
  3e trimestre 1951.

IMPRIMÉ EN BELGIQUE
PAR LA S.I.R.E.C

Livre épuisé chez l’ Editeur.

Edition pour la Jeunesse
Copyright 1951 by Librairie Hachette.
Tous droits de traduction, de reproduction
et d’adaptation réservés pour tous pays.

Reliure :   relié sur cartonnage à dos rond, fers spéciaux.
Présentation sous jaquette à double volets illustrée couleurs.

EXTRAIT   Les trois mousquetaires TOME I by Alexandre DUMAS   page 57


L’INTERIEUR DES MOUSQUETAIRES
Les trois mousquetaires : TOME I, by Alexandre DUMAS -image-50-150

  LORSQUE d’Artagnan fut hors du Louvre, et qu’il consulta ses amis sur l’emploi qu’il devait fzire de sa part des quarantes pistoles, Athos lui conseilla de commander un bon repas à la Pomme-de-Pin, Porthos de prendre un laquais.
  Le repas fut exécuté le jour même, et le laquais y servit à table. Le repas avait été commandé par Athos, et le laquais fourni par Porthos. C’était un Picard que le glorieux mousquetaire avait embauché le jour même à cette occasion sur le pont de la Tournelle, pendant qu’il faisait des ronds en crachant dans l’eau.
  Porthos avait prétendu que cette occupation était la preuve d’une organisation réfléchie et contemplative, et il l’avait emmené sans autre recommandation. La grande mine de ce gentilhomme, pour le compte duquel il se crut engagé, avait séduit Planchet, – c’était le nom du Picard; – il y eut chez lui un léger désappointement lorsqu’il vit que la place était déjà prise par un confrère nommé Mousqueton, et lorsque Porthos lui eut signifié que son état de maison, quoique grand, ne comportait pas deux domestiques, et qu’il lui fallait entrer au service de d’Artagnan. Cependant, lorsqu’il assista au dîner que donnait son maître et qu’il vit celui-ci tirer en payant une poignée d’or de sa poche, il crut sa fortune faite et remercia le ciel d’être tombé en la possession d’un pareil Crésus; il persévéra dans cette opinion jusqu’après le festin, des reliefs duquel il répara de longues abstinences. Mais en faisant le soir le lit de son maître, les chimères de Planchet s’évanouirent. Le lit était le seul de l’appartement, qui se composait d’une antichambre et d’une chambre à coucher. Planchet coucha dans l’antichambre sur une couverture tirée du lit de d’Artagnan, et dont d’Artagnan se passa depuis.
  Athos de son côté avait un valet qu’il avait dressé à son service d’une façon toute particulière et que l’on appelait Grimaud. Il était fort silencieux, ce digne seigneur. Nous parlons d’Athos, bien entendu. Depuis cinq ou six ans qu’il vivait dans la plus profonde intimité avec ses compagnons Porthos et Aramis, ceux-ci se rappelaient l’avoir vu sourire souvent; mais jamais ils ne l’avaient entendu rire. Ses paroles étaient brèves et expressives, disant toujours ce qu’elles voulaient dire, rien de plus : pas d’enjolivements, pas de broderies, pas d’arabesques. Sa conversation était un fait sans aucun épisode.
  Quoique Athos eût à peine trente ans, sa réserve, sa sauvagerie et son mutisme en faisaient presque un vieillard; il avait donc, pour ne point déroger à ses habitudes, habitué Grimaud à lui obéir sur un simple geste ou par un simple mouvement des lèvres. Il ne lui parlait que dans des circonstances suprêmes.
  Porthos, comme on a pu le voir, avait un caractère tout opposé à celui d’Athos : non seulement il parlait beaucoup, mais il parlait haut; peu lui importait au reste, il faut lui rendre cette justice, qu’on l’écoutât ou non; il parlait pour le plaisir de parler et pour le plaisir de s’entendre; il parlait de toutes choses excepté de sciences, excipant à cet endroit de la haine invétérée que depuis son enfance il portait, disait-il, aux savants. Il avait moins grand air qu’Athos, et le sentiment de son infériorité à ce sujet l’avait, dans le commencement de leur liaison, rendu souvent injuste pour ce gentilhomme, qu’il s’était alors efforcé de dépasser par ses splendides toilettes. Mais, avec sa simple casaque de mousquetaire et rien que par la façon dont il rejetait la tête en arrière et avançait le pied, Athos prenait à l’instant même la place qui lui était due et reléguait le fastueux Porthos au second rang.
  Un vieux proverbe dit : « Tel maître, tel valet. » Passons donc du valer d’Athos au valet de Porthos, de Grimaud à Mousqueton.
  Mousqueton était un Normand dont son maître avait changé le nom pacifique de Boniface en celui infiniment plus sonore de Mousqueton. Il était entré au service de Porthos à la condition qu’il serait habillé et logé seulement, mais d’une façon magnifique; il ne réclamait que deux heures par jour pour les consacrer à une industrie qui devait pourvoir à ses autres besoins. Porthos avait accepté le marché; la chose lui allait à merveille. Il faisait tailler à Mousqueton des pourpoints dans ses vieux habits et dans ses manteaux de rechange, et, grâce à un tailleur fort intelligent qui lui remettait ses hardes à neuf en les retournant, Mousqueton faisait à la suite de son maître fort bonne figure.
  Quant à Aramis, dont nous croyons avoir suffisamment exposé le caractère, caractère du reste que, comme celui de ses compagnons, nous pourrons suivre dans son développement, son laquais s’appelait Bazin. Grâce à l’espérance qu’avait son maître d’entrer un jour dans les ordres, il était toujours vêtu de noir, comme doit être le serviteur d’un homme d’Eglise. C’était un Berrichon de trente-cinq à quarante ans, doux, paisible, grassouillet, occupant à lire de pieux ouvrages les loisirs que lui laissait son maître, faisant à la rigueur pour eux un dîner de peu de plats, mais excellent. Au reste, muet, aveugle, sourd et d’une fidélité à toute épreuve.
  D’Artagnan, qui était fort curieux de sa nature, comme sont les gens, du reste, qui ont le génie de l’intrigue, fit tous ses efforts pour savoir ce qu’étaient au juste Athos, Porthos et Aramis; car, sous ces noms de guerre, chacun des jeunes gens cachait son nom de gentilhomme, Athos surtout, qui sentait son grand seigneur d’une lieue.
  D’Artagnan ne put, quelque peine qu’il se donnât, en savoir davantage sur ses trois nouveaux amis. Il prit donc son parti de croire dans le présent tout ce qu’on disait de leur passé, espérant des révélations plus sûres et plus étendues de l’avenir. En attendant, il considéra Athos comme un Achille, Porthos comme un Ajax, et Aramis comme un Joseph.
  Au reste, la vie des quatre jeunes gens était joyeuse : Athos jouait, et toujours malheureusement. Cependant il n’empruntait jamais un sou à ses amis, quoique sa bourse fût sans cesse à leur service; et lorsqu’il avait joué sur parole, il faisait toujours réveiller son créancier à six heures du matin pour lui payer sa dette de la veille.
  Planchet le valet de d’Artagnan, supporta noblement la bonne fortune; il recevait trente sous par jour, et pendant un mois il revenait au logis gai comme un pinson et affable envers son maître Quand le vent de l’adversité commnça à souffler sur le ménage de la rue des Fossoyeurs, c’est-à-dire quand les quarante pistole du roi Louis XIII furent mangées ou à peu pès, il commença des plaintes qu’Athos touva nauséabondes, Porthos indécentes, et Aramis ridicules.
  « Cela vous est bien aisé à dire, dit d’Artagnan : à vous, Athos, qui vivez muet avec Grimaud, qui lui défendez de parler, et qui, par conséquent, n’avez jamais de mauvaises paroles avec lui; à vous, Porthos, qui menez un train magnifique et qui êtes un dieu pour votre valet Mousqueton, à vous enfin, Aramis qui, toujours distrait par vos études théologiques, inspirez un profond respect à votre serviteur Bazin, homme doux et religieux; mais moi qui suis sans consstance et sans ressources, moi qui ne suis pas mousquetaire ni même
garde, moi, que ferai-je pour inspirer de l’affection, de la terreur ou du respect à Planchet?
  – La chose est grave, répondirent les trois amis; c’est une affaire d’intérieur; il en est des valets comme de femmes, il faut les mettre tout de suite sur le pied où l’on désire qu’ils restent. Réfléchissez donc. »
  D’Artagnan réfléchit et se résolut à roue Plnchet par provision, ce qui fut exécuté avec la conscience que d’Artagnan mettait en toutes choses; puis, après l’avoir bien rossé, il lui défendit de quitter son service sans sa permission; car, ajouta-il, « l’avenir ne peut manquer de me faire faute; j’attends inévitablement des temps meilleurs. Ta fortune est donc faite si tu restes près de moi, et je suis trop bon maître pour te faire manquer ta fortune en t’acordant le congé que tu me demandes. »
  Cette manière d’agir donna beaucoup de respect aux mousquetaires pour la politique de d’Artagnan. Planchet fut également saisi d’admiration et ne parla plus de s’en aller.
  En attendant, les promesses de M. de Tréville allaient leur train. Un beau jour le roi commanda à M. le chevalier des Essart de prendre d’Artagnan comme cadet dans sa compagnie des gardes. D’Artagnan endossa en soupirant cet habit, qu’il eût voulu, au prix de dix années de sn eistence, troquer contre la casaque de mousquetaire. Mais M. de Tréville promit cette faveur après un novicat de deux ans, novicat qui pouvait être abrégé, au reste, si l’occasion se présentait pour d’Artagnan de rendre quelque service au roi ou de faire quelque action d’éclat. D’Artagnan se retira sur cette promesse et dès le lendemain commença son service.
  Alors ce fut le tour d’Athos, de Porthos et d’Aramis de monter la garde avec d’Artagnan quand il était de garde. La compagnie de M. le chevalier des Essarts prit ainsi quatre hommes au lieu d’un le jour où elle prit d’Artagnan.
 

Reproduction interdite
 

PRODUCT DETAILS
Publisher HACHETTE   IDEAL – BIBLIOTHEQUE
Numéro de Référence Néant
Dépôt Légal Dépôt légal n° 286   3e trimestre 1951.
Language Français
Paperback 191 pages
Table des Matières Non
ISBN-10 Non
EAN Code Barre Non
Item Weight 355 g
Dimensions 150 x 205 x 14 mm

LIENS   UTILES
COLLECTION   HACHETTE   Idéal-Bibliothèque pelline ivoire.

 

Du même Auteur

Alexandre DUMAS

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Dumas

Alexandre Dumas (dit aussi Alexandre Dumas père) est un écrivain français né le 24 juillet 1802 à Villers-Cotterêts (Aisne) et mort le 5 décembre 1870 au hameau de Puys, ancienne commune de Neuville-lès-Dieppe,
aujourd'hui intégrée à Dieppe (Seine-Maritime). LIRE LA SUITE

Illustrations

Jean RESCHOFSKY

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