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Croc – Blanc, by Jack LONDON Hachette Idéal-Bibliothèque Dépôt légal 1959

Présentation de l’Editeur


CROC-BLANC est un jeune louveteau, quelque peu croisé de chien, qui s’éveille à la connaissance du monde dans le Grand Nord américain. Tout autour de lui le danger se dresse. C’est pour lui à chaque pas la lutte pour la vie.
  La plus belle et la plus redoutable aventure survient pour Croc-Blanc le jour où il fait la connaissance de l’Homme. De ce jour, il se verra entouré de la haine universelle, il aura contre lui les chiens et les hommes, sans plus pouvoir hurler avec les loups, ses congénères.
  Le combat de Croc-Blanc vaincu par la douceur restera l’un des drames les plus émouvants du sauvage Extrême-Nord.

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FICHE TECHNIQUE DU LIVRE


Edition :   HACHETTE

Idéal-Bibliothèque

TRADUIT PAR PAUL GRUYER ET LOUIS POSITIF

ILLUSTRATIONS DE HENRI DIMPRE

Magnifiques illustrations en 4 Couleurs pleine page hors-texte annotées et,
couleurs et noir & blanc in texte.

Un animal semblable à un chien se glissait…   p. 17
« » Les loups trottinaient tranquillement derrière le traîneau.   p. 29
Un-Əil découvrit un porc-épic debout contre un arbre.   p. 49
L’écureuil n’avait pas eu moins peur que le louveteau…   p. 56 & 57
L’Indien posa la main sur sa tête…   p. 79
Castor-Gris le saisit par la peau du cou…   p. 91
Castor-Gris l’aperçut et s’arrêta de mâcher son suif.   p. 109
Derrière, il y avait un fouet et un gourdin…   p. 120 & 121
Ces doigts tendus ne disaient rien de bon à Croc-Blanc.   p. 129
Croc-Blanc se précipita en hurlant sur l’étranger.   p. 137
Scott s’accroupit bien en face de Croc-Blanc..   p. 165

Imprimé en France
par Brodard et Taupin,
Imprimeur-Relieur.
Coulommiers-Paris.
55032 – VIII – 1086.

Dépôt légal n° 754,
3e trimestre 1959.

L’ÉDITION ORIGINALE DE CE ROMAN A PARU EN LANGUE ANGLAISE
SOUS LE TITRE

WHITE FANG

© LIBRAIRIE HACHETTE, 1952.

Tous droits de traduction, de reproduction,
et d’adaptation réservés pour tous pays.

Reliure :   relié sur cartonnage à dos rond, fers spéciaux.
BRODARD-TAUPIN-RELIURE
Présentation sous jaquette illustrée couleurs à double volets avec texte.
Imprimé en France
par BOUCHY – Paris

Livre épuisé chez l’ Editeur

EXTRAIT   Croc – Blanc, by Jack LONDON page 24


III. – LE CRI DE LA FAIM
Croc - Blanc by Jack LONDON

  La JOURNÉE débuta sous de meilleurs auspices. Les deux hommes n’avaient pas perdu de chien durant la nuit et c’est l’esprit plus léger qu’ils se remirent en chemin dans le silence, le noir et le froid. Bill semblait avoir oublié ses sinistres pressentiments, et, quand, à midi, les chiens renversèrent le traîneau à un mauvais passage, c’est en plaisantant qu’il accueillit l’accident.
  C’était pourtant un effrayant pêle-mêle. Le traîneau, sens dessus dessous, demeurait suspendu entre le tronc d’un arbre et un énorme roc. Il fallut d’abord déharnacher les chiens afin de les dégager et de démêler leurs traits. Ceci fait et tandis que les deux hommes s’occupaient à remettre sur pied le traîneau, Henry aperçut N’a-qu’une-Oreille, qui était en train de se défiler en rampant.
  « Ici, toi, N’a-qu’une-Oreille! » cria-t-il en se retournant vers le chien.
  Mais, au lieu de lui obéir, le chien fit un bond en avant et se sauva, en courant de toutes ses forces, ses harnais traînant derrière lui.
  Tout là-bas, sur la piste, la louve, l’attendait. En s’approchant d’elle, il parut soudain hésiter et ralentir sa course. Ila regardait fixement, avec crainte et désir à la fois. Elle semblait l’aguicher et lui sourire de toutes ses dents, puis, en manière d’avance, fit un pas vers lui. N’a-qu’une-Oreille se rapprocha, mais en se tenant encore sur ses gardes, la tête dressée, les oreilles et la queue droites.
  Quand il l’eut jointe, il essaya de frotter son nez contre le sien, mais elle se détourna avec froideur et fit un pas en arrière. Elle répéta plusieurs fois sa manœuvre, comme pour l’entraîner loin de ses compagnons humains. A un moment (on eût dit qu’une vague conscience du sort qui l’attendait flottait dans sa cervelle de chien), N’a-qu’une-Oreille, s’étant retourné, regarda derrière lui ses deux camarades de trait, le traîneau renversé et les deux hommes qui l’appelaient. Mais la louve lui ayant tendu son nez pour qu’il s’y frottât, il en oublia aussitôt toute autre idée et se reprit à la suivre au bout de quelques minutes, dans un prudent et nouveau recul qu’elle effectua.
  Pendant ce temps, Bil avait songé au fusil. Mais celui-ci était pris sous le traîneau et quand, avec l’aide d’Henry, il eut mis la main dessus, le chien et la louve étaient trop éloignés de lui, trop près aussi l’un de l’autre pour qu’il pût tirer.
  N’a-qu’une-Oreille connut trop tard son erreur. Les deux hommes le virent qui revenait vers eux à fond de train. Mais déjà une douzaine de loups maigres, bondissant dans la neige, fonçaient à angle droit sur le chien afin de lui couper la retraite. De son côté, la louve avait cessé ses grâces et s’était jetée sur lui avec un rauque grognement. Il l’avait bousculée d’un coup d’épaule et elle s’était jointe aux autres poursuivants. Elle le talonnait de près.
  « Où vas-tu? » cria Henry en posant sa main sur le bras de Bill.
  Bill se dégagea d’un mouvement brusque.
  « Je ne puis, dit-il, supporter ce qui se passe. Ils ne doivent plus avoir aucun de nos chiens, si je puis l’empêcher. »
  Le fusil au poing, il s’enfonça dans les taillis qui bordaient le sentier.
  « Attention, Bill! lui jeta Henry une dernière fois. Sois prudent! »
  Assis sur le traîneau, Henry vit disparaître son compagnon. N’a-qu’une-Oreille avait quitté la piste et tendait de rejoindre le traîneau en décrivant un grand cercle. Henry l’apercevait par instants, détalant à travers des sapins clairsemés et s’efforçant de gagner les loups de vitesse, tandis que Bill allait essayer, sans nul doute, d’enrayer la poursuite. Mais la partie était perdue d’avance d’autant que de nouveaux loups, sortant de partout, se joignaient à la chasse.
  Tout à coup Henry entendit un coup de fusil, puis deux autres succéder rapidement au premier, et il connut que la provision de cartouches de Bill était finie. Il y eut un grand bruit, des grondements et des cris. Henry reconnut la voix du chien qui gémissait et hurlait. Un cri de loup lui annonça qu’un des animaux avait été atteint. Et ce fut tout. Gémissements et grognements moururent et le silence retomba sur le paysage solitaire.
  Henry demeura longtemps assis sur le traîneau. Il n’avait pas besoin d’aller voir ce qui était advenu. Cela, il le savait comme s’il en eût été spectateur. Pourtant, à un moment, il se dressa en tressaillant et, avec une hâte fébrile, chercha la hache qui était parmi les bagages. Puis, en songeant longuement, il se rassit en compagnie des deux chiens qui lui restaient et qui, couchés et tremblants, demeuraient à ses pieds.
  En proie à une immense faiblesse, comme si toute force de résistance s’était anéantie en lui, il finit par se lever et se mit en devoir d’atteler les chiens au traîneau qu’il tira lui-même de concert avec les deux bêtes, après avoir passé un harnais d’homme sur son épaule. L’étape fut courte. Dès que le jour commença à baisser, Henry se hâta d’organiser le campement. Il
donna aux chiens leur nourriture, fit cuire et mangea son dîner, puis dressa son lit près du feu.
  Mais il n’avait pas encore fermé les yeux qu’il vit les loups arriver et, cette fois, s’avancer tellement près qu’il n’y avait pas à songer même à dormir. Ils étaient là autour de lui, si peu loin qu’il pouvait les regarder comme en plein jour, couchés ou assis autour du foyer, rampant sur leur ventre, tantôt avançant et tantôt reculant. Certains d’entre eux dormaient, couchés en rond dans la neige, comme des chiens. Il ne cessa pas un seul instant d’aviver la flamme, car il savait qu’elle était le seul obstacle entre sa chair et leurs crocs. Les deux chiens se pressaient contre lui, implorant sa protection. De temps à autre, le cercle des loups s’agitait; ceux qui étaient couchés se relevaient, et tous hurlaient en chœur. Puis ils se recouchaient ou s’asseyaient, le cercle se refermant plus près.
  Cependant, à force d’avancer d’un pouce puis d’un autre pouce, un instant arriva où les loups le touchaient presque. Alors il prit des brandons enflammés et commença à les jeter dans le tas de ses ennemis. D’un saut hâtif accompagné de cris de colçre et de grognements peureux, ceux-ci bondissaient en arrière quand une branche bien lancée atteignait l’un d’eux.
  Le matin trouva l’homme hagard et brisé, les yeux dilatés par le manque de sommeil. Il cuisina et absorba son déjeuner. Puis, quand la lumière eut dispersé la troupe des loups, il s’occupa de mettre à exécution un projet qu’il avait médité durant les longues de la nuit. Ayant abattu à coup de hache de jeunes sapins, il en fit, en les liant en croix, les traverses d’un échafaudage assez élevé dont quatre autres grands sapins restés debout formèrent les montants. Se servant ensuite des courroies du traîneau comme de cordes, et les chiens tirant avec lui, il hissa au sommet de l’échafaudage le cercueil qu’il avait convoyé.
  « Ils ont eu Bill, dit-il en s’adressant au corps du mort quand celui-ci fut installé dans sa sépulture aérienne, et ils m’auront peut-être. Mais toi, jeune homme, ils ne t’auront pas »
  Le traîneau filait maintenant derrière les chiens, qui haletaient d’enthousiasme, car ils savaient que, pour eux, le salut était dans le chenil du fort M’Gurry. Mais les loups n’avaient pas été loin, et c’est ouvertement qu’ils avaient, désormais, repris leur poursuite. Ils trottinaient tranquillement derrière le traîneau ou rangés en files parallèles, leurs langues rouges pendantes, leurs flancs maigres ondulant sur leurs côtes qui se dessinaient à chacun de leurs mouvements. Henry ne pouvait s’empêcher d’admirer qu’ils fussent encore capables de se tenir sur leurs pattes sans s’effondrer sur la neige.
  A midi, vers le sud, ce ne fut pas seulement le reflet du soleil qui apparut, mais l’astre lui-même. Pâle et dorée, sa partie supérieure émergea de l’horizon. Henry vit là un heureux présage. Le soleil était revenu et les jours allaient grandir. Mais sa joie fut de courte durée. Presque aussitôt la lumière se remit à baisser et il s’occupa, sans plus tarder, de s’organiser pour la nuit. Les quelques heures de clarté grisâtre et de terne crépuscule qu’il avait encore devant lui furent utilisées à couper, pour le foyer, une quantité de bois considérable.
  Avec la nuit, la terreur revint à son comble. Le besoin de sommeil, pire que la peur des loups, tenaillait Henry. Il s’endormit malgré lui, accroupi près du feu, les couvertures sur ses épaules, sa hache entre ses genoux, un chien à sa droite, un chien à sa gauche. Dans cet état de demi-veille où il se trouvait, il apercevait la troupe entière qui le contemplait comme un repas retardé mais certain. Il lui semblait voir une bande d’enfants réunis autour d’une table servie, attendant qu’on leur permit de commencer à manger.
  Puis, comme machinalement, ses yeux retombaient sur lui-même et il examinait son corps avec une attention bizarre qui ne lui était pas habituelle. Il tâtait ses muscles et les faisait jouer, s’intéressant prodigieusement à leur mécanisme. A la lueur du foyer il ouvrait, étendait ou refermait les phalanges de ses doigts, émerveillé de l’obéissance et de la souplesse de sa main qui avec rudesse ou douceur, trépidait à sa volonté jusqu’au bout de ses ongles. Et, comme fasciné, il se prenait d’un incommensurable amour pour ce corps admirable auquel il n’avait, jusque-là, jamais prêté attention; d’une tendresse infinie pour cette chair vivante, destinée bientôt à repaître des brutes, à être mise en lambeaux. Qu’était-il désormais? Un simple mets pour des crocs affamés, une subsistance pour d’autres estomacs, l’égal des élans et des lièvres dont il avait tant de fois, lui-même, fait son dîner.
 

Reproduction interdite
 

PRODUCT DETAILS
Publisher HACHETTE   IDEAL-BIBLIOTHEQUE numéro : sans
Dépôt Légal   Dépôt légal n° 754, 3e trimestre 1959.
Language Français
Paperback 189 pages
Table des Matières Oui
ISBN-10 Non
EAN Code Barre Non
Item Weight 363 g
Dimensions 145 x 205 x 16 mm

Du même Auteur dans collection HACHETTE
IDÉAL   BIBLIOTHÈQUE     CROC – BLANC 1952,    

LIENS   UTILES
COLLECTION   HACHETTE   Idéal-Bibliothèque pelline ivoire.

 

Du même Auteur

Jack LONDON

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_London

Jack London, né John Griffith Chaney le 12 janvier 1876 à San Francisco et mort le 22 novembre 1916 à Glen Ellen, Californie[1],[2],[3],[4],[5], est un écrivain américain dont les thèmes de prédilection sont l'aventure et la nature sauvage[6].
LIRE LA SUITR

Illustrations

Henri DIMPRE

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