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TREIZE à la douzaine by Frank et Ernestine GILBRETH Hachette Idéal-bibliothèque Dépôt légal 1956

Présentation de l’Editeur


  LES douze enfants Gilbreth sont, comme leurs père et mère, tous dotés de cheveux roux et d’un sens de l’humour très vif. Que ce soit dans la maison-phare de Nantucket, ou dans la récalcitrante Ferblantine, leur vieille voiture rhumatisante et capricieuse, jamais les Gilbreth ne
laissent passer l’occasion de rire,… occasions qui ne sont pas rares. Papa Gilbreth a le génie de la plaisanterie et maman Gilbreth l’art d’aplanir les pires difficultés; leur douze « poil-de-carotte » les adorent.
 
  L’affection n’a pourtant pas été prévue au programme de leur éducation rationnelle et systématique. Frank Gilbreth, ingénieur spécialiste du rendement, a en effet décidé d’appliquer à l’éducation de ses enfants les théories d’économies du mouvement qui lui réussissent si bien à l’usine. Naturellement le sort s’acharne avec malice à bousculer tous ses beaux calculs, sans autre résultat pourtant que d’augmenter la bonne humeur générale.
 
  Les aventures cocasses peuvent-elles jamais manquer dans une maison où sont lâchés en liberté douze fantaisistes en quête de plaisanteries?…

F. G.   au-delà de 10 ans

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FICHE TECHNIQUE DU LIVRE


Edition : &nbsp HACHETTE

Idéal-Bibliothèque   Numéro de Référence : 99

TEXTE FRANÇAIS D’ARLETTZ SILVAIN

ILLUSTRATIONS DE PAUL DURAND

Magnifiques illustrations en 4 Couleurs pleine page hors-texte et,
et noir & blanc in texte non annotées.

Papa avait de l’aplomb à revendre.   p. 11
« Tenez, notre maison ressemble un peu à ça. »   p. 24 & 25
Paisiblement endormi dans un transat…   p. 33
« Ta mère ne sait pas s’y retrouver. »   p. 41
On entendit un abominable baragouin français et allemand.   p. 65
Papa nous posait des colles.   p. 73
« Pas avec un pantalon pareil! J’ai l’air idiot.   p. 101
Chew Wong avait pris Bill en amitié.   p. 109
Ils traquèrent les canaris.   p. 133
Papa traça des messages mystérieux.   p. 141
Il nous traitait de gibiers de potence échappés des galères.   p. 157
« Ne bou-ou-ou-gez plus! »   p. 161
« Vous êtez d’odieux petits tricheurs. ».   p. 173

– Dépôt légal n° 4467
  1er trimestre 1956.

IMPRIMÉ EN BELGIQUE
PAR LA S.I.R.E.C – LIEGE

Livre épuisé chez l’ Editeur

L’ÉDITION ORIGINALE DE CET OUVRAGE
A PARU EN LANGUE ANGLAISE

SOUS LE TITRE
CHEAPER BY THE DOZEN

Copyright 1949 by Editions Pierre Horay
et 1949 by Librairie Hachette.

Tous droits de traduction, de reproduction
et d’adaptation réservés pour tous pays.

Reliure :   relié sur cartonnage à dos rond, fers spéciaux.
Présentation sous jaquette illustrée couleurs à double volets avec texte
Imprimé en Belgique
par la S.I.R.E.C., Liège

EXTRAIT   TREIZE à la douzaine   page 40


RANDONNÉES
TREIZE à la douzaine by GILBRETH

  A CETTE époque-là, la signalisation routière manquait de clarté, et d’autre part papa n’avait aucune confiance dans les poteaux indicateurs.
  « Un gamin a dû s’amuser à changer la plaque, affirmait-il, se souvenant des exploits de son enfance. En suivant cette route, je suis persuadé que nous allons revenir directement à l’endroit d’où nous venons. »
  Quant à se fier au Guide Bleu, alors l’évangile du touriste, pas si bête. Maman lisait : « A six cents mètres du moulin à vent, tournez à gauche devant l’église en briques et suivez la route pavée. »
  « Ce n’est certainement pas ce moulin-là, répliquait papa d’un ton péremptoire. Dieu sait de quand date cet itinéraire. Mon sens de l’orientation m’incite à tourner à droite. Ton fameux moulin à vent doit être démoli depuis des lunes! »
  Puis il tournait à droite, s’égarait et reprochait à maman de lui avoir donné de fausses indications. Il faisait alors monter Anne devant.
  « Ta mère ne sait pas s’y retrouver, disait-il en lançant un coup d’œil farouche à maman par-dessus son pince-nez. Elle me lit le guide à l’envers et se fâche quand nous nous perdons. Toi, tâche de me lire exactement ce qui est écrit. Sans en changer un mot, tu entends? Et n’invente pas de moulin à vent voyageur ou d’église en briques invisibles! »
  Et comme il n’écoutait pas plus Anne que maman, qui est-ce qui se perdait? C’est papa.
  En dernier ressort, papa finissait par se renseigner à la maison ou la boutique la plus proche. Puis il repartait aussitôt dans la direction diamétralement opposée à celle qu’on lui avait indiquée.
  « Quel idiot, marmottait papa. Il a passé toute son existence à dix kilomètres de Trenton et il n’est même pas capable d’y aller. Si je l’écoutais, tout à l’heure nous nous retrouverions à New York. »
  Maman, philosophe par nature et par profession, ne se troublait pas pour si peu. Quand elle estimait que papa nous avait suffisamment perdus, elle sortait le biberon de Jane logé sous ses pieds dans une panière. C’était sa façon de nous prévenir qu’il était temps de s’arrêter.
  « Tu as raison, Lillie, autant déjeuner pendant que je me repère, disait papa. Choisis-nous un bon coin pour pique-niquer. »
  Manger était une perte de temps malheureusement obligatoire, tout comme se laver, s’habiller et se coiffer. Et comme papa estimait qu’il fallait utiliser chaque minute au maximum, pendant nos haltes pique-niquatoires, il inspectait les environs à la recherche de quelque chose d’intéressant à nous apprendre. C’était un professeur-né, et il était aussi savant qu’un bénédictin.
  S’il découvrait une fourmilière, il nous parlait de certaines variétés qui élèvent des pucerons, comme nous des vaches, pour les traire. Il nous faisait mettre à plat ventre, au mépris de notre estomac, pour observer les fourmis qui s’affairaient à ramasser les miettes de nos sandwiches.
  « Vous voyez, elles ne s’arrêtent pas une minute de travailler et elles ne laissent rien perdre «, disait-il. On comprenait au ton de sa voix que la fourmi était un insecte cher à son cœr. « Regardez-les. Elles forment équipe pour transporter un bout de viande. Ça, c’est du travail rationnel. »
  Un mur de pierres sèches suffisait à lui faire évoquer les glaciers et les cailloux qu’ils déposent sur leur passage.
  Il essayait de nous habituer à user de nos yeux et de nos oreilles au maximum.
  « Regardez là, qu’est-ce que vous voyez? disait-il. Oui, je sais que c’est un arbre, mais examinez-le bien. Rien ne vous frappe? »
  Il savait des tas de choses, papa, et il voulait que nous partagions sa science, mais c’est maman qui réussissait le mieux à graver dans notre esprit ce qu’il nous apprenait. Si la fourmilière paraissait à papa l’exemple le plus frappant du travail d’équipe et du rendement maximum, elle était pour maman le symbole d’un peuple complexe et parfaitement civilisé, gouverné par une vieille reine impotente qui se faisait apporter son petit déjeuner au lit par ses mille esclaves noirs. Si papa nous montrait un pont en construction et nous expliquait comment on s’y prenait pour le lancer par-dessus la rivière, maman, elle, nous désignait l’ouvrier en cotte bleue en train de déjeuner sur le chantier et nous mettait aussitôt à même de comprendre l’audace du projet, et, par comparaison, la faiblesse des humains qui l’avaient conçu. Et quand papa s’arrêtait devant un arbre tordu, c’était maman qui évoquait pour nous la force indomptable du vent qui, en soufflant sans relâche pendant des années, avait fini par courber l’arbre.
  Assis en cercle autour d’elle, nous l’écoutions de toutes nos oreilles, et papa la dévorait des yeux avec l’air heureux de l’homme qui a épousé la femme la plus remarquable de l’univers.
  Avant que nous quittions le lieu de nos studieuses agapes, papa veillait toujours à ce que nous collections dans la panière, pour les jeter ensuite dans l’endroit adéquat, nos papiers gras, bouteilles vides et reliefs divers dont les fourmis et autres bestioles économes n’avaient pas l’utilisation.
  « S’il y a une chose que je déteste, c’est bien le campeur qui abandonne des ordures, disait papa. Je ne veux pas qu’il reste un seul bout de papier sale dans le pré. Nous devons laiser cet endroit aussi propre que nous l’avons trouvé, sinon plus. Ramassez tout, jusqu’à la plus petite épluchure de pomme, vous m’entendez? »
  Nous n’aimions pas manger les pommes avec la peau, ce qui semblait à papa un abominable gâchis. Lui, il avalait sans sourciller pulpe, pelure et pépins et déclarait ensuite gravement que nous perdions ce qu’il y avait de meilleur dans le fruit. Il ne nous défendit jamais explicitement de peler nos pommes ou de jeter le trognon, mais il s’arrangeait toujours pour nous rappeler qu’il nous désapprouvait. Nos épluchures lui restaient sur l’estomac.
  Le ramassage s’organisait méthodiquement. Déployés en tirailleurs au bord du pré, nous prenions le départ au signal et nous traversions le terrain nez à terre, en chiens de chasse bien dressés.
  Comme nous devions ramasser tous les détritus sans exception qui se trouvaient sur notre passage, nous revenions souvent à la maison avec le résidu d’innombrables pique-niques où nous n’étions pour rien.
  « Que de débris! Mes pauvres enfants, je me demande comment vous vous arrangez. Vous les fabriquez, ma parole! » disait papa en riant sous cape tandis qu’il supervisait l’entassement des vieux papiers, bouteilles vides et boîtes de conserves rouillées dans la panière.
  « Mais, papa, ce n’est pas à nous, tu le sais bien. Qu’est-ce que nous aurions pu faire avec des bouteilles de whisky?
  – C’est ce que j’aimerais savoir «, répliquait-il en haussant le sourcil et retroussant la narine.
 
    Souvent, au retour, quand il commençait à faire sombre, Bill se glissait sur un strapontin juste derrière papa et profitait de ce que son attention était fixée sur la route pour lui agripper le bras à chaque tournant et murmurer : « Pas si vite, Frank, pas si vite! » Bill était un imitateur-né et il prenait si bien la voix de maman que papa « marchait » et se rengorgeait d’un air digne en faisant semblant de ne pas avoir entendu.
  Bill choisissait parfois pour faire ses imitations le moment où Ferblantine roulait avec une majesté de tortue. Et papa déclarait d’un ton outragé :
  « Tu exagères, Lillie, je fais à peine du 30 à l’heure! »
  Il réduisait automatiquement le chiffre du compteur de vitesse quand il discutait la question avec maman.
  « Mais je n’ai rien dit, Frank », protestait maman.
  Alors papa se retournait et nous apercevait étouffant de rire, le nez dans nos mouchoirs. Il tirait gaiement les oreilles de Bill, au fond de lui-même très fier du talent de son fils. Il disait souvent que, lorsqu’il entendait un chant d’oiseau, il n’osait pas regarder dans les arbres de peur de s’être laissé tromper par une imitation de Bill.
 

Reproduction interdite

PRODUCT DETAILS
Publisher HACHETTE   IDEAL-BIBLIOTHEQUE
Numéro de Référence 99
Dépôt Légal   Dépôt légal Dépôt légal n° 788 1er trimestre 1952.
Language Français
Paperback 188 pages
Table des Matières Oui
ISBN-10 Non
EAN Code Barre Non
Item Weight 388 g
Dimensions 145 x 205 x 16 mm

LIENS   UTILES
COLLECTION   HACHETTE   Idéal-Bibliothèque pelline ivoire.

 

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Paul DURAND

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