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Le perroquet pourpre by Marie MOROIX Hachette Idéal-bibliothèque Dépôt légal 1955

Présentation de l’Editeur


  L’AN de grâce mil cinq cent vingt…
  Jeune fils d’un comte de Provence, Jean-Blaise de la Garde-Villemontel n’a qu’un désir : donner la mesure de sa bravoure et de sa foi en devenant chevalier de Rhodes.
 
  Mais il lui faut pour cela fournir des gages de sa vaillance. Les novices de cet ordre fameux sont d’abord tenus d’accomplir leurs « Caravanes », voyages en pays lointain qui doivent les aguerrir et les confirmer dans leur vocation. Aussi Jean-Blaise quitte-t-il le château paternel pour s’embarquer, avec quelques compagnons, sur une caraque qui doit les mener à Rhodes.
 
  Son père l’a chargé de remettre au vénérable grand maître de l’ordre, son cousin, un magnifique présent : un perroquet pourpre de l’espèce la plus rare. Un oiseau sans pareil, en vérité, car il porte en lui un secret terrible.
 
  Victime à la fois des éléments déchaînés et des pirates barbaresques, Jean-Blaise est jeté sur la côte d’Afrique. Et c’est la grande aventure qui commence, une aventure bouleversante qui sera pour lui l’école du courage et de l’abnégation…

G.   jusqu’à 14 ans

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FICHE TECHNIQUE DU LIVRE


Edition :   HACHETTE

Idéal-Bibliothèque   Numéro de Référence : 87

ILLUSTRATIONS DE JACQUES PECNARD
Magnifiques illustrations en 4 Couleurs pleine page hors-texte et,
et noir & blanc in texte non annotées.

« C’est mon père qui a fait tout cela! »   p. 7
« Halte! »   p. 11
Un galop furieux dépassa bêtes et gens.   p. 40 & 41
Une émotion intense les transportait.   p. 51
Le navire, harcelé de toutes part, faisait front.   p. 63
Les garçons besognaient de l’épée.   p. 72 & 73
Il s’agissait de se libérer des liens.   p. 77
« Maître Kabbilius, je cherchais… »   p. 101
Jean-Blaise vit des formes rapides traverser l’horizon.   p. 119
« Personne ne touche le grand maître. »   p. 145
Les premiers à sortir furent les chevaliers…   p. 153
« L’office m’appelle, mon fils, je veux te bénir. »   p. 177
Léon X leva la main et bénit son peuple.   p. 181
« Et vous m’envoyez à lui, Seigneur! »   p. 185

Dépôt légal n° 4136
  4e trimestre 1955.

IMPRIMÉ EN BELGIQUE
PAR LA S.I.R.E.C., LIEGE

Livre épuisé chez l’ Editeur

Copyright 1955 by Librairie Hachette.
Tous droits de traduction, de reproduction
et d’adaptation réservés pour tous pays.

Reliure :   relié sur cartonnage à dos rond, fers spéciaux.
Présentation sous jaquette illustrée couleurs à double volets avec texte.
Imprimé en Belgique
par la S.I.R.E.C., Liège

EXTRAIT   Le perroquet pourpre   page 64


Le perroquet pourpre by Marie MOREAU-BELLECROIX

  LA CARAQUE Santa-Anna, toutes voiles dehors, élevait sur sa coque noire, ornée d’un listel rouge, ses cinq étages au-dessus de l’eau. Les navires ancrés dans le port de Fréjus, flûtes marchandes, tartanes et chebecs, galéasses pourtant hautes sur le flot, paraissaient auprès d’elle chaloupes de pêche. L’artimon de la caraque elle-même n’atteignait pas la hauteur de sa proue majestueuse. On disait que six hommes se tenant par la main ne pouvaient embrasser son grand mât.
  Les Sarrasins ne se consolaient pas d’avoir perdu cette bastille flottante qu’ils appelaient la Reine de la mer. Elle leur avait été ravie, du temps où Emeri d’Amboise était grand maître de l’ordre, par le chevalier de Gastineau, commandeur de Limoges, alors qu’elle faisait route vers Candie, chargée d’épices des Indes et de soieries.
  Le capitaine de la Santa-Anna, un des plus réputés de la Religion, fit un chaleureux accueil aux novices de la Caravane et les logea dans le château de poupe.
  « Mais tout le navire est vôtre, messires », ajouta-t-il avec une souriante courtoisie.
  Un quartier-maître emmena Siphorien, sa grande cage à la main, vers l’entrepont pour lui désigner sa couchette parmi celles de l’équipage. Il resta bouche bée de stupéfaction quand le valet, insensible à la compagnie des matelots, demanda d’être logé dans la cale.
  « Tudieu, camarade, pourquoi préférer les sacs et les rats aux joyeux propos des drilles, sans même un sabord pour recevoir un brin de soleil?
  – C’est, répondit Siphorien, que je ne veux gêner personne. Mon oiseau rouge a parfois des démangeaisons de jacasser. Non que sa causerie soit offensante, attendu qu’on n’y comprend goutte, mais sa voix est plus grinçante que toutes vos poulies réunies. »
  Vers trois heures de relevée, la brise fraîchit. Le capitaine donna l’ordre de hisser la grande enseigne à la corne du mât et de lever l’ancre.
  La caraque s’ébranla, gonflant ses voiles dorées de hâle. Sa silhouette imposante, étroite du haut, ronde et souple, glissa lentement hors de la rade, fendant de son étrave l’eau bleue qui rejaillissait en gerbe écumeuse.

  Massés sur le pont, les futurs chevaliers de Saint-Jean regardaient s’élargir la séparation, reculer la terre et les maisons des hommes. Une émotion intense les transportait. Enfin le grand départ! La rupture avec les routines, le saut hors de l’enfance! Jean-Blaise était peut-être le seul à déceler la pointe d’ingratitude mêlée à ce bonheur d’abandonner. Mais l’ingratitude est la rançon nécessaire de l’aventure, et rien de haut ni de hardi ne doit être freiné par un regret.
  Quand la côte eut disparu, les garçons tournèrent leurs regards émerveillés sur le vaisseau. Les Provençaux, orgueilleux de leur savoir, nommaient pour ceux des terres intérieures les moindres détails du gréement et des superstructures, ne leur faisant grâce du moindre cordage, des moindres saillies du pont entre les gaillards. Plus qu’à l’énumération des mots nouveaux, ils prirent plaisir à découvrir ce monde dansant, creusé, hérissé, fourmillant. Sous le regard amusé des marins, ils couraient de tribord à bâbord, se penchant sur les rambardes, sautant par une écoutille dans l’entrepont, arpentant les coursives des deux étages situés au-dessous de la flottaison, grimpant aux échelles, et fort tentés d’escalader les enfléchures pour aller rejoindre la vigie dans la hune.
  Les premières journées du voyage ne suffirent pas à épuiser la joie des découvertes. Peu leur important que le vent mollit. Ils trouvaient au contraire, dans cette circonstance, l’occasion d’admirer le passionnant spectacle des manœuvres, d’aider au travail des bordées avec une bonne volonté un peu gauchz qui les laissait, le soir, fourbus, écorchés et fiers.
  Le capitaine applaudissait en riant à leurs exploits et les invitait, le souper achevé, à venir se délasser sur le gaillard d’avant où il avait coutume de prolonger les causeries.
  La caraque était immobile, comme posée sur un plat d’étain, sous la lune qui, dans un ciel sans nuage, semblait veiller sur le sommeil du vent.
  « Moi qui me représentais un vaisseau, disait un jeune Bourguignon, comme une bulle tressautant sur le vin qui fermente dans la cuve, et qui m’attendais à être roulé d’un bord à l’autre en retenant mon âme entre mes dents! »
  Un grand éclat de rire secoua les épaules du capitaine.
  « Je vous conseille de vous en tenir à cette idée, mon ami. La mer est faite pour bouger. Ne vous fiez pas à ses paresses, souvent sournoises. D’ici Tunis, vous aurez le loisir de perdre pied. »
  Une exclamation générale salua ce renseignement.
  « Tunis? Nous voguons vers Tunis?
  – Pas d’une traite. Nous toucherons d’abord la Sardaigne pour y débarquer une partie de notre cargaison, et nous ferons voile ensuite vers Syracuse. Mais c’est à Tunis que j’ai mission de vous conduire. Une galère de la Religion vous y attendra pour vous mener plus loin.
  – Tunis! répéta Jean-Blaise. C’est donc terre amie?
  – Certes, étant terre chrétienne. Ignorez-vous que les Espagnols la détiennent pour l’heure? Ils y règnent, à la vérité, une main sur le pommeau de l’épée et l’autre sur l’aviron, car les Barbaresques sont comme des arcs toujours tendus. Mais nous ne devons pas négliger les avantages d’une trêve heureuse, dût-elle n’être que cela. Le maître des vents aidant, nous ferons escale en terre d’Afrique où flotte l’étendard de la Croix.
  Et il essuya de ses baisers les larmes qui coulaient.
  En ce moment, un coup de tonnerre effroyable éclata; tout s’écroula avec fracas; le prince vit la belle fée et le Paradis merveilleux s’enfoncer peu à peu dans une nuit épaisse, jusqu’à ce qu’enfin ils ne parurent plus que comme une petite étoile dans le lointain. Un froid mortel pénétra tous ses membres, il ferma les yeux et tomba par terre comme inanimé.
  Une pluie froide qui mouillait son visage et un vent piquant qui sifflait autour de sa tête le rappelèrent à lui. « Qu’ai-je fait? s’écria-t-il en gémissant; j’ai péché comme Adam; pour moi comme pour lui le Paradis est perdu. »
  Et, ouvrant les yeux, il vit au loin une étoile qui brillait comme la dernière lueur du Paradis englouti. C’était l’étoile du matin qui apparaissait dans le ciel. Puis, jetant ses regards autour de lui, il se trouva dans la grande forêt, près de la caverne des Vents, et vit leur vieille mère assise à son côté. Elle paraissait en colère et lui dit d’un ton menaçant :
  « Quoi! déjà le premier soir! Je m’en doutais, si tu étais mon fils, je te mettrais dans le sac.
 

Reproduction interdite

PRODUCT DETAILS
Publisher HACHETTE   IDEAL-BIBLIOTHEQUE
Numéro de Référence 87
Dépôt Légal   Dépôt légal Dépôt légal n° 4136 4e trimestre 1955.
Language Français
Paperback 190 pages
Table des Matières Non
ISBN-10 Non
EAN Code Barre Non
Item Weight 382 g
Dimensions 145 x 205 x 16 mm

LIENS   UTILES
COLLECTION   HACHETTE   Idéal-Bibliothèque pelline ivoire.

Illustrations

Jacques PECNARD

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