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Infirmière dans la jungle by Margaret RUTHIN Hachette Idéal-Bibliothèque Dépôt légal 1958

Présentation de l’Editeur


DEUX jeunes filles se rencontrent fortuitement à Rangoon.
  L’une, Française, Marcelle, est la fille d’un médecin qui effectue des recherches sur les épidémies en Extrême-Orient. L’autre, Anglaise, Jane, est de passage en malaisie, où un de ses oncles, propriétaire de vastes plantations, lui offre l’hospitalité, ainsi qu’au docteur français et à sa fille.
  Un incident imprévu vient bouleverser la paisible existence des jeunes filles : un avion de ligne s’abat en pleine jungle et fort loin des plantations de l’oncle…
  Il faut aussitôt se porter au secours des rescapés, s’il y en a. Mais les retrouver, de nuit et dans l’inextricable forêt, n’est pas une petite affaire. Aux dangers de toutes sortes que comporte la jungle mystérieuse s’ajoute bientôt l’action de redoutables bandits…
  Elles ont heureusement pour allié Naga, l’éléphant, dont la merveilleuse intelligence va leur être d’un précieux secours…

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FICHE TECHNIQUE DU LIVRE


Edition :   HACHETTE

TEXTE FRANÇAIS DE JACQUES BRÉCARD

L’ÉDITION ORIGINALE DE CE ROMAN
A PARU EN LANGUE ANGLAISE
CHEZ FREDERICK WARNE & Cie, LONDRES,
SOUS LE TITRE :
 
  JUNGLE NURSE

Collection : Idéal-Bibliothèque   Numéro de Référence : 147

ILLUSTRATIONS DE GASTON DE FRANÇOIS BATET
Magnifiques illustrations en 4 Couleurs pleine page hors-texte annotées et,
couleurs et noir & blanc in texte.

Où as-tu volé ça?   p. 23
Jill se sentit arrachée de l’eau et soulevée.   p. 51
La nuit descendit sur la forêt.   p. 59
L’éléphant fonça tête baissée, dans la direction d’où provenait le coup de feu.   p.72 & 73
Jill put distinguer la longue carcasse de l’avion.   p. 77
« Va-t-en! disait-elle. Va-t-en, entendu? »   p. 99
On put utiliser un des lits de camp comme brancard, pour transporter les blessés.   p. 111
Des bras vigoureux la ceinturèrent.   p. 129
Boh-Thauk tira son coutelas et l’éleva au-dessus de la tête de la jeune Française.   p. 136 & 137
Il se mit à trembler au point qu’il laissa choir son revolver.   p. 145
Elle fit boire tout le monde.   p. 161
Une pluie de billets de banque, qui semblait tomber du ciel, l’environna.   p. 169
Saisissant son revolver, elle se tint prête à tirer.   p. 177
Naga emmena donc les deux amies pour cette dernière étape.   p. 189

Imprimé en France par Brodard et Taupin, Imprimeur-Relieur. Coulommiers-Paris.
52289 – I – 6724.

Dépôt légal n° 6516.   2e trim. 1958.

© Librairie Hachette, 1958.
Tous droits de traduction, de reproduction,
et d’adaptation réservés pour tous pays.

Reliure :   relié sur cartonnage à dos rond, fers spéciaux
BRODARD-TAUPIN-RELIURE
Présentation sous jaquette à double volets avec texte
Imprimé en France
par BOUCHY – Paris

Livre épuisé chez l’ Editeur.

EXTRAIT   Infirmière dans la jungle, by Margaret RUTHIN   page 37


LE MESSAGER DE L’AUBE
Infirmière dans la jungle by Margaret RUTHIN

  LORSQUE les premières lueurs de l’aurore commencèrent à dissiper la brume accrochée aux arbres des vallées, nul n’aurait pu rêver d’un site plus paisible que le camp de Dick Ormond, connu dans toute la région sous le nom de « camp des Éléphants ». Les mille bruits nocturnes de la jungle s’étaient apaisés, et Marcelle et Jill dormaient profondément, tandis qu’autour de leur hutte des sansonnets sautillaient dans l’herbe en quête de quelque nourriture. Non loin de là, Naga, le gros éléphant, se prélassait dans le lit de la rivière et profitait du peu d’eau qui y restait pour se désaltérer et s’arroser le corps d’un air satisfait.
  Cependant, tout le monde ne dormait pas, car, au-dessus de la hutte de cuisine, une mince colonne de fumée s’élevait droit dans le ciel. U-Shwe et son fils avaient cuit un repas pour les dacoits, qui demeuraient cachés dans la forêt; seul leur chef se trouvait dans la cuisine et buvait du thé en surveillant les deux serviteurs du colon.
  Or, tandis qu’il se demandait si les deux hommes blancs allaient revenir à l’aube, comme U-Shwe l’en avait menacé, voici qu’un autre indigène, envoyé par Dick Ormond, surgit de la forêt et s’avança, titubant d’épuisement, sur la piste. Ayant perdu, dès le début de sa randonnée, la lampe que lui avait confiée son maître, il était en sang, pour avoir traversé la jungle de nuit et sans lumière.
  Il se traîna jusqu’à la cuisine où on le fit asseoir et boire. Quand il eut un peu repris ses esprits, il tira de sa « longyi », sorte de blouse portée en Birmanie tant par les hommes que par les femmes, une feuille de papier soigneusement pliée. Puis, commme il avait retroussé sa longyi jusqu’à la ceinture pour faciliter sa marche, il la déroula et la laissa retomber le long de ses jambes; du coup, un paquet qui s’y trouvait caché glissa à terre, au moment même où le jeune homme déclarait :
  « Cette lettre est pour… »
  Il ne put en dire plus, car le paquet gisant à ses pieds représentait pour ses interlocuteurs quelque chose de si stupéfiant qu’ils ne l’écoutaient plus. Il s’agissait en effet d’une liasse de billets de banque birmans tout neufs; une bande de papier l’enveloppait et portait, imprimée, l’inscription : 200 billets de 50 roupies.
  U-Shwe, bouche bée, regarda tour à tour le paquet puis le messager, et finalement se pencha pour ramasser la liasse. Mais il arrivait trop tard; le chef des dacoits l’avait devancé. Passant son pouce sur la tranche des billets, il les fit claquer doucement. Dix mille roupies! Jamais, dans toute son existence de bandit, cet homme n’avait eu entre les mains une telle somme; pour lui, c’était une fortune! Aussi ses yeux brillèrent-ils de convoitise quand il demanda au jeune envoyé de Dick Ormond :
  « Où as-tu volé ça? »
  – Je ne l’ai pas volé! protesta l’homme, fort en colère. Voilà ce qui s’est passé! Avec Thakin Ormond et le docteur français, nous sommes arrivés sur les lieux de l’accident au milieu de la nuit. Un grand avion avait percuté une colline, arrachant beaucoup d’arbres et brisant ses ailes. La carlingue était crevée et une quantité de boîtes avaient été projetées autour de l’appareil; certaines s’étaient ouvertes et vidées sur le sol.
  – Et c’était ça qu’elles contenaient, ces boîtes?
  – Il y avait des centaines de petits paquets comme celui-ci. Je ne savais même pas que c’était de l’argent! Pensez donc! On n’y voyait pas grand-chose, et nous n’avions que quelques torches. Moi, j’ai ramassé un de ces paquets machinalement…
  – Parce que tu as pensé que tu pouvais le voler sans qu’on s’en aperçoive! déclara U-Shwe d’une voix sévère.
  – Toi, le vieux, on ne te demande rien! » coupa sèchement le chef des brigands.
  Boh-Thauk – tel était son nom – réfléchit longuement à l’extraordinaire nouvelle. Si le jeune homme ne s’était pas trompé, il devait y avoir un véritable trésor répandu autour de cet avion sinistré. Cinq ou six de ces paquets suffiraient à le rendre riche jusqu’à la fin de ses jours… Or, il était question de centaines de paquets semblables!…
  Boh-Thauk n’était pas bête et il eut tôt fait de prendre sa décision. Il disposait d’une douzaine d’hommes armés; s’il parvenait à l’avion accidenté avant l’arrivée des secours officiels, il s’emparerait sans grands risques d’une incalculable fortune. Il lui suffirait d’un feu de salve à bout portant, puis d’un assaut à l’arme blanche, pour massacrer Thakin Ormond et ses hommes. Ensuite, personne ne saurait ce qui se serait passé, car il mettrait le feu aux débris de l’avion, et les flammes supprimeraient toute trace de l’agression. Boh-Thauk et ses hommes seraient alors libres de jouir en paix de leur butin.
  Tout ce plan germa dans le cerveau du bandit, tandis qu’il achevait de boire son thé, sous les regards effrayés d’U-Shwe, de son fils et du messager. La première chose à faire, c’était de réduire ces trois hommes au silence, puis de supprimer les deux femmes blanches. Il siffla doucement, comme un oiseau, et, peu après, quatre de ses hommes se glissèrent sans bruit dans la cuisine. Toute résistance eût été vaine. Les trois serviteurs de Dick Ormond durent quitter le camp, encadrés par les dacoits; dès qu’ils eurent rejoint le reste de la bande, les prisonniers furent ligotés et jetés sous un épais taillis; deux hommes eurent mission de les surveiller jusqu’à nouvel ordre.
  Cela fait, Boh-Thauk prit avec lui son adjoint et s’en retourna vers la hutte des femmes blanches.
  « Il faudra faire vite, murmura-t-il. Le vieux m’a prévenu qu’elles sont armées et n’hésitent pas à tirer. Prépare ton coutelas! »
  Marchant sans bruit, pieds nus sur la terre brûlante, ils approchèrent de la hutte des jeunes filles et s’arrêtèrent en constatant que la porte était entrouverte. Jill venait de se réveiller et continuait de se reposer, dans cet état de demi-somnolence, si agréable lorsque rien ne nous oblige à nous lever. Marcelle dormait encore. Mais l’une et l’autre se réveillèrent complètement en entendant une voix les appeler de l’extérieur.
  « Memsahibs! leur dit Boh-Thauk, j’apporte un message de Thakin Ormond! »
  Jill sauta à bas de son lit et aurait gagné aussitôt la porte, si elle n’avait pas accroché la moustiquaire avec son ongle. Tandis qu’elle se dégageait, Marcelle, assise dans son lit, mit un doigt sur ses lèvres et secoua la tête d’un air inquiet. Jill, tournée vers elle, crut d’abord que son amie l’incitait à ne pas sortir en pyjama; elle prit donc sur une chaise sa robe de chambre de soie bleue et la revêtit.
  Mais le muet avertissement de Marcelle avait une autre cause. De son lit, elle venait d’apercevoir, par la porte entrouverte, l’adjoint de Boh-Thauk; la mine de cet individu lui déplut vivement, et bien plus encore le coutelas qu’il tenait à la main. La jeune fille, pressantant une menace, fit signe à son amie d’approcher et lui dit, dans un souffle.
  « Méfie-toi, Jill! C’est un étranger. Il a une sale tête et il est armé d’un coutelas! »
  Tout en nouant la ceinture de sa robe de chambre, Jill revint à son lit et prit sous l’oreiller le pistolet de son oncle; puis, chaussant ses mules, elle s’approcha lentement de la porte qu’elle ouvrit.
  « Memsahib, dit Bob-Thauk, un messager est arrivé! »
  Pendant quelques secondes, un silence lourd suivit cette déclaration du bandit; de même que son adjoint, il tenait à la main un coutelas, mais Jill, en paraissant sur le seuil, avait braqué son revolver sur les étrangers; au moindre geste hostile qu’ils esquisseraient, elle pouvait les tuer tous les deux sur place. Aussi ne bougèrent-ils pas, et ce fut la jeune fille qui rompit le silence. Sa voix, sans trembler, se fit plus rauque, car, à la vue des deux hommes, elle sentit sa gorge se serrer : ils avaient vraiment un air sinistre.
 

Reproduction interdite
 

PRODUCT DETAILS
Publisher HACHETTE   IDEAL-BIBLIOTHEQUE
Numéro de Référence 147
Dépôt Légal 52289 – I – 6724.   Dépôt légal n° 6516.   2e trim. 1958.
Language Français
Paperback 188 pages
Table des Matières Oui
ISBN-10 Non
EAN Code Barre Non
Item Weight 350 g
Dimensions 145 x 205 x 16 mm

LIENS   UTILES
COLLECTION   HACHETTE   Idéal-Bibliothèque pelline ivoire.

Illustrations

François BATET

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