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La petite sœur, by Hector MALOT Hachette Idéal-Bibliothèque Dépôt légal 1954

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FICHE TECHNIQUE DU LIVRE


Edition :   HACHETTE

Collection : Idéal-Bibliothèque

ILLUSTRATIONS DE A. CHAZELLE
Couleurs pleine page hors-texte annotées et,
couleurs et noir & blanc in texte.

« Je crois que vous êtes mieux.»   p. 19
« Comment vous portez-vous, ma tante? »   p. 33
Le déjeuner fut donc très gai.   p. 45
« Annoncez le comte de Mussidan.   p. 65
« Quel bonheur! Je serai votre femme! »   p. 73
Une vieille calèche qui remonte à l’antiquité.   p. 97
« Veuillez attendre votre tour. » .   p. 104 & 105
Alors, il tira un papier de sa poche et le lui montra.   p. 113
Geneviève se mettait au clavecin.   p. 125
Faré avait l’air de dessiner.   p. 145
« Eh bien, tu te plais au bord de la rivière? » .   p. 152 & 153
A « Sylvie », il a applaudi tout le temps.   p. 161
« Pourquoi ne la mariez-vous pas? »   p. 169
Sa robe était un vrai trésor en vieux point d’Alençon.   p. 189

  Dépôt légal n° 2529,   4e trimestre 1954.

IMPRIMÉ EN BELGIQUE
PAR LA S. I. R. E. C.   LIEGE

Copyright 1954 by Librairie Hachette

Tous droits de traduction, de reproduction
et d’adaptation réservés pour tous pays.

ÉDITION REVUE POUR LA JEUNESSE.

Reliure :   Relié sur cartonnage à dos rond, fers spéciaux.
Présentation sous jaquette à double volets illustrée couleurs recto & verso
Imprimé en France
par BOUCHY – Paris

Livre épuisé chez l’Editeur

EXTRAIT   La petite sœur, by Hector MALOT page 63


TROISIÈME PARTIE
La petite soeur by Hector MALOT

  LE SUCCÈS de Geneviève avait été assez grand, assez bruyant, pour réaliser les espérances de gains conçues par sa famille.
  Elle avait été demandée dans quelques salons, et, grâce à la publicité que Faré lui avait faite, allant dans tous les journaux, elle s’était trouvée à la mode. « Nous aurons la petite Mussidan. »
  Et, quand « la petite Mussidan » avait joué quelque part, c’était le lendemain de nouvelles démarches de Faré pour célébrer ses triomphes. On eût été assurément moins facile pour une jeune fille de talent, qu’on ne l’était pour une enfant. Mais les espérances qui ne s’étaient pas réalisées, c’étaient celles de Geneviève même on n’avait point eu à faire faire de belles robes pour Mme de Mussidan, car ce n’était point la mère qui accompagnait la fille, c’était le père.
  La place de « la comtesse » n’était pas dans le monde; elle n’eût pas su s’y présenter, ni surtout y représenter; avec elle le nom de Mussidan eût été compromis, et puis, considération non moins importante, elle eût perdu du temps. Puisque c’était à elle qu’il appartenait de subvenir aux dépenses de la maison, on n’allait pas changer ces habitudes prises. Continuer de travailler n’est pas dur; ce qui est pénible, c’est de commencer. Mieux valait la laisser à sa besogne.
  A chacun sa tâche tandis que la mère travaillait à la maison pour les besoins de la famille, le père prendrait sur son sommeil pour conduire sa fille dans le monde, où il se présentait non en père d’artiste, mais en gentilhomme, ce qui était utile à l’enfant.
  La première maison où Geneviève avait paru avait été celle de la marquise de Lucillière, et ce début avait été très habilement choisi pour la lancer, car la marquise, à l’affût des curiosités et des personnalités en évidence qui pouvaient jusqu’à un certain point remplacer l’entrain, la jeunesse et la beauté que l’âge lui avait enlevés, avait l’un des salons les plus en vue du Tout-Paris élégant, et c’était être à la mode que d’être reçu chez elle. C’était par l’entremise de Faugerolles, sollicité par Sébastien, que cette exhibition avait été arrangée; et comme Mme de Lucillière n’avait rien à refuser à son couturier, le maître de sa vie, elle avait accepté de montrer ce petit prodige à ses amis et elle avait promis de lui donner deux cents francs.
  Quand M. de Mussidan, accompagné de Geneviève, était arrivé à l’hôtel de Lucillière, il ne s’était point présenté en père d’artiste; mais, prenant son air superbe, il avait dit aux valets de l’antichambre d’annoncer le comte de Mussidan, pour aller saluer la marquise, asez stupéfaite de ces manières, mais trop indulgente et trop dédaignneuse en même temps pour s’en fâcher.
  Cependant il s’était trouvé des gens moins indulgents et moins dédaigneux qui n’avaient point accepté que le père de la pianiste qu’ils engageaient et qu’ils payaient prît ces façons chez eux. Ceux-là avaient été blessés qu’il se conduisit en invité, prenant la première place dans le salon comme s’il était un personnage, s’asseyant aux tables de jeu aussi bien qu’à celles du souper, et toujours, en tout et partout, avec des airs superbes, ne s’occupant de sa fille que pour recevoir les compliments qu’on adressait à celle-ci, et les faire siens, exactement comme il faisait siens les dix louis qu’il empochait. Dans ces maisons on s’était contenté d’avoir « la petite Mussidan » une fois, et, pour se débarrasser de son père, on ne l’avait pas priée de revenir.
  Cependant l’exposition des portraits de Geneviève aux vitrines des marchands de musique, les concerts publics, les réclames de Faré en faveur de Mlle de Mussidan, de la grande famille des Mussidan et des Puylaurens, enfin tout ce qu’on avait combiné, essayé, n’avait pas fait que l’héritière des Mussidan et des Puylaurens fût plus demandée dans les salons. C’était même le contraire qui s’était produit à mesure que le talent était venu, la vogue avait diminué.
« Un vrai talent, la petite Mussidan.
  – Et cependant elle ne joue plus nulle part.
  – Dame! il y a le père. Comment voulez-vous qu’on introduise chez soi une jeune fille qui ne peut venir que flanquée de son père, un bonhomme qui s’imagine vous faire honneur en entrant chez vous, et qui se conduit comme un souverain en visite chez l’un de ses sujets. C’est insupportable. Et pour lui faire accepter le cachet de sa fille, que de cérémonies, que de grimaces! »
  Cela avait été un grand chagrin pour Geneviève; elle n’était donc bonne à rien; les belles espérances qui l’avaient soutenue dans son travail d’être utile à sa mère et à son père n’étaient donc que des rêveries de petite fille?
  Que répondre à son père lorsqu’il lui reprochait de n’être plus demandée dans le monde?
 « Je voudrais bien que tu m’expliques, une fois pour toutes, comment tu avais des engagements à onze ans et comment tu n’en as plus à quatorze. Tu avais donc plus de talent à ce moment que tu n’en as maintenant?
  – N’est-il pas tout naturel que je ne sois pas à quatorze ans ce que j’étais à onze? Je ne suis plus un petit prodige, si j’en ai jamais été un. Combien de pianistes ont plus de talent que moi.
  Si tu ne devais pas en avoir plus que tous tes rivaux, ce n’était pas la peine de commencer. »
  Mais si Geneviève se taisait avec son père, elle n’avait pas la même retenue avec Faré, son confident.
  C’était une habitude qui s’était peu à peu établie pour la mère et la fille de monter tous les dimanches rue Girardon, excepté une fois par mois, où elles allaient à Asnières. Et cependant Geneviève n’était plus la petite fille joueuse qu’elle avait été à onze ans. Elle jouait bien encore en arrivant, après avoir été embrasser M. Couicouic; mais ce n’était plus la même rage de mouvement, de tourbillonnement. Au bout de quelques instants son besoin de se dépenser se calmait, et c’était paisiblement qu’elle se promenait avec Faré en causant, pendant que les deux mères restaient assises sous le porche de la maison, les regardant.
  Bien souvent maintenant ils étaient seuls, les hasards et les exigences de la vie ayant dispersé la famille Gueswiller : Florent était sous-chef d’orchestre au casino de Luchon; Salomé et Auguste faisaient partie comme harpiste et comme violoncelliste d’une troupe qui parcourait l’Amérique; Lutan jouait dans l’hiver aux concerts Pasdeloup et dans l’été au Jardin d’Acclimatation; enfin Sophie, qui pendant la semaine courait les quatre coins de Paris pour donner ses leçons, était bien aise de se reposer le dimanche et de jouir du plaisir de ne rien faire.
  C’était le moment où Geneviève contait ses peines et ses inquiétudes à son ami. La précocité qu’elle avait montrée pour la musique, elle l’avait en tout, pour les choses de l’esprit aussi bien que pour celles du sentiment. On grandit vite en serre, et c’était vraiment en serre qu’elle avait été élevée. Aussi était-elle sensible à des idées et à des préoccupations qui ne sont pas ordinairement celles d’un enfant de son âge.
  C’était cela que, dans ses confidences, elle exprimait le plus souvent à Faré, parlant gravement, mais toujours avec cette douce modestie qui était sa nature même et un sourire résigné qui éclairait sa physionomie un peu sérieuse.
  « Mauvaise semaine encore, je ne suis pas sortie.
  – Mais vous avez joué dans le concert de Mme Bobelli.
  – Pour le plaisir, pour la gloire, et j’ai été bien heureuse de jouer avec un pareil entourage. Je veux dire que je peux jouer ainsi tous les soirs sans que cela change la situation de la maison. J’aurais eu tant de bonheur à gagner assez pour que ma mère ne travaille plus, et pour que mon père ne souffre pas de toutes ces petites économies auxquelles il est réduit! J’avais fait tant de beaux rêves, j’avais si bien arrangé les choses quand je travaillais pour avoir mon prix; c’est cela qui me soutenait, qui me donnait du courage. Et rien.
  – Cela viendra.
  – Quand? Ce n’est pas seulement le présent qui me tourmente, c’est l’avenir, c’est surtout l’avenir. Car l’héritage de la tante de Cordes, moi je n’y crois pas du tout.
Pourquoi mourrait-elle, ma tante? elle n’a que soixante-dix ans; et puis pourquoi me laisserait-elle sa fortune? Elle ne me connaît pas. On donne à ceux qu’on aime, n’est-ce pas?
  – Elle s’occupe de vous, au moins.
 

Reproduction interdite
 

PRODUCT DETAILS
Publisher HACHETTE Idéal Bibliothèque   numéro : 20/1276/3
Numéro de Référence Néant
Dépôt Légal   Dépôt légal n° 2529,   4e trimestre 1954
Language Français
Paperback 191 pages
Table des Matières Non
ISBN-10 Non
EAN Code Barre Non 978 2010028151
Item Weight 345 g
Dimensions 145 x 205 x 18 mm

LIENS   UTILES
FORUM   LIVRES D’ENFANTS Hector Malot – En famille
Mer 04 Juin 2025 11:04   par Gouzi
INA   22 JANV. 2008 On tourne « En famile » à Lille.
GALLICA   BnF Hector MALOT   (1830-1907) 21 Septembre 2020.
LES AMIS D’HECTOR MALOT Bibliographie des oeuvres d’Hector MALOT
LITTERATURE AUDIO.COM Romain Kalbris
MOUVEMENT EUROPEEN 76 Parcours Européens à Rouen.
SENS   CRITIQUE Les Adaptations au Cinéma : Hector Malot
COLLECTION   HACHETTE   Idéal-Bibliothèque pelline ivoire.

 

Du même Auteur

Hector MALOT

https://fr.wikipedia.org/wiki/Hector_Malot

Hector-Henri Malot dit Hector Malot, né le 20 mai 1830 à La Bouille et mort le 18 juillet 1907 à Fontenay-sous-Bois, est un romancier français. LIRE LA SUITE

Illustrations

Albert CHAZELLE

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