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Vol de nuit, by Antoine de SAINT-EXUPERY Hachette Ideal Bibliothèque Dépôt légal 1960

Présentation de l’Editeur


ASSAILLI par la tempête, un pilote erre dans la nuit. L’essence diminue, les messages radio ne lui parviennent plus… Une étoile surgit, il se dirige vers elle… Est-il sauvé ou perdu?
 

  Sur cette terre de Patagonie qu’il a quittée, dans ces aérodromes brillamment éclairés qu’il ne voit plus, ses camarades d’hier attendent, anxieux, son retour. Parmi eux se dresse la grande figure de celui qui a voulu ces liaisons aéropostales, ce Rivière qui s’est assigné pour tâche de forger des pilotes capables de dominer les éléments incertains, et les imperfections de leurs machines. Un de ces hommes auxquels l’aviation doit d’être ce qu’elle est aujourd’hui.
 

  Ressuciter dans sa poignante simplicité ces quelques heures d’une lutte permanente exigeait la plume de l’un de ceux qui la vécurent. Saint-Exupéry, qui devait un jour, lui aussi, disparaître en plein ciel et qui, dans la servitude de son métier de pilote, sut découvrir la liberté de l’âme et la grandeur de l’homme, a réalisé dans Vol de Nuit un inoubliable chef-d’œuvre dont les saisissantes images resteront longtemps empreintes dans les mémoires.

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FICHE TECHNIQUE DU LIVRE


Edition :   HACHETTE
Idéal – Bibliothèque

ILLUSTRATIONS DE JEAN RESCHOFSKI
Couleurs et noir & blanc pleine page hors – texte, annotées, et
couleurs et noir & blanc in texte.

Quelquefois il croisait une ferme perdue. p. 17
Les dix minutes d’escale écoulées, Fabien dut repartir. p. 21
« Ça tenait trop dur, mais je l’ai eu. » p. 29
« Paierez à boire!. » et il descendit. p. 35
Il franchissait, paisible, la Cordillère… p. 37
Il lui sembla que ces arêtes viraient et dérivaient. p. 38
« Il est dur, pensait l’inspecteur, d’être un juge. » p. 47
… Et les mécaniciens l’avaient laissé flétrir sa propre ignorance. p. 55
« On trouve les mêmes au Brésil… » p. 63
La nuit lui apparut vide comme un théâtre sans acteur. p. 69
En face d’eux, une lueur de forge. p. 73
« J’ai éclairé mes mains pour les voir. » p. 79
« C’est moi qui ai fait le montage du premier avion d’Argentine. » p. 88 & 89
« Monsieur le directeur, le 650 est en piste. » p. 93
Ces larges épaules pesaient contre le ciel. p. 101
« Je me sentais au fond d’un grand trou. » p. 107
Fabien essayait d’interpréter les lueurs confuses. p. 115
Mais Rivière hésitait en face de ce rayonnement. p. 123
Rivière venait d’apparaître. p. 127
Elle n’écoutait plus. p. 137
C’était la mer. p. 145
La clarté était telle qu’elle l’éblouissait p. 152 & 153
La femme de Fabien regardait avec crainte autour d’elle. p. 163
Les opérateurs de veille, en blouse blanche… p. 171
Le lion, même abattu, l’intimidait. p. 177
« Cet imbécile de Rivière s’imagine que j’ai peur! »

Dépôt légal 1636  
1er tri 60

IMP. OFFSET
LEVALLOIS

– IV – 2348

© LIBRAIRIE GALLIMARD, 1931
et
LIBRAIRIE HACHETTE, 1956

Tous droits de traduction, de reproduction
et d’adaptation réservés pour tous
pays.

Reliure :   relié sur cartonnage à dos rond, fers spéciaux.
Présentation sous Jaquette illustrée couleurs à double volets avec texte.
Imprimé en France
par BOUCHY – Paris

EXTRAIT   Vol de nuit   page 53


Vol de nuit by, Antoine de SAINT-EXUPERY -image

  OR ROBINEAU ce soir était las. Il venait de découvrir, en face de Pellerin vainqueur, que sa propre vie était grise. Il venait surtout de découvrir que lui, Robineau, malgré son titre d’inspecteur et son autorité, valait moins que cet homme rompu de fatigue, tassé dans l’angle de la voiture, les yeux clos et les mains noires d’huile. Pour la première fois Robineau admirait. Il avait besoin de le dire. Il avait besoin surtout de se gagner une amitié. Il était las de son
voyage et de ses échecs du jour, peut-être se sentait-il même un peu ridicule. Il s’était embrouillé, ce soir, dans ses calculs en vérifiant les stocks d’essence, et l’agent même qu’il désirait surprendre, pris de pitié, les avait achevés pour lui. Mais surtout il avait critiqué le montage d’une pompe à huile du type B-6, la confondant avec une pompe à huile du type B-4, et les mécaniciens sournois l’avaient laissé flétrir pendant vingt minutes « une ignorance que rien n’excuse », sa propre ignorance.
  Il avait peur aussi de sa chambre d’hôtel. De Toulouse à Buenos Aires, il la regagnait invariablement après le travail. Il s’y enfermait, avec la conscience des secrets dont il était lourd, tirait de sa valise une rame de papier, écrivait lentement « Rapport », hasardait quelques lignes et déchirait tout. Il aurait aimé sauver la Compagnie d’un grand péril. Elle ne courait aucun péril. Il n’avait guère sauvé jusqu’à présent qu’un moyeu d’hélice touché par la rouille. Il avait promené son doigt sur cette rouille, d’un air funèbre, lentement, devant un chef d’aéroplace, qui lui avait d’ailleurs répondu : « Adressez-vous à l’escale précédente : cet avion-là vient d’en arriver. » Robineau doutait de son rôle.
  Il hasarda, pour se rapprocher de Pellerin :
  « Voulez-vous dîner avec moi? J’ai besoin d’un peu de conversation, mon métier est quelquefois dur…
»
  Puis corrigea pour ne pas descendre trop vite :
  « J’ai tant de responsabilités! »
  Ses subalternes n’aimaient guère mêler Robineau à leur vie privée. Chacun pensait :
  « S’il n’a encore rien trouvé pour son rapport, comme il a très faim, il me mangera. »
  Mais Robineau, ce soir, ne pensait guère qu’à ses misères : le corps affligé d’un gênant eczéma, son seul vrai secret, il eût aimé le raconter, se faire plaindre, et, ne trouvant point de consolations dans l’orgueil, en chercher dans l’humilité.
  « Alors, vous dînez avec moi? »
  Pellerin, débonnaire, accepta.
 

  LES secrétaires somnolaient dans les bureaux de Buenos Aires, quand Rivière entra. Il avait gardé son manteau, son chapeau, il ressemblait toujours à un éternel voyageur, et passait presque inaperçu, tant sa petite taille déplaçait peu d’air, tant ses cheveux gris et ses vêtements anonymes s’adaptaient à tous les décors. Et pourtant un zèle anima les hommes. Les secrétaires s’émurent, le chef de bureau compulsa d’urgence les derniers papiers, les machines à écrire cliquetèrent.
  Le téléphoniste plantait ses fiches dans le standard, et notait sur un livre épais les télégrammes.
  Rivière s’assit et lut.
  Après l’épreuve du Chili, il relisait l’histoire d’un jour heureux où les choses s’ordonnent d’elles-mêmes, où les messages, dont se délivrent l’un après l’autre les aéroports franchis, sont de sobres bulletins de victoire. Le courrier de Patagonie, lui aussi, progressait vite : on était en avance sur l’horaire, car les vents poussaient du sud vers le nord leur grande houle favorable.
  « Passe-moi les messages météo. »
  Chaque aéroport vantait son temps clair, son ciel transparent, sa bonne brise. Un soir doré avait habillé l’Amérique. Rivière se réjouit du zèle des choses. Maintenant ce courrier luttait quelque part dans l’aventure de la nuit, mais avec les meilleures chances.
  Rivière repoussa le cahier.
  « Ça va. »
  Et sortit jeter un coup d’œil sur les services, veilleur de nuit qui veillait sur la moitié du monde.
 

  Devant une fenêtre ouverte, il s’arrêta et comprit la nuit. Elle contenait Buenos Aires, mais aussi, comme une vaste nef, l’Amérique. Il ne s’étonna pas de ce sentiment de grandeur : le ciel de Santiago du Chili, un ciel étranger, mais une fois le courrier en marche vers Santiago du Chili, on vivait, d’un bout à l’autre de la ligne, sous la même voûte profonde. Cet autre courrier maintenant dont on guettait la voix dans les écouteurs de T. S. F., les pêcheurs de Patagonie en voyaient luire les feux de bord. Cette inquiétude d’un avion en vol quand elle pesait sur Rivière, pesait aussi sur les capitales et les provinces, avec le grondement du moteur.
  Heureux de cette nuit bien dégagée, il se souvenait de nuits de désordre, où l’avion lui semblait dangereusement enfoncé et si difficile à secourir. On suivait du poste radio de Buenos Aires sa plainte mêlée au grésillement des orages. Sous cette gangue sourde, l’or de l’onde musicale se perdait. Quelle détresse dans le chant mineur d’un courrier jeté en flèche aveugle vers les obstacles de la nuit!
 

  Rivière pensa que la place d’un inspecteur, une nuit de veille, est au bureau.
  « Faites-moi chercher Robineau. »
  Robineau était sur le point de faire d’un pilote son ami. Il avait, à l’hôtel, devant lui déballé sa valise; elle livrait ces menus objets par quoi les inspecteurs se rapprochent du reste des hommes : quelques chemises de mauvais goût, un nécessaire de toilette, puis une photographie de femme maigre que l’inspecteur piqua au mur. Il faisait ainsi à Pellerin l’humble confession de ses besoins, de ses tendresses, de ses regrets. Alignant dans un ordre misérable ses trésors, il étalait devant le pilote sa misère. Un eczéma moral. Il montrait sa prison.
  Mais pour Robineau, comme pour tous les hommes, existait une petite lumière. Il avait éprouvé une grande douceur en tirant du fond de sa valise, précieusement enveloppé, un petit sac. Il l’avait tapoté longtemps sans rien dire. Puis desserrant enfin les mains :
  « J’ai ramené ça du Sahara… »
  L’inspecteur avait rougi d’oser une telle confidence. Il était consolé de ses déboires et de toute cette grise vérité par de petits cailloux noirâtres qui ouvraient une porte sur le mystère.
  Rougissant un peu plus :
  « On trouve les mêmes au Brésil… »
  Et Pellerin avait tapoté l’épaule d’un inspecteur qui se penchait sur l’Atlantide.
  Par pudeur aussi Pellerin avait demandé :
  « Vous aimez la géologie?
  – C’est ma passion. »
  Seules, dans la vie, avaient été douces pour lui, les pierres.
  Robineau, quand on l’appela, fut triste, mais redevint digne.
  « Je dois vous quitter, M. Rivière a besoin de moi pour quelques décisions graves. »
  Quand Robineau pénétra au bureau, Rivière l’avait oublié. Il méditait devant une carte murale où s’inscrivait en rouge le réseau de la Compagnie. L’inspecteur attendait ses ordres. Après de longues minutes, Rivière, sans détourner la tête, lui demanda :
 

Reproduction interdite
 

PRODUCT DETAILS
Publisher HACHETTE   IDEAL – BIBLIOTHEQUE
Numéro de Référence 112
Dépôt Légal – IV – 2348   Dépôt légal 1636   1er tri 60.
Language Français
Paperback 187 pages
Table des Matières Non
ISBN-10 Non
EAN Code Barre Non
Item Weight 371 g
Dimensions 150 x 205 x 14 mm

Du même Auteur dans Collection HACHETTE
IDÉAL   BIBLIOTHÈQUE       VOL DE NUIT 1956   PILOTE DE GUERRE 1957
 
BIBLIOTHÈQUE   HACHETTE    TERRE DES HOMMES  

LIENS   UTILES
COLLECTION   HACHETTE   Idéal-Bibliothèque pelline ivoire.

 

Du même Auteur

Antoine de SAINT-EXUPERY

https://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_de_Saint-Exupry

Antoine de Saint-Exupéry, né le 29 juin 1900 à Lyon[1] et disparu en vol le 31 juillet 1944 au large des côtes de Marseille, est un aviateur, écrivain, poète et reporter français.
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Illustrations

Jean RESCHOFSKY

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