Le Docteur MARCH marie ses filles by Louisa May ALCOTT Hachette Idéal-Bibliothèque n° 91 Dépôt légal 1957
Présentation de l’Editeur
LES célèbres sœurs March sont maintenant des jeunes filles.
La guerre terminée, le docteur rentré dans le cercle de sa famille, les retrouve grandies, aux prises avec de nouveaux problèmes, mais n’ayant rien perdu de leur spontanéité, de leur fraîcheur, de leur désir de bien faire…
Que de péripéties attendent Meg, l’aînée, dans sa vie d’épouse et de mère de famille! Jo, la seconde, préfère écrire des romans plutôt que de fonder un foyer, mais un jour elle trouvera la solitude bien pesante… Beth, l’ange du foyer, lutte pour guérir de la longue maladie qu’elle a contractée un hiver de guerre. Amy, coquette et artiste, rêve d’éblouir le monde par ses talents et ses succès.
Il y aura aussi ce voyage en Europe offert par tante Carrol. Laquelle en profitera? Et le riche et séduisant Laurie, qui épousera-t-il?
Succès et déboires, espoirs, projets, soucis, joies et plaisirs! La vie ne cesse jamais d’être palpitante pour les sœurs March…
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FICHE TECHNIQUE DU LIVRE
Edition : HACHETTE
Idéal – Bibliothèque Numéro de Référence : 91
TEXTE FRANÇAIS DE DENISE HAMOIR
CE LIVRE EST ADAPTÉ DU ROMAN
PARU EN LANGUE ANGLAISE
SOUS LE TITRE :
GOOD WIVES
ILLUSTRATIONS DE GILLES VALDÈS
Couleurs pleine page hors – texte, annotées, et
couleurs et noir & blanc in texte.
Mme March s’arrêta médusée. p. 21
« Ma chérie! Que se passe-t-il? » p.33
Meg drapa artistement la ravissante soierie. p. 41
Cette vision était si belle que je ne l’oublierai jamais… p. 65
Sitôt qu’il eut le dos tourné, Jo s’esquiva. p. 77
Il y eut aussi un bal masqué… p. 88 & 89
Lassie allait par monts et par vaux… p. 79
Une calèche conduite par une dame seule l’arracha à sa rêverie. p. 113
L’enfant avait l’air parfaitement satisfait de lui-même. p. 125
Meg cousait placidement. p. 129
Amy s’était remise à dessiner avec colère. p. 136 & 137
Toute la famille se précipita dans la pièce. p. 163
Toute la famille avait son opium sur la nature des sentiments de Jo. p. 171
« Me permettez-vous de vous accompagner? » p. 177
L’air résonne de chants et de cris de joie. p. 185
Dépôt légal n° 5805
2e trimestre 1957
IMPRIMÉ EN BELGIQUE
par la S. I. R. E. C. – LIEGE
© LIBRAIRIE HACHETTE, 1955
Tous droits de traduction, de reproduction
et d’adaptation réservés pour tous pays.
Reliure : Relié sur cartonnage à dos rond, fers spéciaux.
Présentation sous jaquette illustrée couleurs à double volets, avec texte.
Imprimé en Belgique
par la S. I. R. E. C., Liège
Livre épuisé chez l’Editeur
EXTRAIT Le Docteur March marie ses filles page 29

COMME tant d’autres jeunes femmes, Meg avait décidé, au lendemain de son mariage, de se montrer parfaite maîtresse de maison. La cuisine était son plus grand souci et elle en étudiait les recettes comme des problèmes d’arithmétique dont la solution dépendait d’une application méticuleuse de toutes les données. Il en résulta des repas si fastueux qu’il lui fallait appzler sa famille à la rescousse pour achever les plats.
Mais un jour, vérifiant les livres de compte, John vint doucher cet enthousiasme. Une période de restrictions débuta alors, pendant laquelle le pauvre homme dut se contenter de viande hachée, de pudding au pain, et de café rebouilli. Il faut reconnaître qu’il accepta l’épreuve avec une admirable force d’âme.
C’est alors que Meg, dans son louable souci d’économie, résolut de faire elle-même ses conserves et comença par les confitures. John fut chargé de commander une douzaine de pots et une quantité supplémentaire de sucre. Les groseilles du jardin étaient mûres. Il n’y avait plus une minute à perdre.
Très fier des talents de « ma femme », et convaincu qu’elle était capable de réussir n’importe quelle besogne, John envisagea avec plaisir l’agréable perspective de voir les récoltes de son jardin transformées en pots de confiture soigneusement alignés sur les planches, dans l’attente de l’hiver.
Pour flatter « ma femme » il commanda quatre douzaines de pots, un demi-tonneau de sucre et un petit garçon pour cueillir les groseilles.
Meg se mit à l’œuvre. Ses cheveux relevés sous un petit bonnet bien blanc, ses manches retroussées jusqu’au coude, un tablier à bavette coquettement noué autour de sa taille, elle ne douta plus du succès. N’avait-elle pas vu des centaines de fois Hannah faire ce travail? La rangée de bocaux vides était assez impressionnante, mais John aimait tellement la gelée de groseilles que Meg résolut de les remplir tous et consacra sa journée entière à égrainer, peser, faire cuire, passer ses groseilles. Elle se donna un mal terrible, consulta tous ses livres de cuisine, se remémora tout ce qu’elle avait vu Hannah faire et ne pas faire : son jus de fruit se refusait obstinément à prendre une allure de confiture. Elle rajouta du sucre, remit la bassine sur le feu, fit réduire le jus mais, quoi qu’elle pût faire, la confiture récalcitrante ne voulait pas prendre.
La jeune femme avait grande envie de courir réclamer l’aide de sa mère, mais il avait été décidé, en accord avec John, qu’ils ne demanderaient jamais à la famille d’intervenir dans leurs difficultés personnelles. Mme March, consultée, leur avait donné raison et, jusqu’à ce jour, cet engagement solennel avait été respecté. Malgré le désespoir qui l’envahissait, Meg résista cette fois encore à la tentation, mais à cinq heures du soir, au milieu de sa cuisine bouleversée, elle se laissa choir sur une chaise, complètement désemparée, et, plongeant son visage dans ses mains enduites de sirop rouge, se mit à pleurer amèrement.
Or, dans son ardent désir de réussir sa nouvelle vie, elle avait souvent dit :
« Mon mari doit, autant qu’il lui plaira, pouvoir inviter ses amis en toute liberté. Je serai toujours prête à les recevoir et, même si je ne suis pas prévenue d’avance, ils trouveront une maison bien arrangée, une femme accueillante et un bon dîner. »
Cette perspective l’enchantait, tandis que John, ravi, se félicitait intérieurement d’avoir épousé une femme aussi compréhensive que zélée. Mais l’occasion de mettre en pratique ces bonnes dispositions ne s’était pas encore présentée.
Il aurait été impardonnable à John d’avoir justement choisi ce jour-là – parmi tous les jours de la vie – pour lancer une invitation à l’improviste, s’il n’avait eu l’excuse d’avoir totalement oublié la confection des confitures. Mais, si inconcevable que cela puisse paraître, il n’y songeait absolument pas lorsque, sortant de son bureau, il rencontra M. Scott.
Tout au plaisir d’imaginer la bonne impressionque celui-ci éprouverait en voyant la charmante Meg accourir au-devant de son mari, à travers la petite pelouse si verte, et de s’asseoir dans la salle à manger, si confortable, devant un repas ponctuellement servi à l’heure, il entraîna son ami chez lui, avec toute la naïve joie d’un jeune marié heureux de pouvoir se montrer un hôte accueillant.
Ce monde est fait de déceptions. Si John ne l’avait pas encore su, il l’aurait appris ce jour-là, en arrivant.
La porte d’entrée, toujours hospitalièrement ouverte, était non seulement close, mais fermée à clef. La boue de la veille se voyait encore sur les marches du perron. Les fenêtres du salon étaient fermées et les rideaux tirés. La gracieuse silhouette de Meg dans son ample robe blanche, avec une rose à la ceinture et un charmant petit nœud dans les cheveux, ne se profilait nulle part. Aucune aimable hôtesse ne s’avançait au-devant de l’invité pour lui souhaiter la bienvenue d’un sourire tout à la fois timide et avenant. Non. Personne n’était visible auprès de cette maison morte, si ce n’est un garçon aux mains et aux joues sanguinolentes, endormi sous les groseilliers.
« Je crains qu’il ne soit arrivé quelque chose, murmura John, effrayé de ce silence et de cette solitude. Voulez-vous faire un tour dans le jardin, Scott, pendant que je cherche Mme Brooke? »
Conduit par une odeur de sucre brûlé, John contourna la maison et pénétra dans la cuisine.
M. Scott s’écarta discrètement, un sourire amusé au coin des lèvres, et se tint à une certaine distance. Mais, de là, il pouvait tout voir et tout entendre et, étant lui-même célibataire, il prit le plus vif plaisir à la scène qui se déroula ensuite.
La confusion et le désespoir régnaient en maîtres dans la cuisine : une première tournée de confiture versée et reversée dans les bocaux, les recouvrait extérieurement autant qu’intérieurement d’un liquide gluant dont les coulées abondantes cascadaient de la table jusqu’au carrelage du sol. De la bassine, posée sur le fourneau, s’élevaient une abondante fumée et une prenante odeur de caramel qui remplissaient la pièce. Au beau milieu de ce désordre, Mme Brooke, écrasée par le désastre, pleurait désespérément.
« Ma chérie! Que se passe-t-il? » s’écria John, imaginant aussitôt que sa femme s’était ébouillanté les mains, ou avait reçu de mauvaises nouvelles. Et son angoisse se doublait d’une secrète consternation à la pensée de l’invité attendant au jardin.
« Oh! John. Je suis fatiguée, si malheureuse et j’ai si chaud! Venez à mon secours, par pitié! »
Et Meg se jeta au cou de son mari, oubliant que son tablier était aussi couvert de confiture que le carrelage de sa cuisine.
« Qu’est-ce qui peut vous mettre dans un état pareil, Meg chérie? Ne pleurez pas! Je peux tout supporter, sauf cela!
– La gelée ne veut pas prendre! Et je ne sais ce qu’il faut faire! »
John Brooke éclata d’un rire joyeux et, dans son coin, le sarcastique Scott ne put retenir un involontaire sourire.
« N’est-ce que cela? se récria John. Jetez le tout par la fenêtre et n’y pensez plus! Je vous achèterai des kilos de confiture, mais pour l’amour du Ciel calmez-vous et retrouvez votre sourire, car j’ai amené Jack Scott pour dîner et… »
Reproduction interdite
| PRODUCT DETAILS | |
|---|---|
| Publisher | HACHETTE IDEAL-BIBLIOTHEQUE |
| Dépôt Légal | Dépôt légal n° 5805 2e trimestre 1957 |
| Language | Français |
| Paperback | 190 pages |
| Table des Matières | Oui |
| ISBN-10 | Non |
| EAN Code Barre | Non |
| Item Weight | 355 g |
| Dimensions | 145 x 205 x 16 mm |
| LIENS UTILES | |
|---|---|
| COLLECTION | HACHETTE Idéal-Bibliothèque pelline ivoire. |
| Louisa May ALCOTT | https://fr.wikipedia.org/wiki/Louisa_May_Alcott |
|---|
Illustrations
Gilles VALDES
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