ALI-BABA et les 40 voleurs by Jacques BRECARD Hachette Idéal-bibliothèque n°100 Dépôt légal 1955
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FICHE TECHNIQUE DU LIVRE
Edition : HACHETTE
Numéro de Référence : 100
ILLUSTRATIONS DE RESCHOFSKY
Couleurs pleine page hors-texte annotées et,
noir & blanc in texte.
Cassim ordonna à son frère de seller un mulet. p. 17
Le petit vieillard ne tarda pas à la rouer de coups de bâton. p. 29
Leur chef avait une allure et des gestes de prince. p. 49
Le tableau qui s’offrait à leurs yeux n’était certes pas banal.« . » p. 56 & 57
Morgiane demeurait accroupie. p. 66
Morgiane s’était tenue légèrement à l’écart. p. 79
Cassim se décida à vendre chèrement sa vie. 103
« Sésame! ouvre-toi! » p. 115
Le vieux savetier se laissa donc conduire. p. 123
Le voleur s’empressa de faire une marque sur la porte. p. 135
Le capitaine des voleurs leur exposa donc son plan. p. 143
Soudain, elle tira de sa gaine le poignard qu’elle portait à la ceinture. p. 168 & 169
« Voilà quel était votre invité! . » p. 181
Les noces durèrent trois journées et trois nuits. p. 185
– Dépôt légal n° 4290
3e trimestre 1955.
IMPRIMÉ EN BELGIQUE
par la S.I.R.E.C – LIEGE
Livre épuisé chez l’ Editeur.
Edition pour la Jeunesse
Copyright 1953 by Librairie Hachette.
Tous droits de traduction, de reproduction
et d’adaptation réservés pour tous pays.
Reliure : relié sur cartonnage à dos rond, fers spéciaux.
BRODARD ET TAUPIN
RELIURE
Présentation sous jaquette à double volets avec texte illustrée couleurs.
IMPRIME EN BELGIQUE
par la S.I.R.E.C. – LIEGE
EXTRAIT ALI-BABA et les 40 voleurs by Jacques BRÉCARD page 55
ALI-BABA, soucieux de s’assurer qu’aucun des voleurs n’était resté dans la grotte, avait compté avec grand soin ceux qu’il en avait vu sortir; il ne pouvait donc douter qu’ils fussent tous partis. Néanmoins, pour plus de sûreté, il demeura encore étendu un long moment sur le sol, surveillant le défilé par lequel la troupe s’en était allée. Lorsqu’il fut certain qu’aucun des cavaliers ne revenait sur ses pas, il se leva et dit à l’esclave :
« Allah est grand, Morgiane! Comment ne pas lui rendre grâces d’avoir permis que nous puissions surprendre un secret aussi extraordinaire?
– Oui, murmura-t-elle. Dans notre malheur, c’est sans doute une grande chance. Mais que comptez-vous faire?
– J’ai bonne envie de mettre à profit ce que nous venons d’apprendre, mon enfant. Que t’en semble?
– Oh! moi, répliqua-t-elle humblement, je pense que vous êtes un sage, et que tout ce que vous déciderez sera bien.
– Bon! Alors, voici quelles sont mes intentions, dit-il. Je vais descendre au fond de cette cuvette, et, à mon tour, j’essaierai d’ouvrir la porte de la grotte, en prononçant les mêmes paroles que le chef des voleurs. Mais, si tu crains de m’accompagner, tu pourrais attendre ici que j’aie achevé ma tentative.
– ,Oh! non, s’écria Morgiane. Si vous me le permettez, je préfère ne pas vous quitter!
– Parfait. Alors, suis-moi! »
Non loin de là, se trouvait un sentier escarpé, sorte d’escalier naturel dont les marches descendaient dans le ravin; ils s’y engagèrent avec précaution et parvinrent bientôt au pied de la muraille rocheuse. Ali-Baba ne découvrit pas tout de suite l’entrée de la grotte, car elle se trouvait masquée par un mince rideau d’arbrisseaux, en sorte qu’un passant non averti ne pouvait rien déceler d’anormal en ce lieu.
Se plaçant face à la dalle, à l’endroit même où le capitaine des voleurs s’était tenu, Ali-Baba, le cœur battant, prononça alors d’une voix forte :
« SÉSAME! OUVRE-TOI! »
Aussitôt, sous les yeux écarquillés des deux voyageurs, le rocher se mit en mouvement vers la droite, roulant sur lui-même, et démasquant ainsi une profonde anfractuosité.
Ali-Baba s’attendait à trouver un repaire obscur au cœur de la montagne; mais grande fut sa surprise, en franchissant le seuil, de pénétrer dans une salle aux voûtes élevées, qui recevait le jour par une large fissure du roc. Au surplus, dès son premier coup d’œil, il ne douta point que les voleurs eussent profondément creusé de leurs mains la muraille, pour aménager leur caverne.
Suivi de Morgiane, il s’avança prudemment, retenant son souffle; mais, à peine avaient-ils fait quelques pas qu’un bruit derrière eux les cloua au sol; se retournant aussitôt, ils virent la porte dallée qui se refermait toute seule. Ali-Baba ne s’en alarma pourtant pas, comptant bien obtenir le déplacement de la dalle, lorsqu’il déciderait de sortir.
« Quelles splendeurs! » s’écria Morgiane, courant devant son compagnon à travers la grotte.
Le tableau qui s’offrait à leurs yeux n’était certes pas banal, et la jeune fille ne put que s’extasier devant les trésors entassés dans cette salle. Elle réagissait à leur vue comme une enfant émerveillée, mais aussi comme une femme, curieuse de contempler tant d’inimaginables richesses.
Pour Ali-Baba, ce spectacle suscita des sentiments d’une tout autre nature. N’ayant jamais lui-même possédé de grands biens, il ne pouvait sans doute se retenir, lui aussi, d’admirer un étalage aussi abondant d’objets précieux. De quelque côté qu’il se tournât, ce n’étaient que riches étoffes de soie et de brocart, tapis de grand prix, joyaux étincelants, orfèvrerie d’art; et, surtout, il y avait là une incroyable profusion de pièces d’or et d’argent; d’énormes couupes en contenaient en vrac des masses incalculables, tandis qu’en d’autres coins de la caverne des piles de sacs entassés s’élevaient le long des murs. Ali-Baba n’eut pas de peine à constater que beaucoup de ces sacs, peu volumineux mais très lourds, étaient également remplis de pièces de monnaie.
Mais, en découvrant de tels trésors, comment n’eut-il pas songé aux innombrables pillages dont ils étaient le fruit : il devait y avoir des années que l’on entreposait là ce butin. Aussi l’émerveillement d’Ali-Baba n’eut-il rien de commun avec celui de Morgiane, car il s’y mêla une insurmontable horreur. Il lui sembla que toutes ces richesses étaient rouges du sang de ceux à qui on les avait volées : l’attaque de la caravane lui avait en effet prouvé combien les brigands se souciaient peu d’épargner la vie même de leurs victimes.
« Oui, sans doute, dit-il à Morgiane, ce sont des splendeurs! Mais n’oublie pas que tout cela fut volé, pillé, arraché souvent au prix de leur vie, à ceux qui en étaient les légitimes propriétaires!
– Je le sais, répondit-elle, songeuse. Ce n’est pas la première fois, aujourd’hui, que je suis victime de brigands…
– Ah! vraiment? Il faudra que tu me racontes cela. Mais ne nous attardons pas ici. Voici ce que je vais faire. Allah m’est témoin que je n’ai jamais causé de tort à qui que ce soit. Mais je crois que si j’emporte une petite partie de cet immense trésor, allah ne m’en blâmera pas. Je ne perdrai pas de temps à rechercher dans cet entassement de sacs ceux que l’on m’a volés. Je vais sortir de la caverne deux sacs de pièces d’or que nous chargerons sur le mulet. Et, de cette façon, si nous retrouvons Selim, je pourrai lui donner ce qu’il demande.
– Oh! que je suis heureuse! s’écria la jeune fille. Alors, vraiment, vous voulez bien me garder?
– ,Oui, mon enfant, dit Ali-Baba, c’est maintenant chose entendue. Et, pour sceller notre accord, voici ce que ces messieurs les voleurs t’offrent par ma main! »
Ce disant, il se pencha sur une large coupe pleine de joyaux de toutes espèces, et il en retira un collier d’ambre à gros grains qu’il passa au cou de Morgiane.
« Comme vous êtes bon! murmura-t-elle, la gorge serrée par l’émotion.
– Et maintenant, allons-nous-en vite! » répliqua-t-il, coupant court aux remerciements.
Ainsi qu’il l’avait décidé, il prit l’un après l’autre deux sacs d’or qu’il apporta devant la porte. Puis il cria d’une voix forte, comme la première fois :
« SÉSAME! OUVRE-TOI! »
De même qu’elle l »avait fait peu auparavant, la dalle s’enfonça dans la paroi du rocher. Ali-Baba sortit aussitôt, ayant mis l’un des sacs sur son épaule, tandis que Morgiane l’aidait à porter l’autre à la main.
Dès qu’il fut dehors, il posa par terre son fardeau et se retourna face à la muraille. Puis il s’écria :
« SÉSAME! REFERME-TOI! »
Et, pour la dernière fois, la porte de la grotte reprit sa place naturelle. Ali-Baba s’empressa, dès lors, de remonter l’un après l’autre les deux sacs en haut du rocher. Il avait eu soin de prendre dans la grotte quelques grosses cordes, grâce auxquelles il put attacher son chargement à sa selle. Quand il eut achevé ce travail, il alla couper des branches de feuillage et il en recouvrit les sacs; ainsi dissimulés sous ce bois, ils ne risqueraient pas d’attirer l’attention.
La journée était déjà très avancée lorsque, leurs préparatifs terminés, les voyageurs commencèrent à redescendre les pentes abruptes. Cette extraordinaire aventure leur avait pris beaucoup de temps; de plus, le mulet ne pouvait progresser que très lentement dans la descente, à cause de sa charge. Aussi, n’atteignirent-ils qu’au soir tombant les derniers contreforts de la montagne, d’où l’on pouvait apercevoir au loin les lumières de la capitale. Mais il leur fallait tabler encore sur deux grandes heures de route; c’est pourquoi Ali-Baba préféra s’arrêter et chercher sur place un refuge pour y passer la nuit.
Il choisit, à cet effet, une petite vallée encaissée, où il trouva, non loin d’une rivière aux eaux limpides, un abri naturel formé d’un amas de rochers entassés. Le ruisseau lui permit, tout d’abord, de nettoyer la blessure de Morgiane, et de s’assurer ainsi que la plaie était en voie de guérison. Puis, quand il eut, avec une gratitude particulière, remercié Allah dans la prière du soir, il tira de sa poche un paquet, et dit à la jeune esclave :
Reproduction interdite
| PRODUCT DETAILS | |
|---|---|
| Publisher | HACHETTE IDEAL – BIBLIOTHEQUE |
| Numéro de Référence | 100 |
| Dépôt Légal | Dépôt légal n° 4290 3e trimestre 1955. |
| Language | Français |
| Paperback | 189 pages |
| Table des Matières | Oui |
| ISBN-10 | Non |
| EAN Code Barre | Non |
| Item Weight | 360 g |
| Dimensions | 150 x 205 x 14 mm |
| LIENS UTILES | |
|---|---|
| COLLECTION | HACHETTE Idéal-Bibliothèque pelline ivoire. |
Illustrations
Jean RESCHOFSKY
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