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La fille de Montézuma by H. RIDER HAGGARD Hachette Idéal-Bibliothèque Dépôt légal 1954

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FICHE TECHNIQUE DU LIVRE


Edition :   HACHETTE

Idéal – Bibliothèque

TRADUCTION DE RENÉ LÉCUYER

ILLUSTRATIONS DE JEAN SIDOBRE
Couleurs pleines pages hors – texte, et
couleurs et noir & blanc in texte.

Le gourdin que j’avais entre les mains était solide.   page 11
Je lui racontai mon aventure.   page 39
Nous fûmes assaillis par une violente tempête.   page 47
Le requin, furieux, s’élança hors de l’eau.   page 65
Montézuma plia humblement le genou devant moi.   page 77
Je m’aperçus que ma visiteuse était la princesse Otomie.   page 87
Les Espagnols avançaient le long de la grande rue.   page 95
Les Espagnols attaquaient le téocalli.   page 104 & 105
Tête baissée, ils se ruaient vers les épées menaçantes.   page 109
Otomie s’efforçait de me dissimuler ses larmes.   page 131
Otomie s’habilla de l’affreuse robe qui lui répugnait tant.   page 145
Nous les reçûmes avec une volée de flèches.   page 156
Je la transportai dans l’un des bâtiments attenant au temple.   page 168 & 169
Garcia chancela à deux reprises.   page 173

Dépôt légal n° 2332   2e trimestre 1954.

IMPRIME EN BELGIQUE
par la   S. I. R. E. C. – LIEGE

© Copyright 1954 by LIBRAIRIE HACHETTE,
Tous droits de traduction, de reproduction
et d’adaptation réservés pour tous pays.

Reliure :   Relié sur cartonnage à dos rond, fers spéciaux.
Présentation sous jaquette à double volets, avec texte.
IMPRIME EN BELGIQUE
par la S.I.R.E.C.- LIEGE

Livre épuisé chez l’Editeur

EXTRAIT   La fille de Montézuma   page : 84


LE CHOIX DES ÉPOUSES
La fille de Montézuma by H. RIDER HAGGARD

  LES jours qui suivirent furent de sombres jours pour Tenochtitlan. Chaque soir, la lueur sinistre et blafarde reparaissait dans le ciel, et il n’était plus question, par la ville, que de nouveaux phénomènes, que d’autres présages extraordinaires et que de chimériques histoires relatives aux Espagnols. Mais le plus inquiet et le plus triste de tous était encore Montézuma lui-même. Depuis qu’on lui avait apporté la fatale nouvelle, il ne mangeait plus, ne dormait plus, et on le voyait sans cesse errer à travers les salles du palais comme une âme en peine. A la fin, à force de réfléchir et de retourner la question dans son esprit, il finit par s’aviser que, puisque j’étais moi-même un Teule, je pourrais, par conséquent, lui fournir peut-être les indications qu’il souhaitait connaître. Un soir donc, vers l’heure du couchant, il me fit mander auprès de lui et m’invita à l’accompagner à travers ses jardins.
  « Teule, me dit-il enfin, après avoir longtemps marché auprès de moi en silence, parle-moi de tes compatriotes, et explique-moi pourquoi ils sont venus ainsi sur les rivages de mon empire. Mais surtout prends bien garde de ne prononcer aucune parole qui ne soit la vérité même.
  – Ce ne sont point mes compatriotes, ô Montézuma, bien que ma mère soit née dans leur pays.
  – Ne t’ai-je point ordonné de ne parler qu’en toute vérité, Teule? Si ta mère était leur compatriote, il faut bien que tu le sois aussi, car n’es-tu point de la même chair et du même sang?
  – Comme il plaira au roi », répondis-je en m’inclinant.
  Et je me mis à lui raconter ce qu’étaient les Espagnols et jusqu’où s’étendaient leur puissance, leur cruauté et leur ambition.
  Il m’écouta très attentivement, puis me demanda :
  « Mais pourquoi viennent-ils ici, en ce pays d’Anahuac?
  – Hélas! ô roi, sans doute pour s’en emparer ou à tout le moins pour anéantir ses croyances et le dépouiller des trésors qu’il recèle.
  – En ce cas, que me conseilles-tu de faire, Teule? Comment puis-je me défendre contre ces hommes bardés de fer, montés sur des animaux sauvages, et armés d’instruments dont le seul bruit, comparable à celui du tonnerre, foudroie par centaines leurs ennemis?
  – S’il m’est permis, à moi qui ne suis qu’un dieu, de répondre au seigneur de la terre, je lui dirai que le conseil qu’il réclame est facile à donner. Oppose la force à la force. Les Teules sont en petit nombre, et il t’est facile de réunir d’assez grandes armées pour mettre des milliers d’hommes en face de chacun des leurs. Cours-leur sus sans perdre un instant, et au lieu de tergiverserjusqu’à ce que leurs actions d’éclat leur aient conquis des alliés, écrasse-les dès à présent.
  – Voilà le conseil que me donne celui dont la mère était Teule! s’écria-t-il d’un ton amer et sarcastique. Mais alors, explique-moi maintenant, ô docte conseiller, comment je m’y prendrai pour savoir si, en les combattant, je ne livre point bataille aux dieux, et pour comprendre quelles sont les véritables intentions de ces hommes ou de ces dieux dont je ne parle point la langue et qui ne parlent point la mienne?
  – C’est très simple, ô Montézuma. Moi, je parle leur langue; envoie-moi le leur demander. »
  Une folle espérance venait de naître en mon cœur à cette pensée, car je me disais que, si je pouvais rejoindre les Espagnols, j’aurais de grandes chances d’échapper à l’autel des sacrifices.
  Montézuma me considéra pensivement un instant, puis reprit :
  « Crois-tu que je suis assez niais, Teule, pour t »nvoyer auprès de tes compatriotes afin que tu leur rapportes mes craintes et mes faiblesses, et que tu leur apprennes de quelle façon ils doivent s’y prendre pour me vaincre? T’imagines-tu donc que je n’ai pas déjà deviné que tu es un espion chargé par eux de te procurer sur place les indications qui leur manquent? Je m’en suis douté dès le début, et par Huitzel! si tu n’étais déjà promis à Tezcat, on verrait dès demain ton cœur fumant sur les autels. Méfie-toi car, si tu tentais encore de me circonvenir de pareille façon, ta fin pourrait être plus prompte que tu ne le penses. Me méfiant de toi comme je le faisais, je ne t’ai demandé avis qu’à seule fin de pouvoir faire le contraire de ce que tu me dirais et puisque tu me conseilles de combattre les Teules, je les recevrai à bras ouverts en les comblant de compliments et de cadeaux, car je me rends très bien compte que ton seul et unique but est de me pousser à ma perte! ».
  Pendant que nous conversions de la sorte, le soleil avait peu à peu décliné, et les ombres de la nuit s’étaient rapidementamoncelées autour de nous. Cependant quelques dernières lueurs s’attardaient encore sur les volcans Popocatepetl et Iztac, dont elles teintaient d’un rouge vif les sommets neigeux. Or, voici que nous eûmes tout à coup l’impression que « la Femme-qui-dort » se soulevait lentement, comme on se soulève lorsque l’on sort du sommeil. Puis, tandis que, palpitants d’émotion, nous la regardions ainsi, il nous sembla que dans un grand geste douloureux, ses deux bras s’étendaient sur la ville. Au même instant, la nuit l’enveloppa et la fit disparaître.
  « Tu as vu, Teule? balbutia l’empereur atterré. Ne trouves-tu pas que j’ai lieu d’avoir peur, alors que de tels présages s’offrent journellement à mes yeux? Ecoute plutôt les lamentations qui s’élèvent de la ville : nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette vision. Ecoute le peuple crier d’épouvante, et les prêtres battre leurs tambours pour éloigner le mauvais sort. Pleure, ô mon peuple! Priez et faites des sacrifices, ô mes prêtres! En effet, l’heure approche où les destins doivent s’accomplir. O Tenochtitlan, la reine des cités, je te vois déjà plongée dans la ruine et la désolation, je vois déjà tes palais ravagés par l’incendie, tes temples profanés, tes jardins redevenus des terres en friche. Je vois toute la fleur de ta noblesse réduite en esclavage; je vois tes canaux rougis par le sang de tes enfants, et tes barrières obstruées par l’amoncellement de leurs cadavres. De toutes parts, la mort t’environne, l’opprobre te guette et la désolation est prête à s’abattre sur toi. Adieu, reine des cités, berceau de mes ancêtres, où je fus moi-même élevé! »
  Ainsi délirait Montézuma, parlant à tort et à travers, comme un homme faible et pusillanime que la terreur égare. Impressionnés et inquiets, ses hauts dignitaires, qui n’avaient cessé de le suivre de loin, se rapprochèrent de quelques pas. Alors, tout à coup, au paroxysme de la douleur et de l’angoisse, Montézuma, avec des gestes de dément, se mit à s’arracher les cheveux, à lacérer ses riches vêtements royaux, et, saisi d’une véritable folie, finit par s’affaisser sur le sol, où il se débattit en d’horribles convulsions. On le transporta aussitôt dans son palais, et, pendant trois jours et trois nuits, il y resta enfermé.
  Plusieurs mois s’écoulèrent entre la date de ma divinisation et celle de l’entrée des Espagnols dans Mexico. Durant tout ce temps, la plus vive fermentation ne cessa de régner dans la ville, Montézuma avait envoyé à Cortez ambassades sur ambassades pour lui offrir d’immenses trésors en or et en pierres précieuses, et en le suppliant de se retirer, sans se rendre compte, l’insensé, que ces richesses n’étaient en réalité qu’un appât de plus pour le conquérant. Cortez lui faisait de courtoises réponses et des cadeaux de peu de valeur. Mais c’était tout.
  Bientôt la marche en avant des envahisseurs commença. L’empereur apprit avec consternation la défaite de la tribu guerrière des Tlascalans qui, quoique ennemis héréditaires et acharnés de Montézuma, avaient cependant essayé de résister à l’incursion des Blancs. Puis vint la décevante nouvelle que ces mêmes Tlascalans vaincus étaient passés à l’ennemi et s’étaient faits les serviteurs et les alliés des Espagnols; des milliers de leurs guerriers les plus farouches, assurait-on, marchaient maintenant avec Cortez sur la ville sacrée de Cholula. Peu de temps après, on apprit que Cholula avait été mise à sac et ses dieux renversés dans leurs temples. De prodigieuses légendes couraient sur les Espagnols, sur leur courage et leur puissance, sur les armures dont ils étaient vêtus, sur le fracas de tonnerre que produisaient leurs armes dans la bataille, et sur les animaux sauvages qu’ils montaient. Une fois, on envoya à Montézuma les têtes de deux Blancs capturés au cours d’une escarmouche, deux grosses têtes hirsutes et féroces, auxquelles on avait adjoint une tête de cheval. A la vue de ces épouvantables trophées, Montézuma faillit s’évanouir de frayeur; néanmoins, il donna l’ordre qu’on les exposât sur les tours du grand temple, et il lança une proclamation par laquelle il annonçait que pareil sort serait réservé à quiconque tenterait d’envahir le pays. Mais, en attendant, la plus vive confusion n’en régnait pas moins dans les affaires de l’Etat. Les hauts dignitaires, les grands prêtres, les rois amis des provinces limitrophes, tout le monde tenait conseil pour élaborer des plans de défense. Chacun proposait une idée. Mais, en fin de compte, c’étaient toujours les mêmes tergiversations et le même désarroi.
 

Reproduction interdite

PRODUCT DETAILS
PublisherHACHETTE   IDEAL-BIBLIOTHEQUE
Dépôt Légal   Dépôt légal n° 2332   2e trimestre 1954.
LanguageFrançais
Paperback188 pages
Table des MatièresOui
ISBN-10Non
EAN Code BarreNon
Item Weight282 g
Dimensions145 x 205 x 16 mm

LIENS   UTILES
COLLECTION   HACHETTE   Idéal-Bibliothèque pelline ivoire.
Henry RIDER HAGGARD

https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Rider_Haggard
Henry Rider Haggard, né le 22 juin 1856 dans le comté du Norfolk et mort le 14 mai 1925 à Londres, est un écrivain anglais, auteur de romans d’aventures. Ses livres se déroulent fréquemment dans des pays exotiques et sont à l'occasion influencés par l'ésotérisme. Ses récits, qui s’inscrivent dans la veine la plus accessible de la littérature victorienne et incluent les dix-huit aventures d’Allan Quatermain (à commencer par Les Mines du roi Salomon), restent populaires et influents à ce jour. LIRE LA SUITE

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Jean SIDOBRE

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