Capitaines courageux by Rudyard KIPLING Hachette Idéal-Bibliothèque n°95 Dépôt légal 1957
Présentation de l’Editeur
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FICHE TECHNIQUE DU LIVRE
Edition : HACHETTE
Idéal-Bibliothèque Numéro de Référence : 95
L’ÉDITION ORIGINAL DE CE ROMAN
A PARU EN LANGUE ANGLAISE
SOUS LE TITRE :
« CAPTAINS COURAGEOUS »
ILLUSTRATIONS DE JEAN RESFOFSKY
Couleurs pleine page hors – texte, annotées, et
couleurs et noir & blanc in texte.
Harvey alluma d’un geste fanfaron cet objet peu appétissant. p. 09
Dan versa l’homme sur le pont. p.33
La poignée vint frapper Harvey sous le menton. p. 45
Manuel sortit une charmante réduction de la Lucy Holmes. p. 65
« Ce modèle réduit, j’ai mis un mois à le faire ». p. 69
Disko commença la vieille complainte p. 72 & 73
L’homme à barbe grise continuait à hurler. p. 81
Le petit We’re Here se plaignit comme un être humain. p. 83
Il y eut une bataille qui fit rage. p. 87
Harvey apprit à conduire la goëlette. p. 95
« Bonsoir », dit Disko. p. 113
« Nous en avons trouvé un, nous aussi. » p. 125
Les doris eurent conscience que les honneurs leur restaient. p. 136 & 137
Harvey avait montré à Dan un télégramme. p. 145
Harvey représentait les intérêts du patron. p. 157
Mrs. Cheyne se jeta presque dans les bras du brave Manuel. p. 165
Dépôt légal : 5807
4e trimestre 1957
IMPRIMÉ EN BELGIQUE
par la S. I. R. E. C. – LIEGE
© LIBRAIRIE HACHETTE, 1955
Tous droits de traduction, de reproduction
et d’adaptation réservés pour tous pays.
Reliure : Relié sur cartonnage à dos rond, fers spéciaux.
Présentation sous jaquette à double volets, avec texte.
Imprimé en Belgique
par la S.I.R.E.C., Liège
Livre épuisé chez l’Editeur
EXTRAIT Capitaines courageux
LES deux garçons eurent par la suite de nombreuses conversations. Dan expliqua à Harvey pourquoi il baptiserait le bateau de ses rêves du même nom que son doris. Harvey reçut mainte confidence sur la véritable Hattie de Gloucester. Il vit une boucle de ses cheveux, que Dan, constatant combien vaines étaient les supplications, avait fini par lui chiper, l’hiver passé, à l’école, quand elle était assise devant lui. Il vit aussi une photographie : Hattie avait environ quatorze ans; elle professait un mépris sans réserve pour les jeunes garçons et n’avait cessé, tout l’hiver, de piétiner comme à plaisir le cœur du pauvre Dan. Tout cela fut révélé sous le sceau du secret le plus solennel, sur les ponts enlumés, dans le silence de la nuit ou dans l’épaisseur étouffante du brouillard, entre la roue qui gémissait, le pont qui dressait sa pente devant eux, et la mer, tout autour, qui faisait entendre sa clameur incessante.
Bien entendu, quand les deux gamins eurent vraiment fait connaissance, il y eut une bataille qui fit rage de la proue à la poupe jusqu’à ce que Penn montât pour les séparer. Il promit, du reste de ne rien dire à Disko, car le patron estimait qu’il était pire encore de se battre que de dormir lorsqu’on était de quart. Harvey, d’ailleurs, n’était pas de taille à se mesurer avec Dan, mais il faut reconnaître à son éloge, ce qui en dit long sur sa nouvelle éducation, qu’il reconnut loyalement sa défaite.
Avant cela, il avait été victime d’une attaque de furoncles sur l’avant-bras, là où le jersey trempé et le ciré vous entrent dans la chair. L’eau salée piquait de façon extrêmement désagréable, mais, quand ils furent mûrs, Dan les traita avec le rasoir de Disko et assura Harvey qu’il était maintenant sacré vieux pêcheur des Grands Bancs, le furoncle sur l’avant-bras étant la marque distinctive de cette honorable caste.
Harvey n’était qu’un gamin, et un gamin fort occupé; aussi ne se cassait-il pas la tête outre mesure. Il était très affligé à l’idée du chagrin que devait avoir sa mère, il avait envie de la revoir et par-dessus tout de lui raconter les merveilles de sa nouvelle vie et la manière brillante dont il s’acquittait de ses tâches, mais en dehors de cela, il préférait ne pas se poser trop de questions ni se demander comment elle avait supporté la nouvelle de sa disparition.
Il faisait maintenant partie de la routine, sur le We’re Here; il avait sa place à table, il avait sa couchette et devait tenir son rôle dans les longs palabres des jours de mauvais temps. Les autres étaient toujours prêts à écouter ce qu’ils appelaient les « contes de fée » de sa vie à terre. Au bout de deux jours, il s’était rendu compte que personne, excepté Dan, ne croyait aux récits de sa vie passée, qui lui semblait maintenant si lointaine. Encore, la confiance de Dan était-elle mise à rude épreuve! Aussi imagina-t-il un ami, un jeune garçon dont il avait entendu parler qui conduisait à Toledo (Ohio) un drag en miniature attelé de quatre poneys, commandait cinq costumes à la fois et menait des choses appelées « cotillons » dans des réunions où l’aînée des jeunes filles n’avait pas quinze ans, mais où tous les cadeaux qu’on distribuait étaient d’argent massif. Salters protestait, déclarant que ces histoires étaient immorales, sinon franchement blasphématoires, mais il écoutait de toutes ses oreilles, comme les autres; et leurs remarques à tous finirent par donner à Harvey des idées entièrement nouvelles sur les cotillons, costumes, cigarettes à bout doré, bagues, montres, parfums, soupers fins, champagne, jeux de cartes et hôtels de grand luxe. Petit à petit, il changeait de ton en parlant de son « ami » que Long Jack avait baptisé « le Môme Cinglé », « Bébé Doré », « Rockefeller en nourrice », et autres noms d’amitié. Les pieds sur la table dans ses grandes bottes de mer, il inventait même des histoires assez peu flatteuses pour son « ami », des histoires de pyjamas de soie et de cravates que l’on fait venir exprès de Londres. Harvey savait s’adapter aux circonstances*, il gardait l’œil et l’oreille aux aguets et interprétait la moindre réaction de ses auditeurs.
Bientôt, il apprit que Disko rangeait son vieux sextant vert-de-grisé sous le traversin de sa couchette. Dès que le patron avait fait le point, Harvey bondissait dans la cabine et inscrivait la position et la date avec un clou sur le tuyau de poêle rouillé. Le mécanicien-chef du paquebot n’aurait pu faire mieux, et un quartier-maître avec vingt ans de service n’aurait pu imiter, même de loin l’air blasé avec lequel Harvey crachait dédaigneusement par-dessus bord avant d’annoncer la position de la goëlette. Tout cela ne va pas sans une certaine étiquette.
Tous les instruments dont Disko avait besoin étaient ce vieux sextant, une carte marine, Le Pilote de la Côte de Blunt et Le Navigateur de Bowditch. Il faut ajouter la grande sonde, qui était pour lui comme un œil supplémentaire; c’est avec cet instrument que Harvey faillit estropier Penn, la première fois qu’il apprit avec Tom Platt à « faire voler le pigeon bleu ». Il n’était pas assez fort pour faire des sondages un peu prolongés par grosse mer, mais Disko l’employait souvent à sonder par temps calme sur les hauts-fonds avec un poids de sept livres.
« Ce n’est pas la profondeur qui intéresse papa, disait Dan, ce sont des échantillons du fond. Graisse bien la sonde, Harvey. »
Harvey enduisait de suif le bout arrondi de l’instrument et recueillait soigneusement sable, coquillages, boue, qu’il apportait à Disko. Celui-ci palpait, reniflait, puis émettait un jugement. En effet, quand Disko pensait morue, il pensait comme une morue, et grâce à un mélange longuement éprouvé d’expérience et d’instinct, il suivait le poisson de mouillage en mouillage comme un joueur d’échec aux yeux bandés joue sur l’échiquier qu’il ne voit pas.
Mais l’échiquier de Disko, c’était le Grand Banc, c’est-à-dire un triangle de deux cent cinquante milles de côté, une immensité d’eaux en mouvement empaquetée de brouillard humide, battue par les tempêtes, harcelée de glaces à la dérive, hachée par le passage des paquebots insouciants, semée des voiles innombrables de la flottille de pêche.
Des jours durant, ils travaillèrent dans le brouillard humide – Harvey à la cloche – jusqu’au moment où le jeune garçon familiarisé avec l’opacité de l’atmosphère put sortir en doris, en compagnie de Tom Platt. Harvey était loin d’être rassuré. Le brouillard ne se levait toujours pas, mais le poisson mordait bien, et comme on ne peut pas rester six heures de suite à avoir peur et à ne rien faire, Harvey s’occupa consciencieusement des lignes, de la gaffe ou de la fourchette selon les besoins de Tom Platt. Ils regagnèrent la goëlette à l’aviron guidés par la cloche… et l’instinct de Tom, accompagnés par la conque de Manuel, qui résonnait près d’eux grêle et un peu étouffée. C’était là une expérience quasi surnaturelle, et cette nuit-là, pour la première fois depuis un mois, il vit en rêve cette surface mouvante et écumante autour du doris, ces lignes de pêche qui s’enfonçaient et se perdaient dans le néant, et le ciel et cette mer qui se confondaient à quelques mètres de l’embarcation malgré les efforts de ses yeux écarquillés.
Quelques jours plus tard, il se trouvait avec Manuel sur un fond qu’ils estimaient être profond de quarante brasses mais le câblot de l’ancre fila de toute sa longueur sans rien rencontrer : Harvey sentit un effroi mortel l’envahir, il crut avoir perdu tout contact avec la terre.
« Le Trou-de-Baleine », prononça Manuel. En voilà une bonne pour Disko! Rentrons. »
Et ils revinrent à force de rames vers la goëlette où Tom Platt et les autres étaient en train de se moquer du patron qui, pour une fois, les avaient menés sur cet abîme stérile de la Baleine, ce trou vide au milieu du Grand Banc. Ils allèrent mouiller ailleurs, à travers le brouillard, et cette fois, quand il sortit avec Manuel, Harvey sentit ses cheveux se dresser sur sa tête… Une sorte de fantôme blanc errait dans la blancheur du brouillard, soufflant une haleine glaciale, comme d’outre-tombe; il y eut un plongeon, un grondement, un
rejaillissement : c’était un de ces redoutables icebergs qui dérivent, l’été, sur le Grand Banc. Harvey, terrorisé, s’accroupit au fond du bateau, tandis que Manuel riait aux éclats.
Il y eut toutefois quelques belles journées, claires, paisibles et chaudes où il semblait que c’eût été pêché que de faire autre chose que paresser en contemplant les lignes et gifler d’un coup d’aviron les méduses errant à la surface. Il y eut aussi des jours de brise légère où Harvey apprit à tenir la barre lorsqu’ils allaient d’un mouillage à l’autre.
Un treissaillement de joie le parcourut tout entier la premiçre fois que, les mains sur les rayons de la roue, il sentit la quille lui répondre et glisser sur les lames pendant que la misaine fauchait le ciel bleu. Il trouvait cela merveilleux, en dépit de Disko, qui prétendait qu’un serpent se fût brisé l’échine à suivre son sillage. Mais la roche Tarpéienne est près du Capitole! Un jour, ils naviguaient au plus près, le foc déployé (un vieux foc, par bonheur), et Harvey entreprit de serrer le vent pour montrer à Dan à quel point de maîtrise il était parvenu, lorsque pan! la misaine passa de l’autre côté, et la vergue alla transpercer le foc que le grand étai empêchait de suivre le même chemin.
Reproduction interdite
| PRODUCT DETAILS | |
|---|---|
| Publisher | HACHETTE IDEAL-BIBLIOTHEQUE |
| Numéro de Référence | 95 |
| Dépôt Légal | Dépôt légal n° 5807 4e trimestre 1957 |
| Language | Français |
| Paperback | 189 pages |
| Table des Matières | Oui |
| ISBN-10 | Non |
| EAN Code Barre | Non |
| Item Weight | 334 g |
| Dimensions | 145 x 205 x 16 mm |
| LIENS UTILES | |
|---|---|
| COLLECTION | HACHETTE Idéal-Bibliothèque pelline ivoire. |
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Jean RESCHOFSKY
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