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La piste indienne, by Conrad RICHTER Hachette Idéal Bibliothèque Dépôt légal 1959

Présentation de l’Editeur


CHASSE, libres courses dans les forêts, chaleur du feu de camp dans la hutte de branchages, telle est la vie passionnante que mène parmi les Indiens le garçon de quinze ans héros de cette aventure. Aucune raison, pour lui, de craindre que cette existence puisse jamais finir.
  Or, un jour, des Blancs apparaissent, et les Indiens se voient contraints de leur rendre le jeune garçon. Car celui-ci n’est pas des leurs. Il est un Blanc, enlevé à ses parents à l’âge de quatre ans. Il s’appelle en réalité Johnny, et non Vrai-Fils, comme l’a nommé sa famille indienne. Quand on lui apprend qu’il va falloir partir, quitter tout ce qu’il aime, il se débat, lutte, cherche à fuir. Consentira-t-il à vivre parmi ces Blancs qu’il ne connaît pas et qu’il considère comme des ennemis? Situation tragique que la sienne!
  C’est toute l’aventure de Johhnny, partagé entre les hommes de sa race et ses frères de cœur, qui se trouve ici racontée.

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FICHE TECHNIQUE DU LIVRE


Edition :   HACHETTE

Numéro de référence 177

L’ÉDITION ORIGINALE DE CET OUVRAGE
A ÉTÉ PUBLIÉE EN LANGUE ANGLAISE
AUX ÉDITIONS ALFRED A. KNOPF, NEW YORK,
SOUS LE TITRE

THE LIGHT IN THE FOREST

TEXTE FRANÇAIS DE JEAN MURAY

Collection : Idéal-Bibliothèque

ILLUSTRATIONS DE PAUL DURAND
Couleurs pleine page hors-texte annotées et,
couleurs et noir & blanc in texte.

« J’allai trouver le colonel. p. 13
Il entendit une voix qui l’appelait. p. 23
« Je crois qu’ils sont tous myopes », dit Demi-Flèche p. 31
Le jeune Butler chevauchait en tête avec son père. p. 49
Le fier régiment restait debout. p. 65
« Au bout du comte, aucun n’échappa », répondit Cuyloga d’une voix rauque. p. 67
« Regardez-le maintenant! reprit-il. N’a-t-il pas l’attitude glacée de tous les Indiens? » p. 75
Le révérend Elder regarda les deux belles-sœurs l’une après l’autre . p. 99
« Je leur ai ordonné de se disperser et de rentrer chez eux. » p. 107
M. Butler se pencha sur lui et lui adressa quelques mots. p. 115
Il pivota sur ses talons et se mit en marche. p. 127
En un seul bond, Demi-Flèche jaillit de l’ombre où il était tapi. p. 135
La pirogue glissait, semblait-il, dans un univers irréel. p. 161
Le visage empourpré par l’exaltation, il se tenait très droit et regardait aussi loin que possible. p. 168 & 169

54566-I-1300.   Dépôt légal n° 1139,   4e trimestre 1959.

Imprimé en France par Brodard-Taupin.   Imprimeur-Relieur, Coulommiers-Paris.

© Librairie Hachette, 1959.
Tous droits de traduction, de reproduction
et d’adaptation réservés pour tous pays.

Reliure :   Relié sur cartonnage à dos rond, fers spéciaux.
Présentation sous Jaquette illustrée couleurs à double volets avec texte :
Imprimé en France
par BOUCHY – Paris

Livre épuisé chez l’Editeur.

CITATION


L’enfant prisonnier voit l’ombre qui le saisit
    Dans son logis que rien n’éclaire.
Mais, tout à coup, ô joie! est-ce encore la nuit?
      D’où vient cette lumière?
            WORDSWORTH

EXTRAIT   La piste indienne, by Conrad RICHTER page 47


VI
La piste indienne, by Conrad RICHTER -image-50-150

  QUAND Del Hardy avait aperçu le Fort Pitt à travers les arbres, il en avait jeté son bonnet en l’air. Pendant des semaines, il avait vécu dans les solitudes, parmi des sauvages. Maintenant, Dieu merci, il pouvait de nouveau poser les yeux sur un établissement construit par des Blancs. Il était ému au fond de lui-même par le spectacle des cheminées et des toits inclinés sur lesquels flottait le drapeau anglais.
 Ces murs de pierre unies avec du mortier lui parlaient, semblait-il, le langage des hommes de sa race. Anglais ou Français, ces hommes avaient construit pour rester. Cependant, le Fort Pitt ne serait pas longtemps le poste blanc le plus avancé. l Hardy avait entendu une douzaine de soldats dire que, s’ils étaient revenus à cet endroit, c’était pour défricher et mettre en valeur la riche terre noire qu’ils avaient découverte le long de la Rivière Jaune, au-delà de l’Ohio.
  Pour gravir les collines et dégringoler les pentes, Del s’était senti des pieds aussi légers que les sabots du chevreuil. Il se disait que, pour un homme blanc, rien n’est plus agréable, après avoir piétiné des jours et des jours dans l’interminable forêt, que d’atteindre enfin des terres défrichées. Et c’était la même chose en ce qui concernait les routes et les sentiers, surtout lorsque, comme lui, on avait trîné, pendant près de quatre cents kilomètres sur des pistes sauvages où l’on trébuchait sans cesse sur des racines et des rondins, où il fallait sans cesse traverser des fondrières et des marécages. Maintenant, il avait l’impression d’être soulevé par le sol ferme des chemins. Son œil se plaisait à contempler les bonnes ornières tracées par les charrettes et le zigzag familier des barrières. Dans les champs, des bestiaux pacifiques ne bougeaient même pas au passage de la colonne. Gens et bêtes, dans cette région, n’étaient pas obligés d’avoir peur de leur ombre. La main de l’homme blanc se faisait sentir jusque dans le style des étables et des granges. Les maisons respiraient la paix. Et, de partout, surgissaient des enfants, des femmes et des vieillards qui regardaient avec joie les soldats et les prisonniers arrachés aux Indiens.
  Cela s’était passé un ou deux jours plus tôt.
  Mais, hier, à Carlisle, les captifs avaient été rendus à leurs familles. On était en droit de penser qu’ils seraient heureux de ce retour au bercail…
  Ouais! Pour se convaincre du contraire, il suffisait de jeter un coup d’œil au jeune Butler qui chevauchait en tête avec son père. Il boudait comme une araignée dans son coin et faisait semblant de ne pas comprendre un traître mot de ce qu’on lui disait. A l’entendre baragouiner son charabia indien, on aurait cru que l’anglais était une langue dont il fallait avoir honte et que le delaware était le seul dialecte digne de franchir ses lèvres! Manifestement, il se considérait encore comme un sauvage et, dans son fort intérieur, il traitait de canailles et de marchands d’esclaves tous ceux qui avaient contribué à le ramener parmi les siens. Ces Indiens étaient décidément tous plus bizarres les uns que les autres. Del lui-même, dans son enfance, avait vécu parmi eux. Il connaissait leurs mœurs. Mais il ne les avait jamais vraiment comprises.
  « Enfin, nous y sommes! » se dit-il avec soulagement en apercevant le fleuve qui représentait la fin du voyage.
  Sa satisfaction était intense à la pensée qu’il approchait du moment où il en aurait fini avec cette corvée. La rivière, majestueuse, large de plus de quinze cents mètres, descendait des montagnes vers le sud. Il suffisait de laisser errer le regard sur ses eaux pour
éprouver une impression de paix émerveillée. Le bac qui les traversait était comme une preuve de civilisation et de la présence de la race blanche en ces lieux. Au nord, tout un groupe d’îles semblaient, tels des navires, descendre le courant. Et, plus au nord encore, se dessinaient les Montagnes Bleues d’où la rivière s’écoulait par des crevasses majestueuses.
  Del n’avait jamais rien vu de plus imposant. L’Ohio, plus profond, mais plus étroit, ne pouvait être comparé à cette rivière. Pourtant Vrai-Fils, qui chevauchait toujours en tête, paraissait insensible à ce spectacle. Ce fut seulement lorsqu’il se trouva sur le bac qu’il sortit de son apathie. Quand il entendit son père de race blanche dire que cette rivière s’appelait la Susquehanna, il leva vivement la tête, embrassa du regard les eaux, les champs, les maisons de l’autre rive. Puis, sur un ton dur et saccadé, il prononça quelques mots en delaware.
  « Que dit-il? » demanda le père.
  D’un air gêné, Del répondit
  « Il dit que la Susquehanna et toutes ses eaux appartiennent aux Indiens. Il dit aussi que son père indien a vécu là-bas, tout au nord, sur le bord de cette rivière où se trouvent les tombeaux de ses ancêtres. Il dit enfin qu’il a souvent entendu son père indien raconter comment la rivière et les tombeaux avaient été volés aux Indiens par les Blancs. »
  M. Butler eut une expression de lassitude.
  « Dites-lui que nous parlerons de cela plus tard. Nous sommes presque arrivés. Qu’il regarde ces collines, de l’autre côté de la rivière. Il verra Paxton. C’est là qu’il est né. »
  Del ne se donna même pas la peine de traduire. Il était certain que l’adolescent avait compris. En effet, celui-ci regardait l’autre rive avec une soudaine expression de terreur. Puis il dit, dans l’anglais approximatif des Indiens :
  « C’est le… le Peshtank des hommesblancs? »
  Son père parut enchanté de cette question. Et, dans un geste affectueux, lui posant la main sur l’épaule :
  « Oui, mon fils. Peshtank ou Paxton, c’est la même chose. Nombreux sont les habitants de Paxton, je suis fier de le dire, qui sont tes parents. »
  L’adolescent sursauta, comme s’il avait reçu un coup de fouet. Il regardait fixement les collines. Le passeur pesait sur sa perche, et l’eau formait un rouleau autour de la proue plate du bac. Les sycomores et les érables de la rive ne cessaient de grandir.
  Brusquement, avant que le bac touchât la rive, Vrai-Fils enfonça ses talons dans les flancs de son cheval et sauta avec lui dans l’eau peu profonde. Puis, le stimulant par des cris rauques, il lui fit escalader la rive escarpée à cet endroit. Si bien que, lorsque Del et M. Butler crurent le rejoindre, ils ne virent rien d’autre qu’un cavalier qui, couché sur sa monture, galopait à une distance déjà grande, vers la forêt.
  « Les soldats du Fort Hunter l’arrêteront », dit M. Butler.
  Mais il n’eut pas besoin d’aller jusqu’au fort. Après avoir galopé avec Del sur une distance d’un kilomètre, il découvrit le cheval… sans cavalier!
  Del mit pied à terre, examina le sol amolli par le dégel. Il suivit des traces de sabots jusqu’à l’endroit où le cheval, effrayé par un chiffon blanc accroché à des ronces, avait fait un écart. C’était également à cet endroit que Vrai-Fils était tombé. Del eut cependant du mal à découvrir ses empreintes. Lorsqu’il les eut trouvées, il descendit en courant un sentier conduisant à la rivière. Là, il pénétra dans un bouquet d’aunes et d’églantiers, et en ressortit bientôt, traînant derrière lui l’adolescent qui lui donnait des coups de pied et cherchait à le mordre. M. Butler dut aider le soldat à le hisser de nouveau sur son cheval. Puis, l’ayant solidement encadré, ils reprirent la direction de Paxton.
  Ils passèrent devant un moulin, devant des champs et des constructions de rondins et de pierres. La route qu’ils suivaient gravissait des collines d’une hauteur croissante. Maintenant, ils pouvaient apercevoir des fermes riches, bien défrichées, où les maisons et les granges avaient l’aspect de la solidité.
 

Reproduction interdite
 

PRODUCT DETAILS
Publisher HACHETTE Idéal Bibliothèque
Numéro de Référence 177
Dépôt Légal 54566-I-1300.   Dépôt légal n° 1139,   4e trimestre 1959
Language Français
Paperback 190 pages
Table des Matières Non
ISBN-10 Non
EAN Code Barre Non
Item Weight 369 g
Dimensions 145 x 205 x 18 mm

LIENS   UTILES
COLLECTION   HACHETTE   Idéal-Bibliothèque pelline ivoire.
Conrad RICHTER

https://fr.wikipedia.org/wiki/Conrad_Richter

Conrad Michael Richter, né le 13 octobre 1890 à Pine Grove, comté de Schuylkill, Pennsylvanie, et mort le 30 octobre 1968 à Pottsville en Pennsylvanie, est un écrivain américain, lauréat du prix Pulitzer de la Fiction en 1951
pour The Town. Son œuvre littéraire a pour thème dominant la vie le long de la « Frontière » de l'Ouest américain. LIRE LA SUITE

Illustrations

Paul DURAND

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